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III. — Stimulations tactiles

Les stimulations tactiles ont été faites pendant les mois d'Avril et de Mai de Tannée 1894. Dans l'exposé de nos expériences, nous procéderons comme pour les réactions visuelles.

L Dispositif expérimental.

Pour produire les sensations tactiles, nous n'avons pas voulu employer le courant électrique. Il existe des appareils connus, notamment la clef d'Ewald, pour produire à un moment donné un choc électrique sur la pulpe du doigt. Cet appareil, ainsi que tous les autres dans lesquels on emploie le courant électrique, a un grave inconvénient. Pour peu que le sujet appuie davantage le doigt sur le support d'ébonite où affleurent les fils de cuivre, le courant rencontrant moins de résistance produit un choc plus fort Si le doigt du sujet est plus ou moins humide, transpire plus ou moins, le choc est plus oii moins fort. Or, il fallait avant tout, pour nos recherches, un choc toujours égal.

En second lieu il fallait toujours impressionner chez les sujets la même partie de la main, et cela avec la même intensité.

- Nous avons imaginé et fait construire un appareil très simple que nous avons décrit ailleurs (1).

La main du sujet était placée toujours de la même manière, de telle sorte que le marteau en tombant, frappât sur le milieu de la première articulation du doigt médian. Le sujet plaçait sa niain gauche de façon à ce que la surface qui

(i) Année Psychologique, cinquième année, p. 397.

devait être impressionnée se trouvât toujours à 3 millimètres sous la tête du marteau quand ce dernier était relevé. .

La stimulation tactile consistait donc en une percussion produite par la tête du marteau tombant d'une hauteur de 3 millimètres, en plein sut* la même articulation du doigt médian de la main gauche.

La chute du marteau était provoquée par la fermeture du circuit passant par les bobines de Télectro-aimant, exactement comme pour les stimulations auditives.

Les différents sujets ayant de^ mains de grandeur et de grosseur différentes, nous avons fait construire pour poser la main gauche un support en bois très dur, formé de deux planches coupées suivant un plan incliné, glissant Tune sur l'autre; ce qui permettait d'abaisser ou de relever la main. Avec lé dispositif employé, le sujet place sa main sur le support, on règle celui-ci, puis quand l'articulation du doigt médian se trouve juste à 3 millimètres en dessous de la tête du marteau, on immobilise le support au moyen de vis de pression.

L'appareil électro-percuteur était placé dans la chambre noire, le sujet tenait la main gauche posée sur le support, la main droite sur le bouton interrupteur.

Le chronoscope, le rhéocorde, les batteries, le bouton qui ferme le circuit du signal.

et enfin le bouton qui ferme le circuit par où passe le courant abaissant le marteau, se trouvaient dans la pièce principale du laboratoire.

Le chronoscope a été régulièrement contrôlé.

J'ai moi-même fait fonction d'expérimentateur.

II. Circonstances dans lesquelles les recherches ont été faîtes.

Nombre des sujets : Six étudiants ont fait avec la plus grande régularité des séries de réactions; trois étudiants en droit et trois élèves en médecine.

Moment où se faisaient les expériences : Toutes les expériences ont été faites entre cinq et sept heures du soir. Chaque groupe se présentait au laboratoire deux fois par semaine, chaque sujet faisait 60 réactions par soirée.

Nombre des réactions : Après un certain nombre de soirées consacrées à s'habituer aux appareils et aux*procédés opératoires, chaque sujet a fait 200 réactions, réparties par séries de 20, 10 ou 5.

Comment on prenait le pouls : Le pouls a été contrôlé exactement comme avant les réactions visuelles et auditives.

Intensité des stimulations : Il est impossible de déterminer en valeur absolue l'intensité de la stmiulation tactile produite par l'abaissement du marteau. Tout ce que nous savons, et cela suffit, c'est que la percussion de la même partie

de la peau a toujours été . produite exactement de la même manière, donc que son intensité était constante.

Le signal : Il était le même que celui qui avertissait lé sujet dans les expériences précédentes.

Les réactions se suivaient de 15 en 15 secondes.

Nature des réactions : Elles sont toutes sensorielles.

m. Résultats. . c

Voici les résultats obtenus pour les réactions tactiles. /

Nombre de pulsations.

Temps de léactiqn.

Variations moyennes.

Nombre de réactions.

De 60 à 70

M. Van de C,

Nombre de pulsations.

Temps de réacti9n.

Variations moyennes.

réactions.

De 70 à 80

M, Van de W.

Nombre de '- pulsations.

Temps de réaction.

Variations , moyennes.

Nombre de réactions.

De 80 à 90

IIO

M. Van A.

pulsations.

Temps de réaction.

Variations moyennes.

Nombre de réactions.

De 80 à 90

» ço » 100

M.Bo.

Nombre de pulsations.

Temps de réaction.

Variations moyennes.

Nombre de réactions.

De 70 à 80

M.DeB.

Nombre de pulsations.

Temps de réaction.

Variations moyennes.

Nombre de réactions.

De 90 a 100

Comme on le voit par les tableaux précédents, toutes les réactions, sauf les 40 faîtes par M. De B. avec un nombre de pulsations supérieur à 110, toutes ces réactions diminuent de durée à mesure que le pouls s^accélère.

Conclusion générale.

Il ressort de nos expériences faites sur dixsept sujets différents, lesquels ont fait en tout 6800 réactions auditives, visuelles et tactiles, que, d'une manière générale, la durée du temps de

réaction varie Uvec le pouls; que plus la circulaiion sanguine est rapide^ plus la durée du temps de réaction diminue. Quand le pouls atteint un minimum de rapidité, et quand il atteint un maximum de rapidité, la loi énoncée ne se vérifie plus. Les variations du pouls peuvent, chez certains individus, provoquer des changements considérables dans la durée du temps de réaction. Il importe donc, quand on veut étudier l'attention par le procédé ordinaire de la durée des temps de réaction, de tenir compte de l'état du pouls du sujet sur lequel on expérimente.

FÉÎLIX ALCAIV, éditent*

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— L'hérédité psychologique. 5« édit,, 1897. 1vol. in-8 7 fr. 50

— La psychologie des sentiments. ^^ édit., 1899. 1 vol. in-6 ... 7 fr. 50 SERGI, professeur à l'Université de Rome — Éléments de psychologie.

1888. 1 vol. in-8, avec grav 7 fr. 50

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TISSIÉ. — Les rêves, physiologie et pathologie, avec préface de M. le prof. AzAM. 2® édit., 1898. 1 vol. in-8 2 fr. 50

— Hypnotisme et suggestion, traduit de l'Allemand par E. Keller. 18-)3.

1 vol. in-18 2 fr. 50

ÛNIVEESITY OF CALIFORNIA LIBBARY, BERKELEY

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