‹ Études de science musicaleChapitre 112 sur 220 · IV. — CINQUIÈME MODE, MI · texte numérisé non relu

IV. — CINQUIÈME MODE, MI

a que la ressemblance est frappante entre les deux t ecclésiastique et qu'elle témoigne d'une commune n conclure que le ton de SI n'est qu'une variété du jmme le prétend M. Gevaert? Ou bien admeltra-t-on ont la finale est S[, peuvent appartenir à deux modes Dde de SOL, quand ils en empruntent les tétracordes iode de .1//", lorsqu'ils font plutôt usage du tétracorde ï-Mlï

litre de ces deux conclusions ne me paraissent admis- •lange des deux modes est fréquent et pour ainsi dire plus grand nombre des mélodies. Il me semble que lus simple du fait que je viens de signaler se réduit t certain que, étant données la nature de la gamme > organisation instinctivement harmonique, la transide MI à celle de DO et de l'échelle de SI à celle de [ue sorte pressentie et réclamée par l'oreille musicale: FA, et SI Après RE - DO produisent l'impression de ;cords parfaits de DO et de SOL. Le sentiment harmoonc naturellement l'accord et descend MI -RE -DO, lis, la mélodie se formant sous l'influence de ce même , on voit apparaître les tétracordes naturels de DO et s repos sur leurs cordes principales. Tout cela est

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218 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE

instinctif, inconscient chez des artistes, qui se laissent aller au sentiment musical plus qu'ils ne sont dirigés par la théorie, surtout quand

celle-ci fait défaut ou n'est que très imparfaitement comprise.

2° Or c'était le cas chez les premiers auteurs de la musique grégorienne et même pendant tout le moyen âge. La théorie du chant, celle des modes en particulier, était alors trop incomplète pour guider sûrement les artistes, en leur traçant toutes les voies mélodiques et en leur signalant les points où l'écart est à craindre. Aussi que d'erreurs et de méprises on pourrait relever dans les mélodies composées au moyen âge, et combien peu il s'en trouve, qui appartiennent réellement aux modes qu'on leur attribue ! L'art des modulations n'était guère connu alors ; cela n'empêchait pas les compositeurs de passer avec une facilité extrême d'un mode à l'autre, mais sans règle et sans mesure, par conséquent sans art et sans raison. C'est ainsi que les mélodies du cinquième mode perdent si souvent leur caractère original et se changent en mélodies du premier ou du deuxième mode.

Ce sont des erreurs qui s'expliquent, mais qui ne doivent point tirer à conséquence. Chaque mode musical a sa nature, ses lois et son caractère propre ; un musicien expert dans son art saura discerner la vraie nature de chaque mode, il en observera les lois, et les mélodies composées par lui garderont intactes leur originalité, en même temps que leur puissance d'expression particulière. Cette musique antique, si simplement belle, si noblement expressive, n'est pas morte tout à fait ; elle peut revivre et donner encore des chefs-d'œuvre.

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