‹ Études de science musicaleChapitre 183 sur 220 · RE - MI - FA - SOL · texte numérisé non relu

RE - MI - FA - SOL

3 Superiores

si

4 Excellentes

La - Si - Do - Re

Mi - Fa\ - Sol - La

L'observation d'Hermann Contract est juste ; mais elle entraînait une modification complète du système de notation employé par Hucbald de Sain t-Amand, pour le rapprocher davantage de celui des Grecs. Letétracorde des finales pouvait servir de base, d'autant plus qu'en y ajoutant le tétracorde des supérieures on avait l'octave moyenne de RE à ifo, la plus favorable aux voix humaines. Au-dessous de cette octave on aurait eu le tétracorde Aggraves, mais conjoint à celui des finales; et au-dessus, conjoint à celui des supérieures, le tétracorde des excellentes.

Ainsi, avec quatre signes seulement, ayant une signification déterminée et constante, Hucbald aurait pu noter tous les modes par le changement des tétracordes et leur transition d'une espèce dans l'autre. Mais en Occident, alors, on était loin déposséder une théorie musicale assez complète pour

CH. VIII. — NOTATION MUSICALE 4l<J

se servir convenablement et avec avantage de la notation létracordale. Les Grecs du moyen âge semblent l'avoir mieux comprise; l'usage qu'ils en ont fait laisse sans doute à désirer encore, mais il est exact et n'aurait eu besoin que d'être complété pour devenir un système de notation musicale relativement parfait.

5° Les quatre signes de la notation tétracordale sont appelés, par les Grecs, indices du genre diatonique, parce que, défait, ils représentent par eux-mêmes des intervalles diatoniques, toutes les fois qu'ils sont employés seuls, sans adjonction d'aucun signe particulier qui soit l'indice d'un autre genre.

Le genre chromatique possède une notation spéciale, réduite à deux signes seulement, parce que le deuxième mode et le sixième, l'un authentique et l'autre plagal, procèdent par diphonie, à ce que disent les musiciens grecs. Dans l'échelle du deuxième mode authentique les signes indices sont : ^ pour le premier son de la diphonie, et fi pour le deuxième son. Ceux du sixième mode plagal diffèrent peu des précédents : — » pour le premier son, et & pour le deuxième. Au-dessus ou au-dessous de ces deux signes, on place les lettres tonales, comme dans le genre diatonique.

Échelle du 2a mode.

I DO - REfr-MI- FA Sol -Lafy-Si EJ - DO

RE- MI\> - FA#-Sol - La-Si> - Do# - Re

Échelle du 6* mode, j iz g r A X g» V if

fi .-. * ^ fi

Quant au genre enharmonique, il n'a pas de nolalion particulière, mais il emprunte celle du genre diatonique; les phthores suffisent k indiquer la différence générique et, par conséquent, la nature des intervalles qui composent les tétracordes.

Outre les indices dont nous venons de parler, et qui sont caractéristiques des genres, les musiciens grecs emploient d'autres signes encore, soit pour indiquer les différents modes, soit pour modifier les sons et la succession des intervalles. Il y a :

0 Les phthores (changement modulation). Une phthore, d'après me le Lampadaire, «est la cessation du chant dansun modeou suivant ystème donné et le commencement du chant dans un mode ou sur échelle différente. La phthore prend fin, lorsque le chant, par un eau changement, fait retour au mode primitif, ou module dans un : mode, ou encore dans quelque autre système de même genre. » Iliaque mode a ses phthores particulières qui, placées sur tel ou tel é de l'échelle, déterminent à partir de ce point la succession des ■valles propres du mode, soit en montant, soit en descendant. Ainsi la ore du premier mode est indiquée par lesigne o qui a sa place naturelle e Ke (La), parce que dans ce mode les tétracordes doivent être de la e LA- SI- DO -RE ou de deuxième espèce, comme on le voit par elle totale que les Grecs construisent de la manière suivante :

- LA - SI\? -DO -RE- MI -FA - Sot- La - Si Q - DO - fie - Mi - Fa$ -Sol- La - Si

ifais le signe de la phthore peut être placé sur toute autre note de la me, et alors, en prenant cette noie comme base, tous les tétracordes construits comme à partir de LA, c'est-à-dire de deuxième espèce. Il nodulation tonale, la mélodie demeurant toujours du premier mode ' .

Les Grecs partagent aujourd'hui encore l'erreur des plain-cliauLisles occidentaux sur la mondance des tons ecclésiastiques avec les anciens modes grecs. « Comment s'appclaii 'oisle premier mode ÎLesanciens Grecs, repond le Lampadaire, l'appelaient mode dorien, qu'il était propre de la Grèce dorienne. » Mais le deuxième mode correspondrait, selon ,u mode lydien, et le troisième au mode phrygien ; triple erreur, que l'ignorance de la [ue ancienne maintient seule chez, les Grecs modernes comme chez nous. N'y aurait-il 'ailleurs, dansTéchelle totale du premier mode, telle que Etienne le Lampadaire nous la nnaitre, lapreuve que cette erreur ne date pas de bien loin, qu'elle est due uniquement innière toute moderne de construire l'échelle musicale en partant, non des sons les élevés, comme les anciens, mais des sons les plus grav.es ? Voici cette échelle, avec ses ;s diatoniques et ses phthores spéciales.

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CH. VIII. — NOTATION MUSICALE

2° Les treize phthores modales indiquent toujours un changement de mode ou de ton, qui dure plus ou moins longtemps, au gré du composi-

La notation placée à droite et composée des indices du genre diatonique doit se lire de bas en haut, c'est-à-dire en montant l'échelle des sons ; il en résulte une série de tétracordes semblables,, et non pas, comme le dit le Lampadaire, de penlacordes. On y retrouve effectivement la gamme du premier mode, de RE à Re, composée de deux tétracordes de deuxième espèce ou de la forme LA - SI- DO - RE. Mais nous savons que cette gamme, chez les Grecs anciens, était celle du mode phrygien, et non pas celle du mode dorien.

La notation placée à gauche doit être lue en descendant, du Ke (La) aigu au Ke (LA) grave, et la phthore du mode accompagne, en effet, tous les Ke de l'échelle. Celle-ci, d'ailleurs, procède également par tétracordes semblables, non plus de la forme LA -SI- DO- RE, qui

est de deuxième espèce, mais de la forme LA - SOL - FA - MI, laquelle est de troisième espèce. Cette deuxième notation diffère de la première en deux points : les sept notes de la gamme n'y sont pas représentées, mais seulement quatre successivement répétées; de plus, au lieu de commencer la série descendante par le Si (z), qui termine la série ascendante, elle dit La, Ke, parce qu'en effet les tétracordes de l'échelle pris en descendant, à

partir de cette première note supérieure, sont bien de la forme naturelle La - Sol - Fa - Mi. Or non seulement cette manière de lire l'échelle du premier mode vérifie ce que dit l'auteur : « Le signe de la phthore dans le premier mode est ô, et sa place naturelle est sur le Ke, » mais elle répond non moins exactement à la constitution du mode dorien qui, chez les Grecs anciens, formait sa gamme naturelle de deux tétracordes de troisième espèce, en descendant du MI, nète des disjointes, au MI, hypate des moyennes :

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