ÉCHELLE MUSICALE GRÉGORIENNE. — SON ÉTENDUE
grégorienne est donc bien fondée sur le principe généraaie musique : sa gamme est le produit de la génération ses nombres acoustiques sonl les nombres dits pytha^o-
de F échelle grégorienne. — Le plain-chant, son nom ssenliellement vocal, les instruments n'y avaient qu'un secondaire et subordonné aux voix. Il en est autrement ie moderne, où les instruments si multiples et si divers nce au moins égale a celle des voix. De la, entre les deux sique, une autre différence notable : c'est que la musique ige presque indéfiniment son échelle musicale jusqu'aux s des sons perceptibles à l'oreille humaine, au grave Elle arrive ainsi à embrasser une étendue de huit octaves, 32 vibrations simples a la seconde, jusqu'à VUt de
i, et un instrument, l'orgue, réunit a lui seul celte quantité sons musicaux.
nt est infiniment plus modeste : l'étendue de son échelle glée, non sur les facultés perceptives de l'oreille, mais [ue possède la voix humaine de produire des sons musix de l'homme est beaucoup plus limitée que son oreille, rnpte du double diapason des voix d'hommes et des voix chelle vocale embrasse une étendue de trois octaves ix extraordinaires seules peuvent dépasser notablement
78 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE
Mais, dans le plain-chant, le diapason des voix de femmes ne s'ajoute pas au diapason des voix d'hommes, les deux genres de voix chantent la m^jne mélodie, chacune dans son diapason, c'est-à-dire à l'octave l'une de l'autre. Dès lors, l'étendue de l'échelle musicale doit être restreinte à deux octaves environ, et c'est bien ainsi qu'elle est généralement présentée par les théoriciens du moyen âge.
Cependant Hucbald de Saint-Amand y ajoute deux notes à l'aigu, Si et Do, et compose son échelle de dix-huit sons, divisés par séries de quartes, plus les deux sons supérieurs1 :
SOL.LA.SI.DO | RE.MI.FA.SOL \ La.Si.Do.Re \ Mi.Fa.Sol.la | si-do
Graves Fi cales Supérieures Excellentes
C'est la plus grande étendue donnée à l'échelle musicale grégorienne, et elle est conforme à la théorie. Mais, dans la pratique, les voix ne montaient jamais si haut, ni ne descendaient si bas: elles se tenaient ordinairement dans les limites d'une octave et demie, du SI grave de notre diapason normal au Fa du ténor, limites que peu de voix dépassent, que beaucoup même n'atteignent pas. Tous les modes, graves, moyens et aigus, étaient renfermés dans cette étendue et y gardaient chacun leur constitution propre; ce qui était d'autant plus facile aux chanteurs que les sons n'avaient pas alors dans l'échelle musicale une hauteur déterminée et fixe, le diapason normal n'existant pas, mais qu'on pouvait les entonner à n'importe quelle hauteur, sans rien changer à l'échelle, ellemême, pourvu que l'on conservât toujours entre eux les rapports d'intervalles déterminés par la théorie. Nous arrivons au même résultat aujourd'hui par la transposition des gammes : un chant noté trop bas pour le chanteur qui le doit exécuter, nous le transposons un ton ou deux tons
* Cf. Hucbaldi Elnonensis Musica enchiriadis, ci. — Ap. Gerbert, t. I. — Ce n'est donc pas Guy d'Arezzo, comme on l'a prétendu, qui a ajouté le T (gamma SOL) à l'échelle de Pythagore. Cette adjonction date de plus loin, elle est inhérente au système musical du plainchant, car elle suit naturellement de la constitution de ses modes ; nous le verrons plus loin. De même les deux notes supé ri (Mires d'Hucbald s'expliquent par la théorie des modes et l'usage qu'on en faisait au moyen Age. (Cf. etiam D. Oddonis Dialogus de Musica, initio; Guidonis Aretini MicrologuSy c. u. Rey. de ignoto cantu..., etc., ap. Gerbert).