‹ Études de thérapeutique expérimentale et cliniqueChapitre 11 sur 63 · DANS LES VÉSICULES PULMONAIRES · texte numérisé non relu

DANS LES VÉSICULES PULMONAIRES

Les bains froids activent considérablement la ventilation pulmonaire ; ainsi, avant le bain froid, un chien faisait circuler 25 litres d'air à travers ses poumons en 3'10", tandis qu'après le bain, la circulation de la même quantité d'air se faisait en l'32"; en d'autres termes, grâce au bain froid, l'activité de la respiration est doublée.

Nous n'avons qu'à consulter les nombreuses expériences rapportées dans ce travail pour reconnaître l'exactitude de la règle générale que nous venons de formuler.

Voici d'ailleurs des recherches qui confirment ce que nous avançons:

Expérience du 29 avril faite sur un chien de 7 k. 500. — Influence du froid sur V exhalation de l'acide carbonique et sur la ventilation pulmonaire.

Avant le bain, la température rectale est à 39°, 3, le pouls à 92 et la respiration à 12.

25 litres d'air circulent à travers le poumon en 9'10", l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique est de 1 gr. 16 ou 2 gr. 53 en 20'.

A Ll h. 30', on plonge l'animal dans un bain à 11°,

25 litres d'air circulent à travers les poumons en 2'35 , la température rectale est de 34°, 8.

Au moment où la température rectale est à 29°, 5, 25 litres d'air circulent en5'20".

Un peu plus tard, la température descend à 25°; la respiration à 90, et le pouls à 48. Alors , 25 litres d'air traversent les poumons en 13': l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique est de 1 gr. 50 ou de 2gr. 30 en 20', chiffre un peu inférieur à la normale.

La composition centésimale, en oxygène, de l'air expiré, est de 17 ce. 9 0/0 ; il faut remarquer que la respiration est ralentie.

Notons dans cette expérience: 1° une légère diminution de l'acide carbonique exhalé avec une température centrale de 25° ; à l'état physiologique, le chien rejette 2 gr. 53 d'acide carbonique en 25', tandis que dans le bain, avec une température rectale de 25°, il exhale 2 gr. 30 du même acide; 2° une ventilation pulmonaire plus active, tant que la chaleur centrale n'atteint pas un chiffre inférieur de température.

Dans cette expérience, à l'état normal, 25 litres d'air circulent à travers les poumons en 9'10", tandis qu'à 34°, 8 ces mêmes 25 litres circulent en 2'35", et à 29°,5 25 litres traversent l'arbre aérien en 6'20" ; mais à 25°, la mémo quantité d'air circule en 13'.

e. — Absouption d'oxygène et exhalation d'acide cakbomque sous l'influence d'un bain a 37°o, et a 34°, o

On constate dans ces cas un fait assez remarquable: c'est la persistance du même degré de la température centrale;

à l'entrée du bain, la température est à 40°,1, et après le bain, elle est à 40°, 2; l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique reste la même ou est inférieure au chiffre physiologique; avant le bain, l'animal rejette 1 gr. 23 CO2 en l'IO", tandis qu'après, il exhale seulement 0 gr. 90 d'acide carbonique. — Signalons un phénomène absolument constant: c'est le renouvellement de l'air dans les vésicules pulmonaires, plus parfait qu'à l'état normal. Avant le bain, l'animal consommait 25 litres d'air en 10'dO", et après le bain les 25 litres traversaient les poumons en TiO" ; il en résulte aussi une consommation d'oxygène plus grande qu'à l'état normal: avant le bain l'absorption de l'oxygène était de 1.380 ce. en 20'40" et de 1.881 ce. après le bain, dans le même temps.

Parfois les différences en plus ou en moins sont peu accentuées, ce qui tient à ce que les modifications sont légères.

Voici une série d'analyses faites dans les conditions indiquées précédemment :

Expérience du lo mars faite sur un chien de 6 k. 500.

Influence d'un bain de 37°,o à 34°,5 sur l'exhalation pulmonaire de GO3 et sur l'absorption d oxygène.

Avant le bain, la température rectale est de 40°, 1, la respiration est de 15 par minute.

25 litres d'air circulent à travers ses poumons en ÎO'IO"; il exhale 1 gr. 23 CO2.

Ce chien consomme 1.380 ce. d'oxygène en 20'40".

A 11 h. 21' on plonge la moitié du corps du chien dans un bain à 37°, 5; le séjour est de 40'; à la fin, la tempé-

rature dn bain est descendue à 34°, 5; à la sortie du bain, la température rectale est à 40°, 2.

On fait respirer hors du bain; 25 litres d'air traversenl les poumons en 7'10" ; il exhale 0 gr. 67 CO2; proportionnellement, en ÎO'IO" l'animal devrait exhaler Ogr.90 C<JL'; or il en exhale 1 gr. 23 à l'état normal : dans ce cas, le bain à 37°.5 diminue, dans de faibles proportions, l'exhalation pulmonaire de CO2 ; cependant la ventilation des poumons est plus parfaite qu'à l'état normal.

De plus, sous l'influence du bain, en 20'iO" ranimai consomme 1,881 ce. d'oxygène.

f. — Exhalation pulmonaire d'acide carbonique sous l'influence d'un bain a 17° et a 25°

Bain à 17°. — La quantité d'acide carbonique exhalée est plus considérable qu'à l'état normal : ainsi un chien rejette avant le bain 0 gr. 74 d'acide carbonique en 3\ tandis qu'il en exhale 2 gr. 72 à sa sortie du bain à 17°.

Voici l'expérience avec tous ses détails :

Expérience du 8 février faite sur un chien de 10 k. — Influence du bain à 17° sur V exhalation pulmonaire de l'acide carbonique et sur la ventilation pulmonaire.

Avant le bain, la température rectale est de 39°, la respiration à 28; l'animal exhale 1 gr. 73 en T ou 0 gr. 74 CO2 en 3' et fait circuler à travers ses poumons 30 litres d'air en 7'.

On plonge la moitié du corps du chien dans le bain à 17°, où il reste un quart d'heure : la température des-

ACTION DES BATNS 3f»

cend à 38°, puis à 37°, 5. On retire l'animal du bain, on le fait respirer : il exhale 2 gr. 15 CO2 en 3' et pendant ce même temps il fait circuler 50 litres d'air à travers ses poumons.

De nouveau on plonge le chien clans le bain qui reste à 17°; la respiration est h 40 par minute, la température rectale descend à 37° en 11'; l'animal fait circuler 50 litres d'air en 3' et exhale 2 gr. 72 CO2.

Ces analyses démontrent les faits suivants : l°que, sous l'influence du bain à 17°, la ventilation pulmonaire, le renouvellement de l"air dans les vésicules pulmonaires, se fait d'une manière beaucoup plus parfaite que dans la respiration aérienne habituelle ; 2° l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique est près de trois fois plus considérable qu'à l'état normal; en effet, l'animal exhalait 0 gr. 74 GO2 en 3' avant le bain, tandis qu'il exhale 2 gr. 72 immédiatement après le bain.

Bain à 25°. — L'influence de ce bain sur l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique est très manifeste; par exemple un chien rejette lgr. 25 d'acide carbonique en 25', tandis qu'après le bain il exhale 2 gr. 5S en 5'; mais cette influence ne persiste pas longtemps.

Voici une expérience qui démontre très nettement cette action :

Expérience du 10 février faite sur un chien de 1 0 k. — Influence du bain à 25° sur l'exhalation pidmonaire de CO2.

Avant le bain, la respiration est à 30 par minute, la température rectale à 39°, 8; en 5' l'animal exhale 1 gr. 25 CO2 et fait circuler 30 litres d'air dans le même temps.

On plonge la moitié du corps dans un bain à 25°, il y reste (>', puis on le fait respirer; en 3'30" il exhale 1 gr. 81 CO2 ou 2 gr. 58 en 5'; la respiration était à 36; il fait circuler 50 litres d'air à travers ses poumons en 3':,><J".

On voit cpie la ventilation pulmonaire est plus parfaite sous l'influence du bain à 25.

L'animal reste encore 4' dans le bain ; on le retire, on le fait respirer, la température rectale étant à 39°,2 ; en 3'30" il exhale 1 gr. SO CO2, soit 2 gr. 57 en 5'.

36b. après le bain, le même chien exhale en 5' 1 gr. 28 CO2, chiffre très voisin de la normale, la Lcmpératurc rectale est à 37°, 7, la respiration à 30; en un mot ce chien est revenu à l'état physiologique.

Ces analyses démontrent que le bain à 25° rend plus parfait le renouvellement de l'air dans les vésicules pulmo-, naires ; que sous l'influence du même bain l'exhalation pulmonaire de l'acide carbonique est augmentée et que celle influence ne persiste pas fort longtemps, puisque 30 h. après tout est rentré dans l'ordre.

g. — Action du bain thés chaud sun l'exhalation

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