‹ Études de thérapeutique expérimentale et cliniqueChapitre 56 sur 63 · CD CO · texte numérisé non relu

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9 juiu 1890

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Nous ferons remarquer que l'on peut également se servir de la vaseline liquide pour préparer la solution d'aristol, c'est même un véhicule bien recommandable et dont nous nous sommes servis avec avantage pour remplacer l'huile.

On voit, d'après les expériences qui précèdent, que les injections sous-cutanées d'aristol n'ont jamais provoqué de phénomènes d'intoxication; tout s'est réduit à quelques phénomènes douloureux occasionnés par la piqûre ellemême, puis à un peu d'excitation passagère immédiatement après la piqûre.

L'élimination s'est toujours opérée régulièrement par les urines sous forme d'iodure alcalin, que l'on peut doser au moins les deux jours qui suivent immédiatement la piqûre ; mais on peut encore très facilement constater la présencede l'iode dans les urines, sans le doser, le quatrième et le cinquième jour.

Pour déceler la présence de l'iode dans les urines, il suffit de filtrer les urines recueillies, d'aciduler légèrement par HC1, d'ajouter 1 ou 2 ce. d'eau d'amidon fraîchement préparée, puis quelques gouttes d'acide azotique nitreux; il se produit aussitôt un précipité plus ou moins appréciable d'iodure bleu d'amidon.

Si l'on introduit dans un tube à essai quelques centimètres cubes d'urine filtrée, puis quelques gouttes d'acide azotique nitreux et enfin 2 ou 3 ce. de chloroforme ou de benzine, ces derniers, par agitation modérée du mélange, s'emparent de l'iode mis en liberté et se colorent en rose plus ou moins, suivant la plus ou moins grande quantité d'iode.

Quant au dosage de l'iode, on peut employer le procédé classique, c'est-à-dire mise en liberté de l'iode par le

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perchlorure de fer et dosage par l'hyposulfite titré avec l'iodure bleu d'amidon comme indicateur.

Mais Je procédé suivant nous semble ici plus pratique et préférable. Il consiste àtraiter les urines par l'azotate de baryte (BaO. AzO5) qui enlève toutes les bases terreuses, puis à précipiter l'iode dans un volume exactement déterminé de cette urine parle nitrate d'argent (AgO. AzO5), en présence d'un excès d'ammoniaque; afin d'empêcher la précipitation simultanée du chlore des chlorures normaux de l'urine. Le précipité d'iodure d'argent qui se forme seul dans ces conditions estîecueilli dans un filtre sans plis, exactement lavé à l'eau distillée et ammoniacale au 1 /3 ou au 1/4, puis soumis à la calcination dans le creuset de platine. D'après le poids du résidu à la calcination (Ag), on calcule la proportion d'iode en se rappelant que 108 Ag — 127 I.

Ce procédé donne des résultats suffisamment exacts et très comparables entre eux, pourvu que l'on opère avec tous les soins voulus ; il est eu outre d'une exécution plus facile que celui à l'hyposulfite.

Quant au thymol, il s'élimine également par les urines à l'état de combinaison sulfurique répondant à la formule

combiné à un alcali. Il se conduit donc comme le phénol ordinaire. Néanmoins, nous devons faire remarquer que sa présence est difficile à constater. Voici le procédé qui permettra cependant d'arriver à ce résultat :

Filtrer l'urine, acidifier par l'acide acétique, précipiter tous les sulfates par le chlorure de baryum et filtrer pour séparer le précipité des sulfates obtenus.

NOTE SUR l'aRISïOL

Le liquide filtré est alors additionné de 1/5 environ de son volume d'acide chlorhydrique, puis ce mélange est soumis à la distillation. On constate alors facilement que le liquide qui distille trouble l'eau bromée dans laquelle on le recueille ; il se forme en effet dans ce cas un tribromophénol insoluble.

Dans ces conditions, la molécule sulfoconjuguée s'est

scindée en acide sulfurique et phénol. L'abide sulfurique reste dans la cornue, tandis que le phénol passe dans le liquide qui distille.

On peut donc, outre le précipité de tribromo-phénol, apprécier aussi approximativement la quantité relative de sulfoconjugués en traitant le liquide resté dans la cornue, après distillation, par la chlorure de baryum.

Le précipité de sulfate de baryte qui se forme dans ces circonstances permet d'apprécier, en tenant compte de la quantité d'urine sur laquelle on opère, la proportion de sulfoconjugués contenue dans l'urine.

Toutefois, remarquons immédiatement que ce procédé de dosage n'est exact qu'à la condition de savoir quelle était la teneur en sulfoconjugués de l'urine du sujet avant l'injection d'aristol, c'est-à-dire à l'état normal. Sachant ce que le sujet élimine de sulfoconjugués à l'état normal, puis ce qu'il élimine à la suite d'absorption d'une dose exactement notéed'aristol, on peut logiquement attribuer l'excès de sulfuconjugués éliminés de ce dernier cas à la dose de médicament absorbée. Or, nous avons constaté en effet qu'après injection d'aristol la quantité de sulfoconjugués

SO

C10H Na

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éliminée par les urines est toujours plus ou moins accrue, ce qui nous conduit à conclure que la molécule thymol s'élimine par les urines à l'état de combinaison sulfurique.

A l'appui de l'opinion que nous venons de formuler viennent se joindre les résultats négatifs que nous avons toujours obtenus dans la recherche du thymol libre par les divers réactifs de ce corps et notamment le réactif de sublimé.

Ces diverses considérations nous amènent à dire un mot du travail de M. le Dr Nadaud sur l'aristol : Traitement de la tuberculose pulmonaire par les injections hypodermiques d'aristol, communiqué à l'Académie de médecine le 4 août 1891. Cet auteur s'est servi d'une solution d'aristol dans l'huile, solution au 100e, chaque centimètre cube de solution contenant environ 0 gr. 01 d'aristol. M. le Dr Nadaud, d'après la première observation qu'il communique, a aussi injecté à un adulte (29 ans) tuberculeux 0 gr. 06 d'aristol en 6 jours, soit une piqûre quotidienne de Ogr. 01 ; puis 0 gr. 40 en 20 jours, soit 0 gr. 02 par jour (ou deux piqûres de 0 gr. 01 chacune).

Dans sa deuxième observation, les doses quotidiennes injectées sont un peu plus fortes, 0 gr. 01 d'aristol les deux premiers jours ; 0 gr. 021e troisième et le quatrième jour ; puis 0 gr. 03 à partir du cinquième jour.

M. le Dr Nadaud n'a jamais dépassé cette dose maximum de 0 gr. 03 par jour et déclare n'avoir jamais observé de phénomènes d'intoxication.

D'après le même auteur, des injections intra-musculaires de 0 gr. 01 à 0 gr. 05 pratiquées sur des lapins n'ont occasionné aucun accident. Le résultat aurait été le même pour des chiens ayant absorbé 1 gr. d'aristol par la voie stomacale.

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Nous citons ici les expériences qui précèdent dans le seul but de montrer qu'elles sont d'accord avec nos observations personnelles précédemment mentionnées et prouvent que l'aristol n'est pas toxique. Nous avons absorbé nous-même par la voie stomacale une dose quotidienne de 0 gr. 10 d'aristol, et cela pendant 5 jours consécutifs sans aucun inconvénient ni malaise, sauf un peu d'irritation et de sécheresse de la gorge.

Quant au pouvoir bactéricide de l'aristol, on ne saurait le nier; son action est manifeste sur les cultures de streptocoques dont il empêche le développement.

L'introduction de l'aristol en thérapeutique date du travail du Dr Eichholf [Dermalol. mon., n° 2, 1890). Cet auteur déclare en avoir obtenu de très bons effets dans le traitement de diverses affections cutanées telles que : eczéma, psoriasis, mycosis et surtout la tuberculose cutanée. C'est aussi à cause de ses vertus curatives dans les affections précédentes qu'Eichholf substitua le nom fantaisiste d'aristol (de «ptaToç, le meilleur) à celui non moins fantaisiste d'animaline. Pour lui, ce nouvel agent thérapeutique est appelé à remplacer l'iodoforme à cause de ses faibles propriétés toxiques, de son absolue absence d'odeur et de sa haute action thérapeutique.

L'aristol a été expérimenté presque simultanément en France par le Dr Brocq qui en a obtenu des résultats assez concordants avec ceux annoncés par le Dr Eichholf. Dans une communication à la Société médicale des Hôpitaux (25 avril 1890), le Dr Brocq a relaté le cas d'un large épithélioma superficiel ulcéré de la face rapidement cicatrisé par la poudre d'aristol.

Mais à propos de ce fait, M. Brocq a déclaré qu'il n'en-

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trait pas dans sa pensée de considérer l'aristol comme un remède infaillible et spécifique de l'épithélioma superficiel. Nos observations personnelles nous conduisent à la même conclusion.

Le Dr Reisser, de Breslau (mai 1890), a employé l'aristol contre certaines dermatoses et contre l'uréthrite blennorragique. Le tableau suivant rend compte des résultats obtenus par lui :

Ont été traités par des applications de poudre d'aristol.

7 chancres mous résultats négatifs

( 2 guérisons en 15 jours 14 cas de psoriasis j ^ cag ^ amélioration

La pommade d'aristol à 20 0/0 a été employée pour :

1 cas d'eczéma psoriasiforme. sans succès

1 cas d'eczéma chronique résultats médiocres

Les résultats ont été tous aussi négatifs dans plusieurs cas d'uréthrite blennorragique traités par des injections d'aristol en suspension dans de l'eau mucilagineuse ou en solution dans l'huile.

Treize cas de lupus ont été traités avec succès par des applications de poudre d'aristol, mais après emploi préalable de la cuiller tranchante ou des caustiques pour déterger les nodosités tuberculeuses et les transformer en ulcérations plates.

Hughes de Wùrzbourg a employé sans beaucoup de succès l'aristol dans les affections aiguës et chroniques du nez. Cependant, dans neuf cas de rhinite sèche, les insufflations

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de poudre d'aristol ont rétabli promptement les fonctions secrétaires de la muqueuse.

Le Dr Rohrer, de Zurich, a employé l'aristol avec sur dans plusieurs cas d'otites suppurées aiguës et subaiguës.

Le DrSwiecieki a employé l'aristol avec autant d'avantages que l'iodoforme clans le traitement de l'endométrite catarrhtrale, des érosions du col et de l'eczéma vulvaire.

Pour nous, nous avons employé l'aristol dans le traitement des ulcères chroniques avec succès, mais dans le cas d'ulcères chroniques à bords calleux et dépourvus de vitalité l'action de l'aristolaété bienfaisante sinon toujours curât ive.

Une vaste ulcération eczémateuse occupant la face postérieure de la jambe droite et mesurant 0m,08 de long sur 0m,04 de haut etOm,03 de profondeur a été guérie rapidement par des applications de poudre d'aristol répétées tous les deux ou trois jours.

Dans un cas d'épithélioma ulcéré et végétant traité par l'aristol en poudre après grattage préalable, nous avons vu survenir une telle amélioration que le succès semblait éclatant. Mais bientôt l'ulcère cancéreux, au lieu d'achever sa cicatrisation, est entré dans un état stationnaire sans tendance à la guérison.

Dans les chancres indurés et les chancres mous, l'aristoF ne nous a donné des résultats satisfaisants que vers la période terminale dont il hâte la cicatrisation.

La pommade aristol-vaseline 10 0/0 a donné des résultats négatifs dans l'eczéma et peu satisfaisants dans le psoriasis.

Dans un cas de gomme syphilitique ulcérée avec vastes ulcérations, l'aristol nous a donné d'excellents résullals et a produit la cicatrisation en peu de jours.

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Dans un cos de tuberculose cutanée, l'aristol s'est montré également efficace.

Répétons enfin pour terminer que dans tous les cas où nous avons employé l'aristol, nous n'avons jamais eu de symptômes d'intoxication.

L'application de poudre d'aristol à la surface des plaies, ulcères, chancres, etc., donne seulement lieu aune douleur cuisante plus ou moins vive, mais généralement légère, parfois nulle, durant 20' ou 30' au plus.

Les urines des malades soignés par des applications de poudre d'aristol à la surface de plaies même vastes n'ont jamais donné lieu à la réaction de l'iodure d'amidon.

Enfin nous rappellerons de nouveau le travail déjà mentionné de M. le DrNadaud, qui recommande les injections huileuses sous-cutanées d'aristol comme un excellent mode de traitement de la tuberculose pulmonaire.

M. Fournioux a employé avec succès la solution éthérée d'aristol en injections dans un cas d'adénite cervicale tuberculeuse. 11 s'est servi d'une solution éthérée d'aristol au 30e et a injecté 1 ce. soit environ 0 gr. 02 d'aristol. Les suites de la piqûre ont été simples et les phénomènes locaux se sont réduits à de la douleur momentanée, un peu d'inflammation passagère avec rougeur et congestion locale, le tout ayant disparu en peu de temps. A la suite de cette piqûre, le ganglion tuberculeux du volume d'une grosse noix et déjà ramollie à son centre a diminué de volume et a disparu entièrement au bout d'une quinzaine de jours. Un ganglion voisin, qui s'était ouvert au dehors et avait laissé un trajet fistuleux, s'est également cicatrisé.

Nous croyons que, dans pareils cas, la solution éthérée

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d'aristol est appelée à rendre des services et expose moins aux intoxications que l'iodofprme.

Au point de vue pharmaceutique, l'aristol se prête à une foule de formes et peut être employé à la confection des suppositoires, d'onguents, d'emplâtres, de pommades, de solution huileuse, éthérée, ou dans la vaseline, etc.

Quoi qu'il en soit, nous terminerons en disant que ses propriétés curatives, son action cicatrisante évidente, son application peu ou pas douloureuse, sa toxicité très faible et son odeur qui est nulle sont autant de qualités qui méritent, selon nous, d'envisager l'aristol comme un agent thérapeutique digne de considération.

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AVANT-PROPOS v

DE L'INFLUENCE DES BAINS FROIDS ET DES BAINS CHAUDS SUR LES PHÉNOMÈNES CHI- MIQUES DE LA RESPIRATION ET DE LA NU- TRITION ÉLÉMENTAIRE.

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