‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 1066 sur 1111 · SOR · texte numérisé non relu

SOR

rival de l’Acacia, et devraient le faire cultiver comme arbre forestier ; mais 1l est un peu délicat dans sa jeunesse. On le multiplié de de sony et de marcottes faites par entailles, Le S: PLEUREUR, dont les rameaux retombent vers la terre, est d’un joli effet. On le greffe sur le Sophora commun.

SORBIER. Sorbus. Genre d'arbres de la famille des Rosucées, très-voisins des Poiriers, avec lesquels on les a souvent réunis. Les espèces les plus remarquables sont :

A9'Le S. DOMESTIQUE, S. domestica. Cet arbre donne an de nos bois les plus durs et les plus estimés. 1 est d'une teinte rougeâtre et a la fibre homogène. I reçoit bien le poli, et sert aux tourneurs, aux luthiers, aux armuniers et aux menuisiers pour une foule d'ouvrages. Le Sorbier domestique fait par sa taille élégante et son feuillage gracieux l’ornement des vergers, où on le cultive pour son fruit. Les sorbes, d'abord acerbes et astringentes, ne peuvent, comme les nèfles, se manger qu'après être devenues molles par un excès de maturité. On en fait du très-bon cidre en les mettant sous le pressoir, où seulement du petit vin en les faisant fermenter dans un tonneau avec de l’eau. Le bois et les jeunes rameaux teignent en noir.

20 Le S. DES OISELEURS, S. aucuparia. C’est un arbre d’environ 40 mètres de hauteur, très-commun dans les montagnes de la France, d’où il a passé dans les jardins paysagers pour la beauté de ses larges corymbes de fleurs blanches, et surtout de ses fruits d’un rouge vif et éclatant qui le décorent tout l'hiver. Les grives et les merles s'en nourrissent avec avidité ; les oiseleurs peuvent done s'en servir avantageusemént pour les piéges. Ces fruits sont astringents ; on en extrait de l'eau-de-vie dans le Nord, et, dans les laboratoires, on en rétire les acides sorbique et malique. Le bois est aussi précieux que celui du Sorbier domestique. Celui des racines sert à faire des cuillers et des manches de couteaux, L’écorve est propre au tannage et teint en noir.

13% Le S. ALOUCHIER, S. aria (Alisier), est commun dans les montagnes. Les grives s'engraissent de son petit fruit aigrelet qui mûrit au moment de leur passage. Les feuilles ovales, d'un beau blanc argenté en dessous, font ressortir eucore mieux le rouge vif et éclatant de ses fruits en corymbe. En: faisant fermenter ceux-ci, on en relire une boisson ana loguë aueidre. L'Alisier se plante dans les jardins paysagers. Sonboisest.estimé : on en fait des vis de pressoir et de moulin:, Lesotourneurs l'emploient én petits meubles de luxe.

…14%Le,S. ANRI-DNSSENTÈRIQUE, S, torminnhs, est plus grand que. l’Alisier, I s'en distingue autant par ses larges feuilles à

découpures profondes et également vertes sur les deux pages que par ses fruits roussâtres. IIS servent aux mêmes usages, mais ils sont préférables. Les grives sont également très-friandes de ses alises. Il a été introduit dans les jardins paysagers.

Par suite des superstitions druidiques, le Sorbier a encore une prétendue influence. Au 4% mai, les Ecossais font passer leurs moutons dans un cercle fait avec son boîs, dans le but de les préserver de maladies et accidents. En Suisse, on sème ses fruits sur les tombeaux. Les montagnards du Lyonnais croient qu'on prend la rage, si, après avoir été mordu, on s’assied à ombre du Sorbier domestique, ou si l’on touche un instrument fait avec son bois.

SORGHO. V. HouQuE.

SOUCHET. Cyperus. Ce genre était trop célèbre dans l’antiquité par le fameux Papyrus (Jonc du Nil), S. À PAPIER, qui lui appartient, pour n'être pas conservé par les botanistes modernes, qui l’ont donné à la famille nombreuse et difficile qui unit les Joncs aux Graminées.

Le Souchet à papier croit en Egypte et en Sicile. I! forme des faisceaux de tiges sans feuilles de 2 à 3 mètres, qui se terminent par une large ombelle dorée, brillante et légère, de la plus grande élégance ; on en faisait des couronnes aux dieux. Les anciens, et notamment Pline et Théophraste, ont beaucoup écrit sur le Papyrus, si précieux pour les Egyptiens. Ses grosses racines leur servaient de bois de chauffage et à fabriquer des vases. [ls mangeaient la moelle et les jeunes pousses,

w’ils faisaient rôtir pour les rendre meilleures. Is tressaient des nacelles ôu corbeilles de jonc enduites de bitume avec sestiges entrelacées ; et ce fut sans doute dans une corbeille de Papyrus que la fille de Pharaon trouva l'enfant qu'elle sauva des eaux. Les Egyptiens s’y croyaient en sûreté contre les crocodiles, qui les épargnaient, disaient-ils, par respect pour la déesse Isis, qui s’était servie d’une barque semblable. De l’écorce inférieure de la tige et du liber ils façonnaient des voiles, des cordages et des vètements, mais surtout ce fameux papier qu'ils préparaient en détachant avec une aiguille les membranes circulaires du liber; les lames ou minces feuillets qu'ils en retiraient étaient étendus sur une table et posés bord à bord, puis on les humectait légèrement avec de l’eau du Nil, qui servait à les coller et les unir ensemble; la feuille entière était alors mise en presse et séchée au soleil.

Ce papier, sans autre préparation, étair appelé Aiératiqu? ou sacré. D’Egypte il vint à Rome, où il fut perfectionné, et prit alors le nom de Papier d’Auguste, de Livie ou de Fan-

nius, papetier qui lé perfectionna.

it on Re, à ne, à. 2 2

L'Egypte resta longtemps en possession de fournir le papier à toutes les nations civilisées, qui l’emplovaient seul ou conjointement avec le parchemin, jusqu’à ce que notre papier à. chiffon füt venu remplacer tous les autres. À

Le Papyrusse multiplie par éclats. On peut le cultiver en France, en le mettant l'été dans un réservoir, et l'hiver en serre chaude dans un pot inondé,

Deux espèces de Souchets indigènes croissent dans le midi dè l’Europe :

Le S. comesrTiBe, C. esculentus ( Amande de terre, Trasi, Souchet-du-sultan ou Tubéreuse), cultivé en Espagne, en Italie et dans nos départements méridionaux. Ses racines sont garnies de tubercules sucrés et à saveur d’orgeat, On en retire de l'uuile. Ces tubercules, gonflés dans l’eau, se plantent en mars à 3 ou 4 décimètres, en terre légère, humide et profonde. On arrose, on sarcle suffisamment, jusqu’en octobre qu’on arrache les tubercules.

Le S. LONG ou oponaAnT, C. longus, a une racine qui sent la violette. Les parfumeurs la mettent au vinaigre, la font sécher et la réduisent en poudre. Elle est excitante, stomachique, et employée surtout en gargarismes et comme masticatoire.

SOUCI DES JARDINS. Calendula officinalis. Son nom latin, qui indique le commencement de tous les mois, marque l’époque de sa floraison continuelle. Cette Radiée, très-belle, mais à odeur désagréable, offre toutes les nuances du jaune, que fait ressortir un disque pourpre-noir, Cultivé partout, le Souci doit être semé au printemps et en automne, en terre franche. On a une plus grande abondance de fleurs en pinçant les branches qui s'allongent, Ses boutons, confits au vinaigre, remplacent les câpres. On retire des fleurs macérées dans l’alun une teinture et un suc Jaunes ; elles servent à falsifier le safran et à colorer le beurre ; elles sont stimulantes êt anti-spasmodiques. Ses feuilles, employées à l'extérieur, sont résolulives.

Le S. DES champs, C. arvensis (petit Souci, Gauchefer, Fleur de tous les mois), croît avec profusion dans les bons terrains, et surtout dans les vignes. 1 a les propriétés du précédent et sert à la nourriture des-bestiaux, mais les cochons le refusent. La fleur s'ouvre à neuf heures du matin pour se refermer à trois heures du soir.

Le S. PLUYVIAL OU HYGROMÉTRIQUE, C. pluvialis, est, comme plante météorique, l’une des plus intéressantes que l'on connaisse. Ses grandes fleurs à disque brun-rouge et à rayons blancs en dedans et violacés en dehors ne s'ouvrent que lorsque le temps est beau et se referment aux approches de l'orage.

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