‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 1080 sur 1111 · TAB · texte numérisé non relu

TAB

que le précédent, moins délicat, mais plus généralement cultivé. ;

L'immense consommation que lon fait des feuilles de Tabac pour fumer, priser et chiquer est une source de richesse pour l'Etat, qui en a gardé le monopole. Si lon s'étonne de l'extension qu’a prise le commerce d’une plante qui n'est point alimentaire, dont l’usage en médecine est plus dangereux que vraiment utile, qui tient à une famille suspecte et dont l’odeur est repoussante, on ne peut que dire : C’est l'usage, c’est la mode. Ce mot, vide de sens, répond à tout.

Une plante si universellement répandue doit cependant ètre remarquable par quelques qualités bonnes ou mauvaises; ses feuilles fraiches ont une odeur vireuse et une saveur âcre et aromatique qu'augmente la préparation qu’on leur fait subir ; leur principe actif est alcalin; c’est la nicotine, qui agit à la manière des poisons narcotiques. L’eau et l'alcool s’en emparent. On ne peut administrer à l’intérieur le Tabac qu’en lavements dans le cas d’asphyxie et de hernies étranglées, et pour détruire les vers ascarides. On l’emploie en lotions contre les maladies de la peau, en fomentations dans la dyssenterie, et, aux Anuilles, en bains contre le tétanos. Les vétérinaires en font une pommade pour tuer les insectes qui attaquent la peau des animaux, et les bergers guérissent la gale commençante des moutons en les frottant de salive imbibée de Tabac ; on chasse les pucerons des plantes par sa fumigation, etil suffit d’une vieille pipe pour préserver les vêtements des teignes-

Le Tabac en poudre réveille, ranime et excite spécialement les facultés intellectuelles ; il décharge la tête des humeurs séreuses, mais à la longue il diminüe l’odorat, occasionne le coryza et affaiblit la mémoire. La mastication du Tabac augmente les sécrétions de la salive, convient aux maux de dents, les nettoie et en prévient la carie. La fumée offre à peu près les mêmes avantages et a de plus les plaisirs qu’elle procure ; mais elle a l’inconvénient d’épuiser l'estomac en desséchant la bouche qu’elle rend fétide; elle enlève à la digestion la salive dont elle a besoin, fait tomber à la longue dans la maigreur et le marasme, et diminue toujours la sensibilité des organes du goût.

Voilà ce que la inédecine pense du Tabac, et cependant.

Quoi qu'en dise Aristote et sa docte cabale,

Le tabac est divin, il n'est rien qui l’égale,

Et par les fainéants, pour fuir l’oisiveté,

Jamais amusement ne fut mieux inventé.

Ne saurait-on que dire, on prend Ja tabatière ; Soudain, à gauche, à droit, par devant, par derrière, Gens de toutes façons, connus et non connus,

Page 1