CHASSE-PUNAISE. V. ACTÉE.- CHASSE-TAUPE. V. DATURA STRAMOINE
CHATAIGNE D'EAU. V. MACRE.
— DE TERRE. V. CONOPODE, BUNION.
CHATAIGNIER. Castanea vulgaris. I n'appartient qu'aux habitants des montagnes et au pauvre peuple de la Savoie, de la Lozère, de l’Auvergne et du Vivarais d’apprécier toute Pimportance de cet arbre de première grandeur. Colosse des monts arides et. pierreux, c’est de tous les arbres d'Europe celui qui acquiert le plus de grosseur et affecte les formes les moins régulières. On cite comme une curiosité le Castagno de” cento cavalli du mont Etna, en Sicile, qui abrita sous son immense feuillage la reine Jeanne d'Aragon et ses cent cavaliers d’escorte qu’il défendit de l’orage ; letronc a, près de terre, 53 mêtres de circonférence; mais, à dire plus vrai, il est formé de sept tiges implantées les unes dans les autres, faisant autant de gros arbres. C’est ainsi qu’il arrive souvent que de vieux Châtaigniers sont renouvelés par les branches qui, poussant sans cesse de leur-centre, leur donnent une éternelle durée.
Cet arbre veut un terrain siliceux, le granit, le grès, el
surtout les cendres volcaniques. Il croit trop vite pour être bien dur; c’est un bois blane, peu estimé pour le chauffage, quoique son charbon soit recherché des maréchaux; les tonneliers et les benniers en font usage; il est très-employé pour les foudres, tonneaux, cercles, échalas, chaises de jardin; il dure assez longtemps dans l’eau. L’écorce, propre au tannage, donne avec les sels de fer une bonne encre noire. Les coques ou enveloppes de châtaignes donnent un charbon noir employé pour la peinture.
Mais ce que le Châtaignier a de plus précieux est son fruit excellent, farineux, aussi sain qu'agréable. On mange la châtaigne bouillie, rôtie, confite au sucre sous le nom de marrons glacés ; elle est bonne en purée, en ragoût; on peut en retirer du sucre. Séchée, elle sert de nourriture aux chevaux pendant l'hiver. La pellicule interne à été employée contre la dyssenterie. .
Avant toutes les variétés de châtaignes, il faut citer les marrons, dont les plus estimés sont ceux du Luc, d'Agen, d'Aubray, du Vivarais, de Lyon, de Chaussans. Parmi les petites châtaignes, à chair plus molle et moins sucrée que les précédents, les meilleures sont l’Exalade, la Verte du Limousin, la Pourtalonne.
Les grandes plantations de Châtaigniers ou châtaigneraies doivent être exposées au levant et au nord. Pour en faire unsemis, on met stratifier (V. STRATIFICATION) les châtaignes qu’on plante en pépinière, au printemps, à un demi-mèêtre de distance. Quand le plant a un peu plus d’un déeimètre de circonférence, on met en place, en ayant grand soin de conserver le pivot; il faut ensuite butter le pied et le couvrir de fougère pour y conserver de l’humidité. La seconde année, on grelfe en flûte ou en écusson à œil poussant ; il ne s’agit plus ensuite que de retrancher de branches.
On abat les châtaignes avec leurs coques quand celles-ci commencent à s'ouvrir ; elles s’y conservent mieux que partout ; on les entasse à la cave, où il faut les tenir, ou bien fraiches en les arrosant, ou bien sèches dans du sable; le mieux est de les faire bouillir pendant un quart d'heure et de les faire sécher au four après qu’on en a retiré le pain; on les met aussi sur des claies pour les faire sécher dans la cheminée. On les réduit en farine ; en cet état, les Corses en font une bouillie qu’ils nomment polenta-et qni leur tient lieu de pain. La châtaigne est aussi la principale nourriture des pays où les céréales manquent.
CHAUSSE-TRAPPE. V. (‘ENTAURÉE.
CHÉLIDOINE (du grec chélidon, hirondelle, parce qu'elle
fleurit à l'époque de son retour). (Grande Eclaire, Herbe-auxverrues.) C’est sur les vieux murs, au pied des haies exposées au nord, que la Chélidoine étale ses feuilles à segments arrondis et d’un vert glauque, et ses tiges toulfues que couronnent d’assez jolies fleurs jaunes. Si on la cueille, il découle de la blessure un suc jaunûtre, corrosif et d’une odeur repoussante ; son application réitérée sur les verrues et les cors les fait peu à peu disparaître. L’extrait de sa racine est un purgatit violent ; on l’a conseillé contre les taches de la cornée : de là le nom de Grande Eclaire donné à cette plante, dont toutes les propriétés ont une àcreté qui la rend vénéneuse; son application sur la peau peut devenir vésicante comme celle des Gouets et de la plupart des Renonculacées. Les applications de la Chélidoine sur les glandes et les ulcères scrofuleux ont eu quelquefois d’heureux résultats. CHÉLIDOINE CORNUE. V. GLAUCION.
— (PETITE.) V. FICAIRE.
CHÈNE. Quercus. Cet antique patriarche de nos forêts, ma- : estueux emblème de la durée, de la force et de la grandeur, à mérité de tout temps l'estime des peuples, et, dans les siècles du paganisme, la vénération des hommes et leurs adorations. Les Grecs l’avaient consacré à Jupiter, le plus grand de leurs dieux, et l’honoraient spécialement dans la forêt de Dodone, toute plantée de Chênes dont chacun rendait des oracles. Les Romains faisaient de son feuillage la couronne civique, la plus précieuse de toutes, celle qu’on donnait à un Citoyen qui avait sauvé la vie à un homme ou rendu un service éminent à sa patrie. Et chez nos pères les vieux Gaulois, quel culte rendu au Chêne! C'était de son nom qu'ils désiguaient leurs druides ; c'était à ombre de ses forêts que leurs prêtres s’assemblaient pour célébrer les mystères de Teutatès; c’est sur le Chêne enfin que devait être coupé avec une faucille d'or le gui fameux que distribuait une fois l’an à Fassemblée le chef des druides, en criant d’une voix solennelle : Au qui l'an neuf ! | Ce culte voué au Chêne fut sans doute dans le principe un tribut de reconnaissance. Les glands, pour nos pères, remmplacèrent longtemps les céréales; en Ecosse et en Norwége, ils sont encore une nourriture. En Italie, on en retire une huile pour la table. En France, on les torréfie pour en faire du café de glands, tonique, calmant, employé dans les affections de l'estomac et des poumons. Les glands sont surtout un engrais précieux pour les cochons; ceux du Bourbonnais, si estimés pour la blancheur et la fermeté de leur lard, passent leur vie dans les grands bois de Chènes que l’on y voit encore.
Près de Saintes, dans la cour d’un cäteau, existe un Chène, doyen des forêts de France, dont le diamètre est de 8 à 9 mètres et la hauteur de 20 mètres. On a creusé dans le bois raort de l'intérieur du tronc un salon, et on ya ménagé un banc circulaire taillé en plein bois. Une table ronde, qu'on y apporte au besoin, peut recevoir douze convives; enfin, une porte et une fenêtre donnent du jour à cette salle à manger d'un nouveau genre, que décore une tapisserie vivante de Fougères, de Champignons, de Lichens et de Muscédinées. D’après le calcul des couches concentriques d’une lame enlevée à la porte, l’âge de ce vieux patriarche remonterait à plus de 2,000 ans.
Malheureusement ce bel arbre, dont la France comptait tant de forêts, y diminue tous les jours, autant à cause des progrès de l’agriculture que de l'immense consommation qu'on fait du bois de Chêne. Le nom de Robur donné par les Latins et traduit en français par celui de Rouvre qu'il porte encore en certaines provinces, signifie force, consistance, soli- ‘dité ; aussi n’en avons-nous point de plus précieux pour la durée. C’est celui qu’on emploie uniquement pour la grande charpente, les poutres, les planchers chargés, les pilotis indestructibles. L’eau, qui pourrit les autres bois, durcit le Chêne; il est excellent pour la menuiserie et tous les ouvrages de durée ; c’est, avec le Charme, lun des meilleurs employés pour le chauffage.
L’écorce est la plus employée pour le tannage ; réduite en poudre sous le nom de tan, elle fortilie et assouplit les cuirs par la quantité de tannin qu’elle contient. Au sortir des cuves, la tannée se met en mottes bonnes pour le feu ; on s’en sert aussi pour garnir les bâches de serre chaude et les couches de jardin. L’écorce du Chêne est encore employée comme un des meilleurs astringents en médecine humaine et vétérinaire ; elle est bonne dans les maux de gorge et de gencives, dans les diarrhées, les hémorrhagies , les flux atoniques, etc, Elle donne une couleur noir-brun avec le sulfate de fer, jaune avec le sulfate d’étain, isabelle avec le sulfate de zinc.
Les deux espèces de Chêne les plus répandues dansnos pays sont le C. À GRAPPES, Q racemosa, portant deux ou trois fruits à chaque pédoncule, et le C. ROUVRE ou C. À FRUIT SESSILE, (. sessiliflora, moins haut que le précédent, mais plus dur, plus élastique. Les autres espèces indigènes, moins reju meme peut-être, sont cependant précieuses. Mais il en est deux en Amérique qui rivalisent avec les plus beaux Chênes de notre France; ce sont : le C. BLANC, Q. alba, et le
pa
L | CHÉ ATI
C.. À GROS FRUITS, Q. macrocarpa, de 20 à 39 mètres de haut et de 2 à 3 mètres de diamètre ; le premier a l'écorce trèsblanche et donne des glands bons à manger; le second est lun des plus beaux arbres qui existent par son port majestueux, ses longues et larges feuilles profondément sinuéss, et ses gros glands ovoïdes, contenus plus d’à moitié dans une cupule. Ces deux beaux arbres sont très-employés dans la grande charpente et les constructions navales. -
Le CHÊNE-LIÉGE, Q. suber est particulier au midi de la France, et surtout aux landes de la Gascogne. C’est un arbre de seconde grandeur et à feuilles persistantes; son principal mérite est dans la couche médullaire de son écorce épaisse, spongieuse et compacte. Pour l'obtenir plus belle, on ébranche
‘arbre jusqu’à ce que le tronc ait 3 ou 4 mètres de haut et une vingtaine d’añnées ; alors, quand l’arbre est en sève, on enlève toute l'écorce d’un côté; sept ou huit ans après, on prend celle de l’autre côté, et ainsi de suite ; si l’on attendait trop longtemps, le liége se gercerait, tomberait de lui-même et ne pourrait être d'aucun usage. On en fait une foule de choses : bouchons de bouteilles, ceintures de nageurs, écritoires, fond des cadres d'insectes, veilleuses, poignées à étendre la. cire ; on le dit-bon pour étancher le sang. Le charbon qu’on en obtient est d’un noir bleuâtre très-doux, dit noir d’Espagne, qui sert à faire de l’encre de Chine et à se barbouiller le visage dans les mascarades. Les glands du Chêneliége, cuits sous la cendre, sont mangeables et très-goûtés des Espagnols.
Un autre Chêne, très-précieux encore, est le C. AU KERMÈS, Q. coccifera (Arbre-au-vermillon). C’est un grand arbrisseau toujours vert, qui croît dans les lieux arides et pierreux du midi de la France. On recueille sur ses branches la femelle du coccus ilicis, connue dans le commerce sous le nom de cochenille du Chéne-vert ou kermès animal, employée à teindre en rouge avant qu’on eût découvert la belle cochenille d’Amérique. Le Chène au kermès est, à l'extérieur, dessicatif et astringent; pris à l’intérieur, il est fortifiant et stimulant.
L’YEUSE ou CHÊNE-VERT, Q. ileæ, est très-répandu dans les pays chauds et le midi de la France; Virgile le cite souvent. C’est un arbre médiocre, tortueux, touffu, moins beau que le Houx, avec lequel il a quelque analogie ; son bois, qui est trèsdur, est propre aux pièces d’engrenage. L’écorce est astringente et employée pour le tannage; ses glands servent de nourriture aux hommes et aux animaux. Il produit des. noix de galle, mais d’une qualité inférieure à celles que donne le suivant.
Le C. À LA NOIX DE GALLE, Q. infectoria (Chène des tein turiers), est originaire de la Perse. Ce précieux arbrisseau, qu’on pourrait naturaliser dans le midi de la France, n’a que 2 mètres de haut ; il est diffus, rameux, et se couvre de protubérances ou excroissances globuleuses, connues sous le nom de galles, qui ne viennent que sur ses feuilles. Elles sont produites par la piqûre d’un insecte, le cinips gallæ tinctoriæ, et ressemblent assez à nos galles très-communes sur les vieilles feuilles de Chène, mais sans propriétés.
Les vraies noix de galle sont très-employées dans les arts, en chimie et en médecine. Elles font, avec un mordant, la première base des couleurs noires. Mêlées avec du sulfate de fer et de la gomme, elles servent à composer de l’encre : sur 80 parties d’eau bouillante, 5 parties de galle, 2 parties et demie de gomme arabique, 2 parties et demie de sulfate de fer (vitriol vert) ; mêler fortement le tout par agitation, et, après 24 heures d’infusion , passer au tamis. L'eau de noix de galle est un réactif puissant qui précipite presque tous les métaux sous différentes couleurs. On en extrait l’acide gallique ou galactique, aussi employé comme réactif dans les laboratoires. La noix de galle est un excellent fébrifuge ; on l’administre dans les tympanites, l’empoisonnement par l’opium, etc. Ses propriélés sont à peu près les mêmes que celles de l'écorce de Chêne, mais demandent à être employées avec plus de ménagement.
CHÈNE (PETIT). V. GERMANDRÉE, VÉRONIQUE.
CHENEVIS. V. CHANYRE. :
CHENILLETTE. V. SCORPIURE. s
CHEVEUX-DE-VÉNUS. V. ADIANTHE, DORADILLE TRI- CHOMANE, NIGELLE DE DAMAS.