‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 790 sur 1111 · FRÈ · texte numérisé non relu

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tres, son feuillage vert et luisant, et ses épis de grandes fleurs roses ou blanches, exhalant une suave odeur de citron, que cette plante est remarquable ; elle l’est surtout par un phénomène qui ne convient qu’à elle et à un arbre de l'Amérique méridionale, l’Arbre-de-lumière (Palo de luz des Espagnols). Dans les soirées chaudes et électriques de l'été, elle est enveloppée d’une atmosphère inflammable qui prend feu à l'approche d’une bougie, sans que la plante en soit endommagée. Cette atmosphère est due sans doute à une abondante exhalation d'huile volatile, propre à la famille des Rutacées, existant surtout dans les glandes nombreuses et rougeûtres du sommet de latige et des calices de la Fraxinelle.

Les propriétés médicales de la Fraxinelle sont plus constantes que le prodige d’ignition, qui ne se manifeste ni toujours ni partout. L’écorce de sa racine, résineuse, amère et aromatique, est prescrite comme sudorifique, vermifuge, alexitère, anti-spasmodique, stomachique et cordiale. Elle entre dans beaucoup de remèdes, l’orviétan, le baume de Fioraventi, ete. C’est un succédané du Thé en Sibérie. Dans le Midi, son eau distillée est employée comme cosmétique.

La Fraxinelle est cultivée dans les jardins, où elle se multiplie par éclats et par graines semées aussitôt que mûres. Elle veut de préférence une terre franche et un peu fraiche.

FRÈNE. Fraxinus. « Le Frène, arbre imposant, l'honneur de nos forêts, » comme dit Virgile, Fraxinus in sylvis pulcherrima, est un arbre de première grandeur, dont le tronc est droit et lisse, la tête élégante, mais peu touffue, l’aubier très-blanc et le bois fort dur. C’est de tous les arbres de nos contrées le plus employé du charron. Les essieux, moyeux, jantes, brancards, charrues, maillets, manches d'outils, etc., sont communément en Frène. Il est propre aussi aux ouvrages de tour et de menuiserie; ses nœuds, joliment accidentés et nuancés, sont recherchés des ébénistes. C’est encore un très-bon bois de chauffage, qui brûle également bien sans être très-sec. Sa végétation rapide permet de lémonder souvent; ses branches sont propres à une foule d’usages, même les petites, que l’on met en fagots pour nourrir de leurs feuilles les chèvres et les moutons pendant l'hiver.

Les racines du Frêne sont, dit-on, alimentaires. Les Anglais en mangent les jeunes feuilles, et s'en servent pour falsifier le Thé; il en confisent les jeunes fruits dans le sel et le vinaigre. Les feuilles, le bois et les fruits sont sudorifiques, diurétiques et fébrifuges, mais surtout l'écorce, appelée quinine d'Europe. C'est sur ses feuilles qu’on récolte les mouches cantharides, si employées comme vésicantes; elles s'y

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abattent quelquefois en si grand nombre, qu’elles répandent une odeur insupportable.

Cette raison fait bannir le Frêne commun des jardins anglais; mais on y cultive comme variétés : le Frêne doré, à rameaux jaunes; le Frêne Jaspé, à écorce rayée; le Frène panaché, à feuilles presque blanches ; le Frène pleureur ou parasol, à rameaux tombants. Toutes ces variétés se greffent sur le Frêne commun, qui se ressème de lui-même ; les vents dispersent au loin ses graines nombreuses, que l’on nomme langues-d’'otseau ; il vient partout, même dans les terrains argileux, car sa racine ne pivote pas; toute exposition lui est bonñe , mais il réussit encore mieux dans les gorges sombres et humides des vallées tournées au nord.

Le F. À LA MANNE, F. rofundifolius (Frêne de Calabre), qui fournit à la médecine un purgatif doux, très-célèbre, est un arbre d'Italie de 8 à 10 mètres, dont le tronc, les branches, les rameaux et les feuilles secrètent un suc abondant, depuis midi jusqu’au soir, pendant les mois de juin et de juillet : c'est la manne; elle s'épaissit peu à peu et devient jaunâtre ; elle a l'odeur du miel et une saveur sucrée. Quand elle est fraîche, elle n’est point purgative. Les habitants du pays s’en servent pour remplacer le miel et le sucre, mais elle acquiert plus d'action sur le tube intestinal à mesure qu’elle vieillit davantage ; comme médicament, elle est surtout employée pour les enfants et les constitutions délicates. On la nomme manne en larmes, manne en sorte et manne grasse, selon l'état où elle se recueille; la première est la plus estimée.

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