‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 883 sur 1111 · LIN · texte numérisé non relu

LIN

de quelques veines lie de vin, est aussi fin que le Buis et rccherché par les tourneurs. Les Turcs, en évidant les jeunes rameaux de leur moelle, en font de longs tuyaux de pipes, et de là son nom latin de Syringa (du grec syrinæ, tuyau ou chalumeau). Les fleurs sont employées en parfumerie, et avec ses fruits verts, d’une amertume très-prononcée, on prépare une décoction employée récemment avec succès comme tonique et succédané du Quinquina dans les fièvres intermittentes. LILAS DE CHINE, DES ANTILLES, DES INDES. V. MÉLIA.

LIMETIER, LIMONIER. V. CITRONNIER.

LIN CULTIVÉ. Linum usitatiss mum. La culture du Lin et son usage remontent à la plus haute antiquité ; les livres de Moise en font souvent mention, tantôt comme d’une récolte d'Egypte, tantôt comme d’une étoffe précieuse. Le voile du temple et toutes ses tentures, la robe du pontife, les vêtements des prêtres devaient être de fin Lin; l'Eglise catholique le consacre au même usage.

Cette plante importanteest tellement répandue qu'on ne peut indiquer sa première patrie. L'Egypte, la Sicile et la Hollande sont les régions où on le cultive davantage ; mais la meilleure graine vient de Riga. On la sème à la volée, dans une terre légère, bien labourée et amendée par des engrais consommés, très-serrée si on le cultive pour la toile, beaucoup moins si l’on vise à la graine. On arrache à la maturité et l’on fait rouir comme le Chanvre; des battoirs faits exprès séparent la filasse des chenevottes ; nous devons à celle-là nos linons, nos tulles, nos batistes , etc., dont les chiffons , traités comme ceux de la toile de Chanvre, fournissent le plus beau papier.

Si les fibres du Lin le disputent à celles du Chanvre par le prix de leurs tissus, ses graines sont encore plus importantes ; on en extrait l’huile de Lin, la plus siccative, la plus employée comme telle en peinture; elle est la base de tous les enduits huileux, et sert aussi à l'éclairage. Préparée à froid, elle est employée en médecine comme émolliente et laxative, moins cependant que la graine, qui renferme un mucilage abondant dont s’empare l’eau bouillante. C’est un des plus précieux émollients que possède la médecine; aussi l’emploie-t-elle fréquemment en fomentations, lavements et infusions; elle fait aussi beaucoup d’usage en cataplasmes de cette même graine réduite en farine. Elle sert également en chimie à luter les tubes dans les opérations. On a essayé d'en faire du pain, mais il a toujours été rejeté; l'huile de Lin est pareïllement immangeable.

Les autres espèces de Lin, sans avoir la même importance dans les fibres de leur écorce, font l’ornement des jardins ou

Page 1