‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 941 sur 1111 · ODE · texte numérisé non relu

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meux en mythologie, la Colocase ou Lotos des anciens, qu'il ne faut point confondre avec un autre Lotos (V. Loros), espèce de Jujubier. Sa fleur, qui sort et rentre dans l’eau au lever et au coucher du soleil, passait pour être la favorite du dieu du jour. Les peuples du Nil en couronnaient leur Osiris et représentaient ce Nymphæa dans leurs hiéroglyphes et sur leurs monnaies. On mangeait autrefois ses racines sous le nom de Colocase. Elles sont encore usitées, ainsi que ses semences nommées Féves d'Egypte ou pontiques. Elles donnent une bonne farine pour le pain. Le N. BLEU vient des mêmes régions. Il est fort beau, mais encore assez rare.

Tous les voyageurs ont pu admirer au jardin américain de Londres le célèbre Victoria regia, qui appartient aussi à la famille des Nymphæacées. Les fleurs de cette plante vraiment royale ont de 4 à 5 décimètres de diamètre, et ses feuilles ne mesurent pas moins de 6 mètres de circonférence. Celles-ci sont munies sur leur page inférieure d’agrégations de cellules pleines d’air, et, quand elles sont chargées également, elles peuvent supporter un poids de 50 à 60 Kilogrammes.

OBEAU. V. PEUPLIER BLANC.

ODEURS. Exhalation de molécules extrêmement ténues, s'imprimant sur la membrane olfactive et l’affectant diversement. Dans le règne végétal, qui de tous en est le plus agréablement et le plus abondamment pourvu, elles sont une sécrétion invisible mais réelle des parties odoriférantes, fleurs, feuilles, racines, etc. Les odeurs sont parfumées, aromatiques ou fétides, et agissent de différentes manières sur le système nerveux. Les unes enivrent, empoisonnent, rendent stupide ; d’autres sont sternutatoires et spasmodiques ; très-peu sont repoussantes, la plupart’ agréables et délicieuses. L’odeur bonne ou mauvaise des plantes est souvent une indication de leurs qualités salubres ou dangereuses. C’est ainsi que la puanteur de la Jusquiame, de la Belladone, de fa Ciguë et d’autres plantes vénéneuses porte à les fuir, tandis que tout, dans nos fleurs odoriférantes et nos fruits parfumés, nous invite à les cueillir. ;

Les odeurs peuvent être affectées à différentes parties de la plante ; elles émanent de la racine dans les Valérianées, de l'étui ligneux dans le Laurier et les bois de senteur, de l’écorce dans le Myrte, des feuilles dans les Labiées, des fleurs dans la Rose, l'Oillet, la Jonquille, ete.; ce sont elles surtout qui

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offrent les plus suaves, du reste {rès-variées. Dans le Stapelia et quelques Gouets, elles sont si fétides qu’elles attirent les mouches comme la viande en pntréfaction. On a remarqué que les adeurs qui émanent de la corolle sont plus fortes et agissent plus ou moins sur le système nerveux. Celles de la Tubéreuse, du Narcisse, du Syringa, affectent le cerveau et font mal à la tête ; il est dangereux d'en avoir dans une chambre à coucher, tandis que les odeurs des feuilles, des tigés et des racines, beaucoup plus concentrées et ne s’obtenant que par trituration, sont sans danger, se conservent plus longtemps et se développent mème après la mort du végétal. Elles résident la plupart du temps dans des glandes vésiculeuses.

La lumière ne paraît point nécessaire au développement de l’odeur des fleurs; quelques unesmême ne donnent leur parfum que la nuit, comme le Géranium triste. Il suffit d’approcher d’un berceau de Chèvrefeuille le soir ou d’une allée d’Acacias le matin pour sentir combien leurs odeurs se répandent au loin. On sait que Christophe Colomb dut la vie aux émanations embaumées des fleurs, quand à un équipage mutiné il jura, sur la foi de leurs parfums, que la terre était proche :

Plus d'espoir! Tout à coup de la rive indienne

Un air propice apporte une odorante haleine.

Il sent, 1l reconnaît le doux esprit des fleurs,

Tout son cœur s'abandonne à ces gages flatteurs ;

Les coteaux par degrés sortent du noir abime,

De moment en moment les bois lèvent leur cime,

Et de l'air embaumé que leur porte un vent frais

Le parfum consolant les frappe de plus près.

On redouble d'efforts, on aborde, on arrive ;

Des prophétiques fleurs qui parfument la rive

Tous couronnent leur chef, et leurs festons chéris,

Présages du succès, en deviennent le prix.

(DELILLS.)

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