‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 997 sur 1111 · POLYGONE. V. RENOUÉE · texte numérisé non relu

POLYGONE. V. RENOUÉE

POLYPODE YULGAIRE. (Fougerole.) Le Polypode de chène, peut-être par un reste de superstition druidique, jouit encore d’une grande réputation parmi le peuple ; mais, quel que soit l'endroit où croit le Polypode, ses racines ont une égale vertu; on les emploie à lntérieur comme laxatives.et pectorales, et, réduites en poudre, comme absorbantes et propres à rouler les pilules. Ces racines ont un

goût sucré qui les fait rechercher des enfants et leur à valu lenom de Reglisse des bois, Arglisse sauvage.

Cette Fougère charmante, qui persiste l'hiver, forme des tapis de verdure sous les haies, au pied des murs, des vieux arbres et des palissades humides, dont elle augmente la solidité par ses nombreuses racines qui luiont valu son nom botanique.

Le P. DRYOPTÈRE Ou FOUGÈRE DE CHÈNE se rencontre au pied des Chênes, dans les forêts humides ; sa tige menue, son élégante symétrie, ses feuilles finement découpées en font une plante élégante.

POLYPORE. Polyporus. Nouveau genre de Champignons, formé aux dépens du genre Bolet, et comprenant toutes les espèces coriaces et tubéreuses qui, garnies en dessous de mille petits trous (du grec polus-poros), adhèrent par le côté aux troncs ou aux souches d'arbres sur lesquels elles se développent. Quelques unes d’entre eux vivent plusieurs années et acquièrent un développement très-considérable. On en a vu qui formaient des disques aussi gros que trois ou quatre têtes. Il n’est personne qui n’ait eu occasion de remarquer ces sortes de Champignons. Ils sont communs sur les Pommiers, les Noyers, les Chênes et autres arbres maladifs. On les confond tous sous le nom de Bolet. |

Le plus intéressant par ses propriétés est l'AMADOUVIER, P. fomentarius ou ungula (Agaric officinal), ainsi nommé pour sa forme de sabot de cheval. Il est très-épais, d’un gris blanchâtre ; en en ràclant le dessus, on arrive à une écorce noire et luisante, puis à une chair sèche et tendre comme le liége; les petits tubes poreux sont au dessous. C’est ce Bolet qu’on emploie dans sa jeunesse à préparer l’amadou et l’agaric des médecins. On enlève l’écorce et les tubes, on coupe par tranches la substance tubéreuse, et on la bat avec un maillet jusqu’à ce qu’elle se soit parfaitement assouplie; on la trempe alors dans une solution de salpètre ou de poudre si lon en veut faire l’'amadou, dont tout le monde connaît l’usage, et on la bat encore à plusieurs reprises. Pour faire l’agaric, on se contente de la battre sans la mouiller. Dans ce dernier état, les médecins l’emploient très-fréquemment pour étancher, par sa nature spongieuse, le sang des petites plaies, telles que piqûres de sangsues ; ils en font des moxas aussi bien que de Famadou roux. En Franconie, les habitants ont trouvé le moyen de préparer l’amadou comme une peau de chamois et d’en faire des vêtements très-chauds.

Le P. GARDE-FEU, P. igniarius (Bolet obtus, Agaric de chêne), est assez semblable au précédent, mais moins employé. On s’en sert à la campagne, sous le nom de Boula,

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pour garder le feu toute la nuit et le transporter commodément.

Le P. ÉCAILLEUX, P. squammarius (Bolet du noyer), se trouve communément sur les Noyers, et se reconnait à sa belle couleur acajou ; on le mange dans quelques contrées quand il est jeune, mais son usage le plus habituel est de servir à donner aux meubles une teinte voisine de la sienne, ou encore une couleur noire.

Le P. pu MÉLEZE, P. laricis (Agaric blanc ou purgatif), a été célèbre en médecine comme purgatif drastique, et est encore employé comme tel par les vétérinaires pour les moutons. On l’a aussi vanté comme un spécifique contre les

sueurs des phthisiques. Deux variétés de ce Polypore ont

cours dans le commerce : l’une venant de Sibérie et toute blanche, sous le nom d’Agaric femelle ; l'autre indigène et rousse, sous celui d’Agaric mâle. On peut les substituer à la noix de galle pour faire de l'encre et teindre en noir les étofles de soie.

POLYSTIC FOUGÈRE MALE. Polystichum filix mas. Les srandes feuilles de cette belle Fougère, qui s’élancent en gerbe de son Collet et s’arrondissent avec grâce, en font l’ornement des bois et du bord des ruisseaux. Cette espèce est l’une des plus précieuses de sa famille à cause de ses propriétés médicinales ; ses bourgeons et ses grosses racines sont un excellent remède contre les vers intestinaux et surtout le tænia ou ver solitaire. Les feuilles servent à faire des couchettes fortifiantes ; on s’en sert pour emballages, pour nourrir les

troupeaux ; les montagnards de l'Auvergne en font un mau-

vais pain. Les jeunes pousses peuvent se manger en guise d’asperges ; la combustion des feuilles dans des fosses, à feu couvert, donne beaucoup de potasse. Quoiqu’elles ne puissent être employées seules dans les tanneries, elles rendent les cuirs meilleurs.

POEYTRIC À FEUILLES D'YUCCA. C’est, en miniature, le Palmier de la nombreuse famille des Mousses. Le Polvytric, droit et raide, s'élève quelquefois jusqu’à plus de 1 décimètre. Sa tige, sans rameaux, développe en grandissant des feuilles d’un gros vert qui la garnissent et la décorent. Sa haute stature lui a valu le nom de Perce-mousse, et la coifle très-remarquable de son urne, formée de poils feutrés d’un roux doré, celui de Capillaire et surtout de Polytrie doré. Très-commun dans nos bois couverts, c’est lui qui y forme ces touffes de Mousses que l’on recherche davantage à cause de leur couleur bien verte.

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