D. — ANOMALIES DES FLEURS
150. Le plus souvent chaque fleur contient réunis ensemble les éfamines et les carpelles ; mais il arrive aussi que ces organes sont enfermés dans des fleurs différentes. Dans ce dernier cas, trois combinaisons peuvent se présenter.
1° Les fleurs à étamines et les fleurs à carpelles peuvent se trouver réunies sur la même plante : c’est ce qui constitue les végétaux monoîques (1): le melon, le châtaignier, le noisetier sont de ce nombre.
2° Les fleurs à étamines et les fleurs carpellées peuvent se trouver séparées sur des pieds différents : ce sont alors des plantes dioiques (2) : le chanvre, la mercuriale qui infeste nos champs, le mûrier à papier de nos bois anglais, présentent une semblable disposition.
3° Enfin, d’autres fois, sur la même plante, il y atout à la fois des fleurs à étamines , des fleurs à carpelles et des fleufs munies en mème temps d'étamines et de carpelles : telles sont la pariétaire qui tapisse nos vieux murs, et la croisette qui, au printemps, montre dans nos haies ses verticilles de petites fleurs jaunes.
151. Dans les végétaux dioiques, les pieds à étamines sont souvent séparés par de grandes distances des pieds à carpelles. Comment donc le pollen de celles-là pourra-t-il être transporté sur ceux-ci? Qu'on se rassure : la Providence , en voulant la fin, a su multiplier les moyens. Dans les fleurs à étamines, celles-ci seront très-nombreuses et n'auront ni calice ni corolle qui puisse gèner l’action des vents sur le pollen. Dans les plantes à fleurs carpellées, même rapport : calice et corolle presque nuls, et seulement quelques écailles propres à retenir la poussière poll nique sur les nombreux stigmates. Le temps de leur épanouissement mutuel sera com-
(lt) De UOVO, seul , oÙxoc, maison. — (2) De ès, deux, et oÙxoc, maison.
biné. Fussent-elles même au fond des eaux, comme la valésneria, leurs pédoncules dérouleront leurs longues spirales pour porter leurs fleurs à la surface ; et quand, de part et d’autre, tout sera disposé , l’anthère , s'ouvrant avec élasticité, chassera bien loin son pollen, comme une légère poussière que dissémineront les vents ; ou bien de faibles insectes, ‘se roulant dans le fond des fleurs, se chargeront de porter sur leurs ailes la poussière germinatrice aux carpelles qui sans'elle demeureraient stériles. (V. D.,art. Figuier.)