AIR ATMOSPHÉRIQUE, LUMIÈRE, CHALEUR
186. Nous avons vu que, pour végéter, les plantes prennent à l’air son acide carbonique, dont elles s’assimilent le carbone et le remplacent par l’oxygène, qui est impropre à leur vie. Les animaux, de leur côté, retiennent l'oxygène de l'air et
laissent échapper son azote, qui seul ne peut entretenir mi leur vie ni celle des végétaux. Il suit de là que des plantes fermées ensemble dans une serre, dans une orangerie, ne tarderaient pas à tomber malades et finiraient par périr, si on n'avait pas soin de renouveler l'air de temps en temps en ouvrant les portes ou les fenêtres. Autrement, l’air respiré trop longtemps par ces plantes ne contiendrait plus Facide carbonique auquel elles doivent emprunter le carbone qui leur est nécessaire ; elles étoufleraient véritablement, comme étoufferaient des personnes qui, placées dans un appartement hermétiquement fermé, auraient fini par en absorber tout l'oxygène.
187. La lumiere est ég galement nécessaire à la végétation de la plante, puisque c’est elle qui favorise la décomposition de l’acide carbonique et la fixation de son carbone, Ea lumière active d’une manière si frappante la vie des végétaux, que les plantes alpines, éclairées beaucoup plus et plus longtemps que celles de la plaine, opèrent promptement leur floraison et leur fructification, malgré la fraîcheur de ces hautes régions. Voila pourquoi ces filles des Alpes, transplantées dans nos jardins, y réussissent si difficilement, parce qué nous ne pouvons leur donner la grande lumière qui leur est indispensable sans leur communiquer une chaleur plus grande que celle de leur pays natal. La maladie qui résulté pour les plantes de la privation de la lumière se nomme Pétiolement. On ne les en guérit qu’en leur rendant la lumière par degrés et en les accoutumant peu à peu au grand jour.
188. Le calorique est aussi essentiel que la lunuère à fa végétation ; mais la quantité nécessaire est très-variable pour les différentes plantes, puisque la soldanelle de nos !Alpes fleurit sous la neige, tandis que les ananas demandent 60 à 70 degrés. Trop et trop peu de calorique nuisent également à la végétation. Trop de chaleur produit une évaporation dont l'absorption des racines ne peut réparer les pértes : alors Ia plante se fane et sé dessèche ; trop de froid, surtout S'il est uni à l'humidité, gèle la SLA et la fait absolument périr.