S 2. — PLANTES PARASITES-ET | EXOROISSANCES 6) 1E
: 19111HG ?
294. 4° Oidivm turkeri, où maladie’ de la vigne. Lama ladie terrible qui afféete depuis trois ans le-raïsin, ef menacé,’ si elle continue, d'en détruire entièrément la récolté, "est occasionnée ou du moins développée par la présemée dun’ petit champignon nominé 'oëdéum furkert, ce qui à fait donner à la maladie le nom d’oidiatie. Certains savants prétendent que l’oïdium est le résultat et non la catsé de x maladie, laquelle serait produite, selon les ans,’ par un ‘inseeté du genre des acarus, suivant les autres, par Mes 0 la sève: M on soi à
Presque aussitôt que les jeunes grains sont fériés ils paraissent d’abord entièrement: recouverts d’une poudre grisätre; vus alors au microscope, ils sont comme ‘enveloppés dans une toile d’araignée. Peu à peu cette poudre se change’en plaques roussâtres qui, à la fin, entourent chaque grain et Fempêchent de se développer. Insensiblement, 1 devient dur comme une pierre, se fend ordinairement, finit par tomber en pourriture, et répand une odeur infecte. Le dessous des feuilles etle bois lui-même sont attaqués ; sillonné de veines noires, celui-ci ne mürit pas à l'automne, gèle plus facilement en hiver, et semble conserver les germes de la maladie pour l'année suivante.
222, L'ignorance et la malveillance ont accréditéprompte-
tement, dans nos campagnes, l’idée que ce fléau a pour cause ie gaz qui sert à l'éclairage de nos cités. C’est une conviction si fortement ancrée dans l'esprit de nos cultivateurs, que, dans un moment donné, elle pourrait servir de levier pour les entrainer dans de coupables manœuvrés. Il'west pas nécessaire de réfuter cet absurde préjagé. Pline l’Ancien, qui vivait vers le milieu du premier siècle de l'ère chrétienne, semble avoir voulu décrire cette maladie dans ce passage remarquable : «Les vignes et les oliviers sont maintenant attaqués d’une maladie particulière que l’on appelle la
« toile d'araignée, parce qu’elle couvre les fruits d’une « espèce de réseau qui les enveloppe et finit par les con- « sumer (1). » A cela nous ajouterons qu’elle a exercé ses ravages, 11 y a plus de quatre cents ans, aux environs de Bordeaux et en Italie; or, ily a quatre siècles aussi bien que du temp$.de Pline, le gaz était certainement complètement mcomnu.
Au lieu de déblatérer contre ce pauvre gaz, qui n’en peut mais, les agriculteurs feraient beaucoup mieux d’expérimenter les er procédés qui ont été indiqués pour prévenir et:guérir l’oïdiatie. Nous allons les faire connaître.
1223: 4°: procédé. Sulfurisation: Procurez-vous de la fleur de soufre en poudre; achetée en gros, elle revient à43 ou 20 centimes la livre. Aussitôt que js petits grains du raisin seront formés, un soir, quand le soleil aura tourné et que vos ceps seront à l'ombre, arrosez-les d’abord avec une grille d’arrosoir, ou mieux et plus commodément avec la pompe à main, Immédiatement après, répandez sur vos ceps votre fleur de soufre avec le soufflet sulfurisuteur (2). XL faut sulfuriser non seulement les raisins, mais encore Les feuilles, les
(1) Est etiamnum peculiare (malum) olivis.et vitibus : araneum vocant, cum veluti tele involvunt fructum et absumunt (Plin., Nat. hist., lib. XVII, Cap. XXIV). — (2) C'est un soufflet préparé pour lancer la fleur de soufre avec force et dans toutes les directions ; on en trouve à Lyon chez les principaux ferblantiers.
sarments et le cep tout entier, dessus, dessous, däns foutes les directions. Si, malgré cette première sulfurisation, Ja maladie venait à se montrer, il faudrait aussitôt ten faire mme seconde, mais ne pas attendre, que: lR:poudre: blanche de la première période de l’oidiatie eùt été remplacée pariles plaques rousses de la deuxième période, ear alors il nerserait plus temps. Deux sulfurisations au plus suffiront pour prévenir ou arrêter complètement la. maladie. 1 importe de mouiller le cep immédiatement avant de répandre desoufre, qui, sans cette précaution, serait promptement me et ne produirait pas son effet. sil
224. 2 procédé. Eau chargée d'hydrosulfate dé oheutr Il faut prendre 250 grammes de fleur de soufre avec autantrde chaux fraichement éteinte, et les mettre dans un. vase allant sur le feu. On délaie d’abord eh versant. dessus. doucemenit trois litres d’eau ; ensuite on fait bouillir pendant une-demiheure environ, pour réduire à peu près à deux litres et demi. Il faut remuer pendant l’ébullition, après laquelle on laisse reposer pour tirer au clair et mettre dans un, vase clos: Au moment de s’en servir, on prend un litre de ce liquide que lon met dans cent litres d’eau, et, avec une pompe à main, on arrose ses vignes une première fois avant la pousse et une.autre fois après la floraison.
295. 3° procédé. Lait de chauæ. On fait dissoudre dans de l’eau de la chaux fraichement éteinte, et Fon asperge les ceps avec ce mélange une fois avant la pousse et une fois après la floraison.
Nous avons vérifié par nous-mème ces trois procédés : le dernier est rarement eflicace; le second ne nous a donné que peu de résultats : il est vrai que nous l'avons employé un peu tard, quand la maladie était déjà trop avancée ; le premier à parfaitement réussi, et les rapports officiels transmis au gouvernement français confirment son efficacité. Il n’est pas aussi coûteux qu’on pourrait le croire au premier abord ; la dépense dans une vigne ne reviendrait, tout au plus, qu'à 4 francs par hommée (800 ceps).
1226. Nousavons essayé cette année (1852) d’enfermer quelques belles grappes dans ‘des sacs de papier aussitôt que le grain à été formé : aucune dé cés grappes n'à été attaquée par l'oidiatie ;:mais comme nous n’avons fait cetté expérience que sur une très-petite échelle et une seule fois, nous n’osons pas la donner comme concluante. Nous devons ajouter cependant que tous les autres raisins du même cep et non enfermés ont été entièrement endommagés par le fléau.
D’après un rapport lu à l'Académie dés Sciences le 1° décembre 1851, le rajeunissement des vignes est le procédé de culture le plus propre à s'opposer à l’envahisséement de la maladie: Le provignement donne aussi incontestablement de bons résultats.
Qu'au lieu de crier et de se désoler, chacun expérimente les procédés indiqués, qu'il rende public le résultat de ses tentatives ; et l’on finira par trouver un remède efficace à un fléau qui, nous l’éspérons encore, ne sera que passager.
227, 29 Maladie des pommes de terre. Plus ancienne que la maladie du raisin, celle des pommes de terre s’est développée en Belgique en 1842, et a gagné de là toutes les parties du globe. Le mal commence par les feuilles, qui changent de nuance et offrent à la loupe une légère moisissure sur la page inférieure. De là le mal s'étend à la tige, sur laquelle on reconnait des taches noires qui grandissent et se multiplient. Les feuilles alors se dessèchent, brunissent, et la moisissure disparaît. Mais, au bout de quelques jours, de nouvelles moisissures se forment sur la plante morte, et en mème temps les tubercules se détériorent peu à peu. Ils offrent d'abord sous l'écorce et près des yeux des taches jaunes qui se développent rapidement, entourent complètement le tubercule et linisssent par le pourrir tout entier, Alors l'odeur qui s'en exhale est absolument celle d’un champignon en putréfaction,
228. Les savants ne sont nullement d'accord sur la cause de ce terrible fléau, qui menace d’envahir complètement« ce pain des pauvres » , comme disait avec tant de vérité le bon
roi Louis XVI. Les uns y voient une gangrèné famide est, à-dire une décomposition dvec excès d'humidité du'tissu (de | lplante, occasicnnée par un champignon ! microscopique du
genre ‘dés moisissures. et qu'on appelle un botrytis ; lestautres! considèrent le-‘champignon comme l'effet ét! noneommea
cause de la maladie: d’après eux, il faut l’attribuer awretardt de la ‘plantation et à la suppression des germes! Peut-être la: maladie des pommes de terre et celle des raisins ont-elles une
cause générale et première dans l’humidité-de Fair,’ dans les
dérangéments des saisons, si fréquents et :sù extraordinairés
depuis les grandes inondations de 1840. | 1sflosrt
229. Quoi qu'il en soit de-la cause, on est à:peu près d'accord sur les moyens, nonpas de guérir Ia: maladie: (cette guérison est impossible), mais de la prévenir. 12702 on
1° L'expérience a prouvé que les pommes de térrecprintanières ne sont jamais attaquées, tandis que les tardives létsont presque toujours! Ce sont donc les premières qu il faut” $ attacher à cultiver préférablement. ) 919
2 L'expérience à également démontré, en Irlande, éiste gique et en France} que la culture hivernale offre des chances: certaines de succès. La culture hivernale ‘consiste à planter les pommes de terre avant l'hiver. Le momentle plus-favo-! rable est depuis le milieu jusqu’à la fin de novembre; cepéndant, si le terrain est trop humide, on pourrait attendre jusqu'au milieu de février. Pour éviter la gelée, il'est nécessaire, pour la culture hivernale, de planter les tubéreules à une plus grande profondeur que pour la culture du printemps : : 20 centimètres suffisent pour les hivers-ordinairés en les enfonçant à 30, on ne risque rieu dans les plus rigoureux. Non seulement les plantations d'automne échappent'à la maladié , mais encore elles donnent des produits plus beaux et qui se conservent mieux.
On à remarqué aussi que les tubercules coupés en morceaux où dont on a arraché les germes déjà poussés résistent moins à la gelée ou aux maladies.