CCC. PriImuLA (L.). PRIMEVÈRE
Calice à à lobes; corolle en entonnoir ou en coupe, & fube allongé, dilaté au point d'insertion des élamines qu'il renferme, à gorge tantôt munie, tantôt dépourvue d’appendices, et à limbe partagé en 5 lobes ; capsule à graines trés-nombreuses, à 5 valves souvent bifides, ne s'ouvrant qu'au sommet. Plantes à f. toutes radicales.
1027. P. cRANDIFLORA (Lamk.). P. À GRANDES FLEURS. — P. acaulis (Jaeq.). Hampe communément uniflore , hérissée de poils étalcs dont la longueur dépasse ordinaïrement son diamétre transversal; f. obovales ou oblongues, ridées, inégalement denticulées, afténuées en un pétiole ailé ; calice à tube appliqué, velu sur les angles saillants, blanchâtre ef glabre dans les angles rentrants, profondément divisé en segments lancéolés et longuement acuminés; grandes f. à limbe parfaitement étalée, ordinairement d’un jaune-soufre, avec 5 taches orangées à la gorge, qui manquent quelquefois, se trouvant rarement à ff. blanches ou d’un lilas pâle. %. Mars-mai. (V. D. b. P. caulescens (Koch). Premières hampes unifiores, les suivantes multitlo-
res, à Îl. en ombelles dressées, entourées à la base de bractées en forme d'involucre.
Prairies, bois. G. C. C. — Le type est cultivé à fl. doubles, blanches, roses ou d'un beau lilas.
— La variété b est un peu moins commune, quoiqu'elle se rencontre assez fréquemment. On la rencontre aussi dans les parterres où elle s’hybride avec l'espèce suivante dont elle offre toutes les nuances. Elle manque quelquefois de pédoncules uniflores ; néanmoins il est facile, par les caractères que nous avons assignés, de la distinguer du Primula elatior. C'est elle qui, conjointement avec la variété intermédiaire dont je parle plus bas, à été décrite sous-le nom de Primula variabilis (Goupil) ; mais j'ai constaté par de nombreuses observations qu’il y en a réellement deux.
1028. P. eLATIOR (Jacq.). P. ÉLEVÉE.
Hampe toujours multiflore, à pédicelles hérissés de poils dont lu longueur ne dépasse pas leur-diamètre ; f. ovales où oblongues, ridées, inégalement sinuées-denticulées sur les boras, brusquement-contractées en un pétiole aïlé et denticulé au sommet ; calice à tube appliqué à la base, allant en s’évasant vers le sommet, vert et velu sur les angles saillants, blanchätre et translucide dans les angles rentrants, divisé en dents triargulaires et acuminées; corolle à limbe d’abord un peu corcave, puis à la fin étalé ; fl. inodores, naturellement d'un jaunesoufre, sans taches orangées à la gorge , disposées en ombelle
314 PRIMULACÉES.
terminale, munie de bractées à la base, souvent penchée dur méme côté. %. Mars-mai..(V.D.) :
Prairies. À. C. — On en cultive de nombreuses et élégantes variétés dont les fleurs, à reflets veloutés, offrent toutes les nuances du rouge, du marron et du violet, mélangées de blanc, de jauné et d’orangé, Dans les jardins, l’ombelle est ordinairement dressée. Quelquefois la fleur devient double, mais
d'une manière singulière: le calice se change en corolle de telle sorte qu'on dirait que chaque fleur en porte une autre dont on aurait enfilé le tube dans le sien.
1029, P. orFicinauis (Jacq.). P. oFrFiciNase. — P. veris (Wild.). (Vulg. Coucou.) :
Hampe toujours multiflore ; f. ovales, ridées, inégalement ondulées-crénelées sur les bords , finement tomenteuses-grisâtres en dessus, brusquement contractées en un pétiole ailé et denticulé ; calice à tube fortement renflé, pubescent-tomenteux, partagé en lobes triangulaires, courts , larges, mucronu-
lés, mais non acuminés, comme dans les deux espèces précé-.
dentes ; corolle à limbe toujours concave, ce qui la rend infundibuliforme; fl. odorantes, d'un jaune foncé, marquées de 5 taches orangées à la gorge, disposées en ombelle terminale, munie de bractées à la base et foujours penchée d’un mêmr côte, 2%. ANTIL-MAL. (V. DJ Lars b. P.intermedia. Variété intermédiaire entreles Primula.elatior et of ficinalis dont elle n’est probablement qu'une hybride. Elle offre combinés les caractères de tous les deux, mais elle se rapproche tantôt plus de Fun. iantôt plus de l'autre. Ainsi, le calice est tantôtiat tube appliqué et à dents étroites et acuminées, tantôt à tube renflé en cloche et à dents courtes et élargies; là eorolle, d’un jaune :elair :où d'un. jaune foncé, ordinairement marquée de taches orangées à la gorge, a le dimbe:un peu concave ou étalé; les fl. sont toujours odorantes, en ombelle penchée d'un seul! côté et non dressée, ce qui distingue néllement toutes ces formes diverses de la variété caulescens du Primula grandiflora. Prairies, bois! Letype; G:1C. C:: la variété b , P.RICultivée quelquefois dans les jardins, où elle offre des variétés à fleurs rouges ou d'un. jaune orangé : elle devient double dela même manière que le Primula elatior. 1030. P. aurIGULA (L.). P. AURICULS,
Hampe multiflore, glabre ou munie au sommet d'une pubescence farineuse; f. épaisses et. charnues, lisses et non ridées , obovales , entières ou légèrement ondulées-dentées, atténuées en un pétiole ailé , celles du milieu des rosaces couvertes d'un duvet farineux ; calice à tube arrondi, no anguleuæ, 2-3 fois moins long que le tube de la corolle; . à suave odeur, jaunes à l’état spontané, disposées en ombelles dressées. %. Mai-juin. (V. D.)
Contre les rochers au Grand-Som, à la Grande-Chartreuse, et sur: la route de Pierre-Châtel à Yenne, à dix minutes.du pont. — Cette seconde localité n'est pas française, mais elle n’est séparée du départemeut.de l’Ain que par la largeur du Rhône. lOIN UGS FA
— On cultive, sous le nom d'Auricules, de superbe variétés de cette espèce ; leurs fleurs veloutées offrent les plus richès nuances du rouge, du violet, du bleu, du jaune et du blanc.
PRIMULACÉES. 319 1031. P. rARINOSA [L.). P. FARINEUSE.
Hampe multiflore, grèle , pubérulente au sommet ; f. plus petites que dans les autres espèces, obovales-oblongues, uw peu. idées, légèrement .crénelées, ‘atténuées. en: un pétioie ailé, couvertes en dessous, dans leur jeunesse, d’une fine poudre farineuse qui se retrouve sur le calice ; calice arrondr, non anguleux, égalant à peu prés le tube de la corolle ; petites fl. roses ou lilacées, rarement blanches, jaunes à fa gorge, en ombelles dressées, entourées à la base de bractées réunies en forme d’involucre. %. Mai-août.
Prés. humides autour du lac de Joux, près des Rousses. dans le Jura.R. R: — Cetie localité n'est pas dans les limites de noire Flore, mais elle n’est pas élôignée de l'extrémité du département de l'Ain.
CCCI, HOTTONIA (L.). HOTTONE.
Calice à 3 ségments linéaires, si profonds qu'il. parait polysépale ; .corolle en coupe, à limbe divisé eu à lobes ; 5 étamines à anthères presque sessiles, insérées dans la partie supérieure du tube de la corolle; capsule globuleuse. unilo= » culaire, paraissant indéhiscente parce que les 5 valves ne s'ouvrent nià la base ni au sommet. Plantes aquatiques, & f. pectinées-pennatipartites: , 10322 Hupazustais (Li): H. pes wars. (Vulg. Millefeuilles aquatique,
Plumeau.)
Plante plus ou moins plongée dans l’eau. Tige de 4-8 déc., cassante sur-les nœuds, nue-dans la partie supérieure; £ pectinées-pennatipartites, à partitions linéaires et: allongées : fl. rosées où blanches, pédonculées, disposées en RIRE verticilles au sommet de la tige. %. Mai-juin. (V. D.)
Fossés pleins d’eau : Vaux; Villeurbanne; Dessine; Your. A. R.
CCCIT. LystmAcHrA (L.). LYSIMAQUE.
Calice à 3 segments profonds; corolle en roue; à élamines à filets dépassant longuement le tube de la corolle; capsule globuleuse, mucronée, s’ouvrant par 5 valves ; feuilles toujours entières.
1033.:L. vurçants (L.). L counune. (Vulg. Corneille, Perce-bosse.)
Tige de 8-10 déc., droite, ferme, rameuse , velue-pubescente ; f. ovales ou oblongues-lancéolées, à peine pétiolées, opposées ou verticillées 3. à 3, 4 à 4 ou 5 à 5; fl. jaunes, en petites grappes «xillaires, ordinairement verticillées 3 à 2
316 PRIMULACÉES.
à l’aisselle des feuilles, et formant par leur réunion une lonque panicule terminale et feuillée. %. Juin-août. (V. D.)
Prés humides, lieux aquatiques, bord des eaux. C.
— La Tourette, dans sa Chloris Lugdunensis, indique par erreur le Lysimachia thyrsiflora (L)aux environs de Lyon. Gilibert, bon observateur. mais critique un peu crédule, le dit rare autour de I.yon. C'est d'après ces aurtorités que MM. Grenier et Godron enrichissent notre Flore de cette belle espèce, qu'elle ne possède certainement pas spontanée, | 1034. L. nummuLartA (L.). L. NUMMULAIRE. (Vulg. Herbe-aux-écus.)
Tige de 1-6 déc., couchée et rampante, anguleuse, simple ou peu rameuse ; f. opposées, rondes, pétiolées ; segments di calice en cœur ovale et aigu; fl. jaunes, à odeur de prune pourrie, portées sur des pédoncules uniflores et solitaires à laisselle des feuilles. %. Juin-août. (V. D.)
Lieux humides. C.
1035. L. Nemorux (L.). L. Des BOIS.
Tige de 1-4 déc., grêle, couchée et un peu radicante à Lx base, redressée au sommet, ordinairement simple; f. opposées, ovales-lancéolées, sessiles ou à peine pétiolées ; segments du calice linéaires ; fl. jaunes, portées sur des pédoncules filiformes, plus longs que les feuilles, {oujours uniflores et solifaires à leur aisselle. %. Juin-ruillet. ar
Bois couverts et humides des montagnes : Dardilly; Poleymienx; Vaugneray, l’Argentière, au Chatelard; Pilat; la Grande-Chartreuse; tout le Haut-
Bugey.
CCCIH, ANAGALLIS (L.). MOURON.
Calice à 5 segments profonds; corolle en roue, à tube tréscourt, presque nul, et à limbe divisé en 3 lobes; 5 étamines à filets velus surtout à la base; eapsule globuleuse, s'ouvrant comme une boite à savonnette.
1036. A. ARvVENSIS (L.). M. DES CHAMPS.
Tige de 1-3 déc., rameuse, couchée, quadrangulaire ; f. sessiles, opposées, quelquefois ternées, glabres, un peu charnues, ovales-lancéolées, à 3 ou 5 nervures ; éfamines à filets libres; pédoncules uniflores, axillaires, plus longs que les feuilles, recourbés vers la terre après la floraison. ©. Juinoctobre. (V. D.)
a. À. Phœnicæa (Lamk.). Fleurs ronges.
b. A. cœrulea (Lamk.). Fleurs d’un beau bleu.
Champs, lieux cultivés. C.
— On trouve d'autres variétés à fleurs roses, blanches, d’un violet vineux . ou bleues à gorge rouge. La couleur des fleurs n’est donc pas suffisante pont établir deux espèces.
1037. A. TENELLA (L.). M. DÉLICAT.
Petite plante à tige filiforme et entièrement, couchée ; )
APOCYXNÉES. 317 petites f. courtement pétiolées, opposées, ovales-arrondies ; éfamines à filets un peu soudés à la base et couverts d’une laine blanche trés-abondante; segments du calice beaucoup plus courts que la corolle ; corolle si profondément divisée qu'elle parait polyvpétale ; pédoneules uniflores, axillaires, filiformes, beaucoup plus longs que les feuilles, recourbés vers la terre après la floraison ; fl. d’un rose tendre, plus grandes que dans espèce précédente. ©. Juin-août. (V. D.)
Près des sources. dans les marais de Charvaz ; étang de Vaux-Milieu ; dans
la mousse des fontaines, au dessus du Pin-Bouchain, dans les montagnes de Tarare; Noirétable; Sainte-Croix, près de Montluel. R.