‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelleChapitre 695 sur 718 · FAMILLE. — GRAMINÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE. — GRAMINÉES

De toutes les familles végétales, la plus importante pour l'homme et les troupeaux est, sans contredit, la famille des Graminées. Nous lui devons toutes les céréales qui dorent ou

blanchissent nos guérets, tout le gazon qui tapisse ou verdit nos prairies. Si, dans la chaîne des plantes vasculaires, les Graminées ne forment qu’un des derniers anneaux, ce n’est donc que par leur organisation moins brillante, ce semble, et moins compliquée, mais, en cela, plus ressemblante image de cette bonté providentielle qui tous les jours nous nourrit en nous dérobant sa magnificence et son éclat.

Les Graminées offrent des caractères si tranchés que toutes leurs parties peuvent servir à les faire reconnaître. Leur éige, nommée chaume, toujours herbacée, est marquée d'espace en espace de nœuds d’où partent les feuilles. Celles-ci, à nervures parallèles, embrassent le chaume par une gaine fendue dans le sens de sa longueur, au sommet de laquelle on apercoit ordinairement un appendice membraneux appelé /anquette. Leurs fleurs, glumacées, sont remarquables par leur structure, et d’une étude moins difficile qu’il ne paraît au premier abord. Ordinairement elles sont composées de 2 enveloppes herbacées, composées chacune de 2 valves ou écailles ; les 2 valves extérieures sont nommées glumes, et les 2 intérieures glumelles. Une ou deux de ces valves manquent quel quefois. Aux glumes et aux glumelles il faut ajouter dans quelques genres 1 ou 2 autres petites écailles plus intérieures encore, auxquelles on a donné le nom de glumellules. Les gumes contiennent 1, 2 ou plusieurs fleurs, c’est-à-dire 1, 2 ou plusieurs paires de glumelles renfermant chacune des étamines et un carpelle ; chacun de ces petits systèmes se nomme un épillet. Les étamines, au nombre de 3 (rarement 1 ou 2), ont des filets capillaires et libres; leurs anfhéres, bilobées, sont attachées au filet par le dos. L’ovaire, libre, est terminé par 2 styles (très-raremenl 4 ou 3) portant 2 stigmates (très-rarement 4 ou 3) filiformes, plumeux ou en pinceau. Cet ovaire devient un caryopse, c’est-à-dire, un fruit sec, monosperme ct indéhiscent, renfermant un petit embryon placé à la base extérieure d’un périsperme farineux trés-abondant.

Pour nous guider dans le labyrinthe de cette immense famille, nous suivrons la classification que MM. Cosson et Germain ont adoptée dans leur savante Flore des environs de. Paris.

Ie Trisu : PANICÉES, — Glumes uniflores ; épillets comprimés par le dos, disposés en épis digités ou en panicule rameuse ou spiciforme ; styles allongés; stigmates sortant au dessous du sommet des glumelles.

Ire Sous-TriBu : ANDROPOGONÉES. — Glume inférieure plus grande ? que la supérieure.

CCCCXCII. ANDROPOGON (L.). BARBON.

Épillets géminés sur les denis de l’axe, l’un sessile et fertile, l’autre pédicellé et stérile; glume inférieure à dos plan, la supérieure à dos caréné; glumelles inégales, l'inférieure aristée.

1667. A. iscHæmum (L.). B. PiED-DE-POULE. — A. angustifolius (Smith). Chaumes de 3-8 déc., grèles, à nœuds violacés; f. linéaires, poilues surtout à la naissance des gaines ; glumes munies à la base de poils blancs et soyeux; fl. disposées en 5-10 épis linéaires, digités, blancs ou violacés. %. Juillet-octobre. (FD) Pelouses sèches. C. C..

1668. A. ervccus (L.). B. GRILLON.

Chaumes de 6-10 déc., assez fermes, à nœuds jaunâtres; f. linéaires, rudes sur les bords, les inf. presque soyeuses ; glumes munies à la base d’une touffe de poils jaunes; longues ‘arêtes coudées et tortillées ; pédoncules filiformes, allongés, verticillés, portant chacun 3 fleurs à leur sommet; fl. disposées en panicule terminale. %. Juin-juillet.

Coteau du Molard, où il a été signalé par M. Chabert. R.R.

1Le Sous-TriBu : PANICÉES proprement dites. — Glume inférieure plus petite que la supérieure.

CCCCXCIIT. DicrraARrA (Scop.). DIGITAIRE.

Glumes accompagnées d’une écaille accessoire, souvent peu visible ; glumelles mutiques; fleurs unilatérales, disposées en épis linéaires et digités.

1669. D. saxGuinaLts (Scop.). D. saNGuiINe. — Panicum sanguinale (L.). — Paspalum sanguinale (Lamk.). — Syntherisma vulgare (Schrad.).(Vulg. Pain sanguin.)

Chaumes de 1-5 déc., couchés à la base, puis redressés ; f.et gaines plus ou moins poilues; glume sup. environ de moitié moins longue que les glumelles ; glumelles à bords pubes-

cents, mais non hérissés de cils raides et allongés; 3-8 épis linéaires, dressés ou un peu étalés; fl. vertes ou violacées. ©. juillet-octobre. (V. D.)

Champs, jardins. C.

b. var. villosa. Chaume gréle, simple, très-velu ; fl. rouges. — La Tour-de- Salvagny.

1670. D. cizramis (Kœl.). D. cILIÉE. — Panicum ciliare (Retz). — Paspalum ciliare (D. C.). — Syntherisma ciliare (Schrad.).

Diffère de la précédente surtout par les glumelles à bords hérissés de cils blanchätres, raides et allongés. ®. Juilletoctobre.

Lieux sablonneux : Perrache; Dardilly. R.

1671. D. rictroRmIsS (Kœæl). D. FILIFOnME. — D. humifusa (Pers.). — Paspalum ambiguum (D. C.) — Syntherisma glabrum (Schrad.).

Chaumes de 1-5 déc., nombreux, presque entièrement couchés; f. et gaines entièrement glabres, offrant rarement quelques poils au sommet de la gaïne ; glume sup. à peu prés aussi longue que les glumelles ; glumelles pubescentes, à bords non ciliés; 2-4 (rarement 5-6) épis linéaires, distants, plus ou moins étalés ; fl. vertes ou violacées. @. Juillet-octobre.

La Tête-d'Or. R.

CCCCXCIV. Panicum (L.). Panic.

Glumes très-inégales, accompagnées d’une écaïlle accessoire très-visible, souvent aristée ; glumelles coriaces , presque égales, tantôt aristées, tantôt simplement aiguës: fleurs en panicule lâche ou serrée en forme d'épi.

* Fleurs en panicule lâche; glumes non entourées de soies. 1672. P. crus-cazut (L.). P. preb-ne-cog. — Echinochloa crus-galli (P. Beauv.). — Qrthopogon crus-galli (Balb., F1. lyonn.).

Chaumes de 2-8 déc., coudés à la base, puis redressés ; [. planes, rudes sur les bords, glabres ainsi que leurs gaines ; slumelles hispides, ordinairement terminées par de longues arêtes ; épis alternes ou opposés, placés sur un axe à 3 ou 5 angles, disposés en une panicule unilatérale et dressée ; Î. rougeûtres ou verdètres. ®@. Juillet-septembre. (Y, D.)

Terrains humides; fossés des chemins. À, C.

* Fleurs en panicule serrée en forme d'épi; glumes entourées à La base d'un involucre de soies raides.

1673. 4 VERTICILLATUM (L.). P. verticizé. — Seltaria verlicillata (P. eauy.).

Chaumes de 3-6 déc., dressés, souvent rameux à la base : . linéaires, acuminées, rudes au rebours; soies ordi-

nairement vertes, rarement rougeâtres, accrochantes de bas en haut; fl. verdàtres, comme verticillées, serrées en épi cylindrique, un peu interrompu à la base. @. Juillet-octobre. (V. D.)

Champs, jardins. C. C. C.

1674. P. virine (L.). P, veRT. — Setaria viridis (P. Beauv.).

Chaumes de 2-6 déc., redressés ou étalés, souvent rameux à’ la base ; f. linéaires, acuminées, un peu rudes au rebours ; soies vertes ou rougeâtres, accrochantes de haut en bas; qlumelles de la fleur fertile lisses ou à peu prés; fl. verdâtres ou un peu rougeâtres, serrées en épl cylindrique, non interrompu à la base. @. Juillet-octobre. (V. D.)

Champs, jardins. C. C. C.

1675. P. cLaucu (L.). P. GLAuQUuE. — Setaria glauca (P. Beauv.).

Chaumes de 1-4 déc., dressés ou étalés, souvent rameux à la base; soies d’un jaune roussätre, accrochantes de haut en bas ; glumelles de la fleur fertile ridées en travers ; 1. d’un vert jaunâtre , serrées en épi oblong-ovoide ou cylindrique. @. Juillet-septembre.

Terres, bord des chemins. C.

Page 1