LES MINES DU ROSEMONT. — LES STADION
taiaes de marcs. Mais comme Tagent de la confédération, Jean Thubinger, a négligé de marquer la provenance de tous les lingots, il nous est impossible d'en faire le relevé exact. En 1578, il fut statué que la confédération recevrait , à raison de 10 florins 25 kreutzer le marc, tout l'argent du Rosemont, que les archiducs ne travailleraient pas eux-mêmes.
La même année, l'archiduc Ferdinand accordait une con- Les cession assez large à son prévôt de Belfort , Jean Ulrich de stadion. Stadion. Il paraît que ce seigneur aimait ces sortes d'exploitation ; car il obtint en outre (29 octobre) d'établir des forges aSewen, en payant la dîme et le change. Son entreprise eut du succès, à en juger par les lingots d'argent qui furent livrés aux Monnaies par les mines du Rosemont ^
Après sa mort (en 1588), sa veuve et ses enfants sollicitèrent et reçurent de nouvelles faveurs. L'archiduc Ferdinand exempta de la dîme les galeries qui n'étaient point en pleine exploitation ; il affranchit du change, pour douze ans , le minerai qu'ils pourraient rencontrer dans leurs propres galeries, mais non celui qui leur serait cédé par d'autres entrepreneurs; il leur permit de disposer à leur gré, pendant cinq ans , du tiei-s de l'argent qu'ils tireraient de leurs propres lots, avec la seule réserve qu'ils ne le vendront pas ;en pays ennemi. Enfin quant au fer, la dîme est fixée à 3 kreutzer (0 fr. 25) par quintal de fer forgé, et 2 kreutzer par quintal de fer fondu.
Armés de ces privilèges, les Stadion se lancèrent avecardeur dans la voie des spéculations. Ils achetèrent, le 3 septembre 1590, la fonderie que la maison d'Autriche possédait à Soda (lePuix), pour la somme de 18003 livres bâloises (65000 fr.); et celle que Gabriel Hillensohn et Jean Straub occupaient à * Mollewau, pour 15350 (t. bâloises (55000 fr.). Un bourgeois de Bàle, Nicolas Wasserhun, leur fit, pour ces acquisitions, une avance de 5650 florins ou 7062 V2 U. bâl. (25213 fr.).
Nous possédons les comptes de ces fonderies , tenus par états Mathias Grambser , de 1590 à 1594. On y trouve des détails des mines intéressants, bien qu'ils ne puissent donner une idée complète de du rendement de nos mines. A côté des fonderies Stadion , il l'^^QO— 1594 en existait une autre, qui appartenait à une compagnie bâloise, désignée dans notre registre sous la formule vague de basele-
1. En 1578, un lingot de 87 marcs, un autre de 263, etc. etc.
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rische schmel\enden gewerckhen. Celle-ci est mentionnée plusieurs fois par Grambscr. Ainsi en 1590, une erreur de voiturier transporte chez les Stadion du minerai destiné à leurs concurrents ; en 1591 et 1592 , les deux établissements se cèdent plusieurs fois du plomb pour la coupellation de l'argent, etc. etc.
Les Stadion n'avaient qu'une part assez restreinte dans l'extraction du minerai ; elle n'entre que pour un huitième dans Talimentation de leurs fourneaux ; un autre huitième est fourni par la dîme ; et ia compagnie bâloise dont nous venons de parler , leur envoie le minerai qu'elle ne peut fondre ellemême; enfin les quantités les plus considérables, près des % proviennent, sous le nom ût frey ert\ ou gemein ert\y des mineurs qui avaient en ferme l'exploitation d'un certain nombre de galeries, selon les conseils du règlement de 1562. Il y avait alors une vingtaine de galeries en pleine activité. Les comptes des voituriers nous ont conservé, non seulement leurs noms *, mais les quantités de cuveaux expédiés par chacune d'elles et la nature de leurs produits. Mais il nous a semblé inutile d'en faire le fastidieux dépouillement pour établir une statistique de médiocre intérêt.
La dîme était payée en nature et à la galerie elle-même. Le seul impôt prélevé à la fonderie , consistait dans le change, un florin par marc fin.
La richesse du minerai varie sans cesse. Le quintal de kup/erstein contient tantôt 11 loths d'argent (0,34 % ) et 16^ de cuivre rouge, tantôt 5 loths d'argent (0,156%) etSO/'. de cuivre, ailleurs 13 72 loths d'argent (0,42®^o) et 17 ^-dc cuivre. Le reichert\ renferme de 16 à 18 loths d'argent. (0,50
La production moyenne de nos fonderies est de 3500 marcs par an. L'argent se vend de 10 à 11 florins (45 fr.), le marc: le cuivre, à 14 florins (61 fr.) le quintal : le plomb, à 4 V2 florins le quintal (19 fr. 60); et les cent livres de litharge, à 3 Vi florins (15 fr. 23).
1. S. Jean à Assel, S. Nicol.as, Geselschafft, Neuen jahr, vS. Guillaume. S. Georges im Teutschengrund, S. Pierre im Keller, Pfeningthurm, Pfalz à Soda, S. Joseph, S. Pierre au Johanisberg, Fursehung GottcSt S. Pierre Fundgruben , Stadionische Erbstollen à Rotenberg, S. Pierre à Rougemont, S. Théobald, S. Martin à Soda, Himlischc Hôr, etc.