‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 259 sur 391 · RÉFORME DE · texte numérisé non relu

RÉFORME DE

de 760 à 770 pour un marc. En juin, ils leur trouvaient une taille de 800 et un titre de 4 ^. 11 gr. ; ils produisaient ainsi au marc fin 27 batzen ou 108 kr. de plus que les 1611., si généreusement alloués par la convention de 1623.

En 1626, la Monnaie de Strasbourg fut accusée elle-même par la Régence d'Ensisheim de refondre des thalers pour en faire des dreibâtzner. L'opération, d'après les calculs indiqués, devait présenter un bénéfice de plus d'un florin par marc d'alliage K Mais elle répond que le profit ne serait pas aussi considérable, surtout avec des thalers d'Ensisheim (8 Vs à 10 ^ 12 gr.) qui font rapporter au marc fin 14 fl. 3 ^le^ kr. Si la possibilité d'un bénéfice suffisait pour prouver le fait d'une refonte, Ensisheim pourrait aussi être mis en suspicion, car ses monnaies d'appoint, ses zehener ^ pouvaient aussi être fabriquées avantageusement avec des thalers. Enfin Strasbourg opposait à toute accusation de ce genre le démenti le plus formel.

Malgré ces bonnes raisons, le magistrat de Strasbourg semble avoir pourtant senti que son monnayage n'était pas à l'abri de tout reproche. Il proposa de suspendre la fabrication des pièces d'appoint.

On la reprit à la sourdine en 1628(29 nov.)Il y a, disait-on, insuffisance de petites monnaies, ce qui attire les mauvaises espèces de Lorraine. LesHanau fontdQsdreibàt:{ner,Wisstmbourg émet des V2 batzen. Pourquoi la Monnaie de Strasbourg se refuserait-elle ce léger bénéfice? Les XV décidèrent donc le monnayage d'une petite brève ; « mais on n'ébruitera pas l'affaire et le silence sera recommandé aux Monnayeurs. >

Le pied monétaire de 1623 subsistait encore presque intact en 1657, d'après une lettre adressée au comte palatin :

Nom et valeur des pièces.

thaler (8 à 10 â. 16 gr.) .

dreibâtzner (4a k i â.) . demi batzen ^200 à 0 d.) deniers (720 à 4 ^ , (T- . .

oboles (960 à. S â.) . . . .

Titre.

Poids.

Poids fin.

29 gr. 23 5 44 1 169 0 324 0 243

25gr.979 3 173 0 487 0 121 0 OGl

Val. int.

5 fr. 78 0 701 0, 107 0, 0268 0, 0134

1. Les trois batzen se monnayaient à 7 â.^ 43 pièces au marc ; le marc fin rapportait 14 fl. 44 V7 kr. Il y avait donc entre le prix du marc fin (12 fl. 54 kr.) et ce' rapport un écart de 1 11. lii) *.L kr. ou 12,44 "/o-

2. 52 au marc à 7 1., ce qui fait produire au marc fin. 15 fl. 24 */, kr.

592 en. vir. — s. ii. — monnaies strasbourgeoises.

On le voit, aucun changement considérable n'est intervenu de 1623 à 1657. Toutes les innovations se bornèrent à élever la taille des dreibàtzner de 42 72 à 43, et à modifier le pied des demi batzen. Ce dernier point fut la conséquence de l'exportation que subissait cette espèce. Strasbourg avait constaté, le 7 mars 1639, qu'après avoir fait, les dix années précédentes, 52645 marcs de demi batzen, on n'en trouvait presque plus dans le pays. Pour arrêter ce mouvement , on décria les demi batzen étrangers, et en môme temps on affaiblit légèrement ceux de Strasbourg; les nouvelles pièces furent appelées gestump/te halbe batzen. Elles portent d'un côté le lys, et de l'autre l'écu de Strasbourg avec l'inscription 11 Kreutzer.

Pendant cette période , Strasbourg publia plusieurs décris de monnaies étrangères ou alsaciennes. Citons parmi ces dernières les demi batzen de Haguenau et de Wissembourg repoussés en 1635, les plappert et les kreutzers de Haguenau mis en 1639 à 4 V2 et 1 72^^.*.

Le Reichsthaler estimi 93 kr. monte à 96 dans le commerce dès 1634; le tarif officiel le ramena alors à 93; mais il accepta lui même cette évaluation de 96 kr. en 1637, pour la réduire à 90 en 1640.

Le monnayage des thalers n'était guère lucratif. Un rapport du mois d'octobre 1633 établit que la Monnaie de Strasbours: avait gagné 1633 fl. 8 ;^ 8^. sur 40003 fl.en3batzner, mais elle perdit 3624 fl. sur 60300 fl. en thalers. Perte

définitive 1940 tl. 1 r.\ 4 à\ ou 7183 fr. Ce déficit est accepté avec beaucoup de philosophie parla chambre des XV ^. On conçoit toutefois que dans de pareilles conditions, la ville de Strasbourg ne s'accordait que bien rarement le luxe de fabriquer des thalers. Elle se rabattait sur les espèces d'appoint. Elle en émit de 1623 à 1640 pour 313 548/^. 13.\ 8 >. ou 2 320 260 fr., et de 1641 à 1630, pour 25 534 //. 3 -. ou 189 175 fr.

Sur ces menues espèces le profit était, en 1650, par marc de demi-batzen, 22 .\ 8 S. — de deniers, 19 /?. — de hellers, 11/?.

1. Mone (Zeitschrift, 1862, p. 303), donne, d'après le RathsprotocoU de Constance, aux dreibitjner de Strasbourg et de Haguenau. une taille de 42 et un titre de 9 1. 6 ^j gr. C'est une pièce de moins et ','< grain de plus que dans le règlement rapporté ci-dessus. Si le renseignement est emprunté à des essais, il prouverait la bonté de ce monnay<4gc.

2, Welches aber mit geduld ^u ûbertragen.

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