Arch. du Haut-Rhin, fonds de la Régence
4. La kurtze Baslcr Chronick de Gross nous apprend que le 14 no-
En 1405, Colmar s'unit avec Bâle, Fribourg, Brisach et les archiducs d'Autriche, pour former la Confédération de la Rappenmûntz(22 février). Leur premier traité décida la taille de 828 rappen ou 1656 steblers au marc fin avec un titre de '%. Donc :
rappen stebler
Titre.
Poids.
0 gr.
en argent»
0 gr.
Vat. int.
ofr.
Val. num.
0 fr. 0689 0 0344
Le marc fin était compté à 6 fl. 74 de 20/^. steblers. Les nouveaux deniers devaient être carrés , « pour qu'ils puissent gagner en valeur intrinsèque , ce qu'on économise en frais de fabrication. » Les deniers antérieurs étaient retirés de la circulation de la St. Georges (23 avril) à la St. Gall (\0 octobre), à raison de 26 fi. anciens pour 20 nouveaux, ce qui suppose à l'ancien S. une valeur intrinsèque d'environ Ofr. 024(0,0312 X240 : 512) ^
Les archiducs d'Autriche n'étaient pas tenus de monnayer. Mais les quatre villes s'engageaient à convertir en espèces un minimum ^ de 2800 marcs d'argent, savoir Bâle 1400, Fribourg 800, Colmar et Brisach 300. Sur ses 800 marcs, Fribourg pouvait frapper la première année 200, et les années suivantes 100 marcs de rappen. Ce minimum fut largement dépassé, si les autres villes imitèrent la conduite de Colmar. Du 5 juillet 1403 au 31 août 1405, son maître monnayeur, Frédéric Eschebacher, soumit au contrôle des essayeurs 1409 marcs de steblers.
Une exagération se trouvait dans cette convention. On estimait le marc fin à 6 74 A-, tandis qu'il n'en valait réellement que 6. Le florin n'obtint cependant, durant plusieurs années, que le cours de 10 fi. rappen ou 20 fi. steblers, ce qui élevait la valeur
vembre 1402, une sédition dont il ignore la cause réelle, éclata au sujet de la monnaie. Cette cause ne se trouverait-elle pas dans les incessantes variations des monnaies, que suppose notre thèse?
1. Ce qui met le a. colmarien à 0 fr. 048; les notes citées plus haut le comptaient à 0 fr. Ot7B. Nouvelle confirmation de notre thèse.
2. C'est bien d'un minimum qu'il s'agit, la charte ne laisse aucun doute à cet égard. Also sullent wir mûnt;[en und nût minder^ aber me mugent wir wol slahen, nach dem und jegliche stat wil und ire nottûrftig dùnckt sin.
406 GH. II. — s. III. — MONNAIES DE BALE ET DE COLMAR.
de change du déniera Ofr.036. Mais le change monte en 1408 à 11 et 22 p\ , ce qui réduisait la valeur du stebler à 0 fr. 033. Elle descendit ensuite à 0 fr. 031 en 1418 , par suite d'une nouvelle diminution, dont aucun règlement ;i'a conservé la trace, mais que le change du florin nous laisse aisément constater.
Voici cependant un renseignement , que nous avons rencontré dans les comptes de Bàle. Il y est dit, en 1425, que 96 U, en vieille monnaie font à la balance 25 marcs moins 3 loths. Le marc d alliage renfermait ainsi 913 ^. , pesant chacun Ogr. 256. Ce poids suppose un abaissement du titre, réduit selon toute probabilité à 8 loths ou^/iooo- H avait ainsi une valeur intrinsèque de 0 fr. 0282, et justifiait la valeur de change que nous indiquions plus haut.
Cette refonte de deniers eut lieu en 1425, à l'occasion d'une nouvelle convention , conclue le 24 avril. Suivant l'exemple déjà donné par Strasbourg, la Confédération crée à cette époque des espèces nouvelles, supérieures au denier, mais en rapport direct avec lui : le groschen (= 12 rappen ou 24 steblers) et leplappert (6 rappen ou 12 steblers). On monnaie 72 V2 groschen et 145 plappert à *^/i6 fin ; 480 rappen et %J steblers à ^le-
Titre.
Poids.
en ar^.
Val. inL
VaL num.
groschen . . .
plapperl . . .
rappen ....
stebler ....
3 gr. 235 1 617 0 188 0 244
3 gr. 033 1 51 fi 0 2 M 0 122
0 fr. 668 0 334 0 051 0 027
0 fl>H
0 OtJ
La forme des deniers est de nouveau modifiée, et comme toujours pour d'excellentes raisons. On les fait ronds, «afin qu'ils soient plus forts, restent plus longtemps entiers, et conservent mieux leur valeur. > Chaque État frappe sur ses espèces une effigie particulière. « Elle sera placée dans un écu; les tranches des pièces recevront un grénetis (gekômet), qui permettra de distinguer plus facilement les nouveaux <î. des anciens. >
Chacun peut monnayer autant qu'il lui plait. Il n'y a de limite que pour les rappen. Fribourg et Bàle en peuvent émettre 100 marcs, les autres 50.
Le retrait des anciens deniers doit se faire de la St. Jean B.
(24 juin) à la St. Michel (29 sept.), à raison de 22 ^, pour 20 nouveaux. En tenant compte de la dépréciation imposée aux anciens deniers, cette évaluation suppose qu'en réalité ils valaient au moins les nouveaux, et justifie la conjecture que nous proposions plus haut.
La convention de 1425 retomba dans la même exagération que son ainée. Elle estimait le marc fin à 7 74 florin, tandis qu'il ne coûtait que 6 ^4 , peut être même 6 ^5 • En fixant le cours du florin à lOgroschen, on donnait en argent une valeur intrinsèque de 6 fr. 68 pour une pièce d'or qui valait 7 îv. 85.
Aussi le tarif officiel rencontra-t-il dans le commerce une vive résistance. Il ne servit guère que pour le paiement des rentes et les remboursements des capitaux. La ville de Colmar était forcée elle-même, dès l'année 1425, de donner 11 groschen pour le florin d'or; Bâle monta jusqu'à 12groschen.
La lutte dura quelque temps. Des deux côtés il y avait des prétentions injustes. Si les gouvernements avaient tort de fixer le change du florin à 10 groschen, le commerce allait aussi trop loin, quand il demandait 24 et 25 /?. stebler. La vérité finit par triompher, et la paix se signa en 1433 sur des bases équitables .
Le marc fin est compté à 7 fl., toujours avec une légère exagération. On convint donc, avec les monnayeurs Pierre Gatz et Heinrich de Rumersheim (19 nov. 1433), que tant que ce prix se maintiendrait, on taillerait dans le marc fin 84 groschen ou 168 blaphart. Le titre devait être ^^20 po^r la première espèce, et *724 pour la seconde. Le florin était admis à 23 blaphart ou 11 V2 grossen, Dans le cas où le prix de l'argent augmenterait, le concile (alors réuni à Bàle), l'empereur et le magistrat devaient modifier de concert le cours du florin.
D'après ces indications nous aurons :
grossen blaphart
Titre.
Poids brut.
Poids en arg.
2 gr.
Val. int
0 fr.
Val. num.
0 fr. 66 0 33
Dans cette convention ne se rencontre aucune mention, ni des steblers, ni des rappen. Bien plus, il est dit formellement que les monnayeurs convertiront les deux tiers de leur argent en plaphart et le troisième tiers en grossen. On peut conclure de
408 en. vu. — s. m. — monnaies de bale et de colmar.
là, que si la présence du concile a pu rendre nécessaire ud monnayage plus considérable de blaphart et de grossen, la place se trouvait suffisamment pourvue de menus deniers.
Les.rappen et les steblers avaient du reste conservé, sinon leur taille, au moins leur titre réglementaire. Des essais que fit le 19 mai 1458 Heinrich zer Stralen, constatèrent que ce titre (8 loths) n'avait subi qu'un affaiblissement fort léger. Il était encore de 8 loths à Colmar, de 7 % loths à Fri bourg, Brisach et Thann, de 7 loths *7i6 à Bàle. C'est gi'àce à cette fixité, que le bourgmestre de Bâle se croyait en droit de reprocher, la même année 1458, aux archiducs d'Autriche, rémission d'une monnaie , < plus faible- que celle que nous avons établie depuis près de 34 ans. »
Les reproches dont nous venons de parler, s'adressent à des altérations considérables que Schreiber a déjà signalées dans son histoire de Fribourg. Mais l'écart qu'il indique, dépasse de beaucoup les chiffres donnés par les archives de Bàle. C'est une raison pour préférer ces derniers. D'une part, quel motif les monnayeurs de Bâle auraient-ils pour atténuer une fi-aude, contre laquelle ils voulaient protester ? D'un autre côté, les archiducs, ne fussent-ils guidés que par l'intérêt, devaient conserver une certaine réserve, pour tromper plus facilement la jalouse vigilance de leurs associés , ou même faire agréer d'eux l'innovation.
Cette innovation consistait à tailler dans le marc 116 blaphart à^s fiii^ 544 rappen à 8 loths fin, 960 steblers à Vatio. En d'autres termes :
blaphart rappen .
stebler .
Poids brut.
2 gr.
Poids en arg.
1 gr.
Val.
int.
Ofr.
Val. 1
0 fr. 3Î1 0 054 0 («7 '
La ville de Bâle réclama immédiatement , et contre le pied adopté dans ce «monnayage , et contre le principe de toute réforme monétaire, entreprise en dehors de l'accord commua
1. Voici du reste les chiffres de Schreiber : 121 blaphart à 10 loths, val. int, Ofr. 2G7; 5*4 rappen à 7 loths, val. int. 0 fr. 0416; 800 steblers à 4 loths, val. int. 0 fr. 016.
des Confédérés. En môme temps, elle défendait à ses péagers de recevoir les nouvelles espèces. Les autres villes suivirent cet exemple, tt l'archiduc dut s'exécuter, en retirant de la circulation toutes les pièces qu'il avait émises.
Telles étaient cependant la hausse de l'argent fin et la diminution des florins, que le règlement de 1425 devenait onéreux dans son application. La ville de Baie se fit autoriser, en 1462, à monnayer pour 400 marcs de steblers au titre de 7 loths (437,6), aulieu de 8, et une taille de 66 au loth , de 1056 au marc ; poids brut 0 gr. 222, poids en argent 0 gr. 097, val. int. O fr. 0214.
En même temps (29 octobre), elle fit frapper des vierer ' (= 4 ^.), dont 69 valaient un florin. Cette monnaie n'était pas du nombre de celles qu'avait réglées la convention de 1425. Il était donc possible de prendre à son égard certaines libertés, sans violer directement la lettre du contrat commun.
Émis en 1462 à 8 loths fin avec une taille de 280 au marc, le vierer vit cette taille s'élever, en 1466 à 286, en 1472 à 288, en 1474 à 290. Malgré ces hausses successives, le bénéfice diminuait chaque année. Le monnayage des vierer était affermé, en 1472, au monnayeur Louis Gsell à raison de 400 U, par an ; en 1477, cette ferme ne rapportait plus que 100 U, La hausse de l'argent fin mcU'chait encore plus vite que la diminution des vierer.
Les différentes sortes de vierer, dont nous venons de parler avaient en :
Année
Titre.
PoMs brut.
Poids en arg.
Val int.
Val. num. «
0 gr. 837 0 82 0 814 0 809
0 gr. 418 0 41 0 407 0 404
0 fr. 0923 0 090 0 0895 0 089
0 fr. 101 0 101 0 101 0 101
Pendant que Bâle luttait ainsi par des mesures partielles contre le renchérissement du métal précieux, la Confédération avait songé à une réforme d'ensemble. La minute du projet se
1. Le vierer était déjà employé antérieurement. Nous lisons dans les comptes de Bâle , 1439 : von den ersten Mûntjysen jf w plappart und ^m vierern :^e groben iS^l^fl.