WISSEMBOURG. — HAGUENAU
Il n'est pas douteux que des monnaies n'aient été frappées Haguenau. àHaguenau dans des temps fort reculés. Les HohenstauflFen, qui y firent des séjours si prolongés et si fréquents, ont dû y exercer plus d'une fois ce privilège de leur puissance souveraine. Mais ni les médaillers, ni les archives, ne nous aident à éclaircir cette question archéologique.
C'est à peine si l'on peut trouver quelque indice dans une charte citée plus haut. L'empereur Albert y promet de faire recevoir la monnaie de Strasbourg dans ses terres de Haguenau et d'Offenbourg (1299). Il semble résulter de là, que le denier strasbourgeois n'avait pas toujours et naturellement cours à Haguenau, et que conséquemment Haguenau avait sa monnaie particulière.
Pour rencontrer sur ce sujet quelque document précis , il faut attendre la fin du xiv« siècle. A cette époque (1374), l'archiduc Léopold d'Autriche affirme « qu'il autorise (son land- Togt, son schultheiss et les bourgeois de Haguenau, à frapper dans cette ville impériale toutes sortes de monnaies d'or et d argent *. » Tel est le point de départ de la monnaie municipale de Haguenau.
Les derniers mots du texte que nous venons de traduire, ont été de la part de Schœpflin l'objet d'un non-sens que l'on a peine à s'expliquer. Dans la locution usser gold und silber, EX auro et argento^ il rend tisser par PRiETER. Par suite l'archiduc Leopold excluait de sa concession le monnayage de 1 or et de l'argent. Cela était-il admissible à une époque où Ion ne connaissait que les monnaies d'or et d'argent ? Et cependant l'autorité de Schœpflin est si grande, que les écrivains postérieurs, comme Berstett, n'ont pas hésité à adopter sa version, si étrange qu'elle fût.
Le texte cité trouve, du reste, son commentaire dans un document contemporain, que nous ont conservé les Archives de Haguenau. C'est une convention conclue pour trois ans, le mercredi avant S. Jean-Baptiste 1374, entre] le landvogt Rud. de Habsburg, le schultheiss Berth. Schenck et le ma- ^strat de Haguenau , d'une part ; le maître monnayeur Henselin de Strasbourg, fils de Jean de Kestenholz, de l'autre.
Le traité commence par rappeler la concession de î'archiduc