HAGUENAU
Au commencement du xvi« siècle Haguenau obtint de Maximilien le droit de fabriquer les monnaies suivantes , décrites dans la charte :
Florin d'or, conforme à ceux des princes rhénans. A : armes de TËmpire, aigle et lég. Maximilianus romanorum imperotor. — R : la rose aux cinq feuilles dans un écu, ou S. Jean- Baptiste, ou S. Georges, à leurs pieds la rose dans un écu, avec légende Moneta aurea imperialis camerœ Hagenow ou Aurum imperialis camerœ Hagenogiœ.
Dickpfenning ( Va A. ), A : aigle avec ailes étendues et lég. Jvstitia manet in œternum. — R : rose à cinq feuilles dans un écu, ou S. Georges à cheval avec la rose sous le cheval dans uû écu, et lég. Moneta imperialis camerœ Hagenow ou Hagenogia Imper a caméra.
Schilling groschen ( 'I21 fl.), A : rose à cinq feuilles dans un écu et lég. Grossus Hagenow. — R : croix avec lég. Salve crtix sonda ou Ave spes unica.
Blaphart ( V21 A)» A : rose à cinq feuilles dans un écu avec lég. Moneta Hagenowe, — R : croix avec leg. Salve crux sancta ou Tu salus nostra.
Vierer (4 ^.), comme les blaphart.
Zjpeyling (2^.), de chaque côté une rose et leg. Moneta Hagenowe ou Hagenogia Imperii caméra.
Pfeming et heller{^lt ^•\ avec l'aigle aux ailes déployées.
Toutes ces espèces étaient basées sur le système des monnaies strasbourgeoises. Haguenau se trouvait autorisé en outre à émettre des oboles , des deniers , des blancs (tpeisphemng) et des demi - blancs, conformes aux monnaies de Mayence et du palatinat.
C'est cette charte de 1516, * qui a fait croire à Schœpflin que Haguenau ne possédait pas antérieurement le droit de frapper des monnaies d'or et d'ar'gent. Mais la conclusion est forcée. En plus d'une occasion, les empereurs ont concédé des droits déjà préexistants.La ville de Haguenau a d'ailleurs pu solliciter cette concession nouvelle , parce que celle de 1374 ne la concernait pas exclusivement. Elle a pu croire aussi, que le peu
d'un monnayage antérieur. Lehman, dans son histoire des Hanau-Lichtcnbcrg, donne une charte de 1384, qui stipule en kleim goldgulden hage- ^^^er gewdges.
*. Als. dipl. II, p. 451.
76 CH. II. — s. I. ATELIERS DE LA BASSE ALSACE.
d'usage qu'elle avait fait de la première concession, lui enlevait quelque chose de son autorité. N'oublions pas enfin, que dans l'opinion des jurisconsultes du xvi« siècle , le droit de frapper certaines espèces n'impliquait pas celui d'en émettre d'autres.
L'histoire même de Haguenau nous en fournit une preuve nouvelle. Il paraît que vers cette époque, la ville se remit à monnayer et qu'elle frappa des batzen. Du moins lisons-nous dans une lettre envoyée parie magistrat de Colmar (1541; à son député Boner, que celui-ci devait protester, à l'exemplede Haguenau^ contre la défense que l'empereur lui avait faite de monnayer des batzen. Il est clair que Haguenau n'aurait pas encouru pareille défense , ni songé à une protestation de ce genre, si l'on n'y avait pas fabriqué ces espèces.
L'incident se termina par une troisième charte de concession. Le 17 avril 1544, l'empereur Charles V, considérant qu'il se rencontre dans TEmpire plusieurs monnaies non mentionnées par la charte de 1516 , autorise la ville de Haguenau, sur sa demande, à fabriquer des thalers^ demi-thaiers, Zehener, kreut^er^ des gantée et halbe batzen. Ces pièces devaient porter les armes de Haguenau, avec le nom de l'Empereur, Carolus Rom, Imp. Aug. Les deux premières espèces avaient la légende Nummus argenteus Hagenoiensis ; les autres, moneta argentea civitatis Hagenoiensis ^ .
Malgré ce luxe de concessions, la protestation signalée plus haut d'après une lettre colmarienne, est à peu près la seule ^ preuve que nous ayons rencontrée pour le monnayage de Haguenau pendant le xvi« siècle. Le recueil de Berstett est aussi muet sur ce point que les Archives.
Au mois de février 1600 , la chambre des xv de Strasbourg reçoit une lettre du magistrat de Haguenau, qui lui annonce « qu'en vertu de ses droits régaliens et de ses franchises , la ville est décidée à reprendre la fabrication des espèces ^. » La lettre recommandait en outre à la bienveillance des strasbourgeois, Philippe de Wilwisheim, chargé des achats d'argent.