‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 78 sur 391 · ATELIER DE MURBACH A GUEBWILLER · texte numérisé non relu

ATELIER DE MURBACH A GUEBWILLER

Conrad Vogel (1599), Martin Scholl (1615—1617), Jean-Gaspard Mock (1619).

Le ^% juin 1619, une bombe inattendue vint tomber sur la Monnaie de Murbach. Un arrêté de la diète de Worms la ferma provisoirement. En l'absence de Tabbé , le Chapitre protesta contre ce décret. Notre atelier, disait-il, ne manque pas de matière première. « Il tire son argent de nos mines de Planchier et de S. Amarin. Ces dernières ne sont ouvertes que depuis peu de temps (erstlich geôffnet) ; mais elles promettent d'être aussi riches que n'importe quelle mine d'Allemagne. Plusieurs centaines de mineurs trouvent leur gagne pain dans ses galeries et nous fournissent, chaque année , des quantités considérables d'argent fin. »

Cette protestation produisit sans doute son effet *. Du moins voyons-nous, en 1623, les bouchers de Colmar refuser les demibatzen de Murbach, ce qui ne saurait se rapporter à un monnayage antérieur à 1619. Nous trouvons en outre dans les Conférences monétaires, aussi bien que dans les cabinets de médailles, des preuves nombreuses de l'activité que l'atelier de Guebwiller déploya de 1624 à 1632.

Mais il est probable qu'elle fut arrêtée vers cette dernière date. L'invasion des Suédois dut atteindre à la fois les mines de Murbach et son atelier monétaire.

Celui-ci ne fut rouvert qu'en 1659. A cette époque le monnayage fut repris par l'évêque de Strasbourg, qui était en même temps abbé de Murbach. L'archiduc Léopold Wilhelm qui réunissait ces deux titres, publia, en 1559, une ordonnance par laquelle il se faisait livrer par les Juifs les pagamenten (lingots) qu'ils détenaient. € Je me propose, ajoutait-il, de rétablir l'ancienne Monnaie de Murbach, » et d'y convertir ces lingots en espèces monnayées. Dès le mois de novembre de la même année, Strasbourg s'inquiète du grand nombre de demi-batzen et de kreutzers, qu'on fabrique à Guebv^iller.

La nouvelle Monnaie étendit le cercle de ses opérations ; elle fabriqua des monnaies d'or. Nous en trouvons la preuve dans les Registres des monnayeurs de Strasbourg, qui constatèrent, en 1662 (2 mai) , la bonté des ducats de Murbach.

1. N'oublions pas d'ailleurs que Tabbayc avait alors à sa tête un archiduc d'Autriche.

CH. II. — S. II. — ATELIERS DE LA HAUTE ALSACE

Les mêmes Registres s'occupent aussi beaucoup, mais avec moins de satisfaction , des monnaies d'argent de Guebwiller. Us recommandent en général de s'en défier. La dernière mention que nous y rencontrions de l'atelier de Murbach est de 1666. En cette année Jean Bitsch , serrurier de Strasbourg, qui l'avait dirigé pendant plusieurs années , renonce à ses fonctions en faveur de ses deux fils.

LucELLE. Il existait encore dans le diocèse de Bâle, une autre abbaye qui reçut le droit de battre monnaie , mais qui ne paraît pas en avoir jamais profité. C'est celle de Lucelle. Son droit nous est connu par une chaite que rapporte Trouillat. Au commencement du XIII* siècle, Berthold , abbé de Lucelle, se trouvait en contestation avec son beau -frère, le comte Frédéric II de Ferrette, pour des affaires d'héritage. En 1225 une transaction intervint entre eux , avec l'approbation du roi des Romains Henri *. L'abbé renonça à toutes ses prétentions sur.'les biens de Ferrette. Mais en retour le comte Frédéric lui assura , à lui et à tous ses successeurs , la jouissance de tous les droits et privilèges qui appartenaient de toute antiquité à sa famille. Parmi ces droits est mentionné celui t de frapper de grandes et petites monnaies, en les marquant toutefois de l'effigie impériale *. >

Les Le même document est aussi la seule preuve positive que

COMTES DE nous ayons du privilège monétaire des comtes de Ferrette. FERRETTE. j^g numlsmatlstes ne connaissent aucune pièce qu'on puisse leur attribuer avec certitude. Mais il est difficile d'admettre, que ces puissants dynastes , les maîtres du Sundgau , aient négligé d'exercer leur droit. Ils devaient le faire , sinon pour jouir des profits que procurait le monnayage , du moins par amour du relief qu'il pouvait donner à leur maiaon.

Les En dehors des comtes de Ferrette , nous ne connaissons

RiBEAu- qu'une seule famille de la Haute Alsace , qui puisse revendipiERRE. quer la même prérogative. Les Ribeaupierre ont monnayé et

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