‹ Études embryogéniquesChapitre 7 sur 10 · DE QUATREFAGES. — SI 11 L'EMBRYOGÉNIE · texte numérisé non relu

DE QUATREFAGES. — SI 11 L'EMBRYOGÉNIE

nement du vitellus chez les Néphélis s'accordent mieux avec les faits découverts par Weber. Il est à regretter que ce travail s'arrête précisément à l'époque où l'aire germinative n'aurait probablement pas tardé à se montrer.

Ainsi, chez les Hirudinées observées jusqu'à ce jour, on ne trouve pas cette transformation en masse du vitellus s'organisant simultanément sur tous les points pour constituer le nouvel être ; de plus , ni les Sangsues, ni les Clepsines , ne passent par l'état de larve. Sous ce double rapport, le développement des Hirudinées se rapproche de celui des Mammifères, bien plus que celui des Hermelles. Je n'entre pas ici dans le détail des différences que chacun appréciera facilement.

Les observations de M. Milne Ldwards sur les Annélides ordinaires s'accordent parfaitement avec ce qui précède.

Il est facile de reconnaître dans les figures de l'œuf des Protides, faisant partie du travail de M. Edwards, la séparation du vitellus en couche extérieure et en portion centrale. On reconnaît également que ces deux parties s'organisent à la fois dans toute leur étendue pour former, l'une, les ti sus sous-cutanés, l'autre , le tube digestif de la larve. Ces observations rentrent donc complètement dans celles que nous ont fournies les Hermelles. Il en est de même de celles que Saarsnousa fait connaître sur le développement des Polynoes ; de plus , les Annélides observées par ces deux naturalistes passent, comme les Hermelles, par l'état de larve.

Au contraire , 1rs faits recueillis par Kœllicker sur lesœufsde Çystonereis et d'Exogone s'écartent considérablement des résultats précédents. Selon Kœlliker, il existerait chez ces Annélides une partie primitive comparable à celle qu'il a trouvée chez certains Insectes (1) , c'est-à-dire que le blastoderme, après s'être constitué , se contracterait, de manière à ne plus former autour du vitellus qu'une sorte de ceinture incomplète. Cette partie pri-

( 1 ) (Xbservaliones déprima In&ectorum genesi . disserlatio inaugurait* quant srn/isit Alhertus Kœlliker. Turici, 1812 — Celle dissertation renferme l'histoire embryogénique du Chironomus zontiius (Schrank), d'un autre Chirooome, duSimulin çatiescens (Bremi) et du Donatia crassipes

DBS ANMSI.IDES. 199

mitive, devenant l'embryon, s'étendrait peu à peu, de manière à recouvrir de nouveau tout le vitellus, qui serait progressivement résorbé. Enfin, l'embryon se constituerait immédiatement en Annélide , reconnaissable à sa division en anneau , et pourvue de ses tentacules , avant, même que le vitellus eût entièrement disparu. On voit que ce mode de développement diffère de celui que Weber et Grùbe ont signalé chez les Hirudinées , et de celui que MM. Saars, Milne Edwards et moi , avons observé soit chez, les Annélides ordinaires, soit chez les Hermelles.

Malgré ce désaccord , je suis bien loin de rejeter les observations de Kœlliker, et cela d'autant plus qu'elles s'accordent, avec un fait qui m'est personnel. Dès 1842, j'avais trouvé , dans une masse de Corallines recueillies à Saint-Vaast-la-IIougue, une jeune Annélide déjà reconnaissable pour une Tubicole, à la différence de ses pieds thoraciques et abdominaux. Cette Annélide portait sur le dos une poche pédicellée renfermant une substance granuleuse , et dont la cavité communiquait avec l'œsophage par un canal creusé dans le pédicule. A cette époque, je pensai que cette poche était l'œuf contenant encore une portion du vitellus. Depuis , j'avais douté de l'exactitude de cette observation en voyant combien peu elle s'accorde avec d'autres , surtout avec celles de M. Edwards. Je crois aujourd'hui devoir la publier. L'étude embryogénique des Invertébrés n'a sérieusement commencé que depuis bien peu d'années. Déjà, elle nous a conduit à ce résultat remarquable que certains animaux , jusqu'à présent regardés comme très voisins, présentent dans leur développement de très grandes différences. Il me suffira de rappeler ce qu'a déjà révélé sur ce point l'embryogénie des Gastéropodes pulmonés terrestres, comparée à celle des Gastéropodes pulmonés aquatiques. Il ne serait donc pas surprenant que, dans le groupe, aujourd'hui très hétérogène, des Annélides, on vînt à rencontrer dans le mode de développement des variations plus considérables encore que celles dont nous venons de signaler l'existence.

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explication \n:s figures.

(Je crois devoir rappeler que toutes ces figures, à l'exception de celles qui, dans la planche 4, portent les numéros VII et IX, ont été calquées à la chambre claire sous le même grossissement de 300 diamètres, et terminées sur les lieux.)

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