‹ Etudes et appreciations (volume 2)Chapitre 117 sur 169 · Etudes, t. LXiii, p · texte numérisé non relu

Etudes, t. LXiii, p

2. Voir ce qu'a écrit, dans sa Somme, saint Thomas d'Aquin sur le rôle de l'intelligence par rapport à la volonté, et sur le rôle de la loi par rapport à l'action.

voir que, s'il est possible et même facile à des hommes de croyances différentes de se grouper et de s'associer sur un terrain strictement politique et écomomique, l'accord ne se forme pas si aisément dès que la doctrine entre en jeu. L'action morale, l'action sociale, l'action politique ellemême sous certains aspects et en certaines questions mixtes, supposent des principes supérieurs €t régulateurs de la vie, principes reconnus, immuables, et sur lesquels on ne peut transiger sans forfaiture envers Dieu et envers sa conscience. C'est donc une utopie, doublée d'une erreur grave, que de prétendre rallier toutes les forces chrétiennes sous l'étendard de l'action, autour de l'entreprise morale ou religieuse, sans tenir compte des exigences des dogmes et de la diversité des symboles.

La plupart de nos frères séparés le comprennent. Et voilà pourquoi plusieurs d'entre eux proposent aux EgUses de s'entendre sur quelques vérités qu'ils estiment tout à la fois fondamentales et suffisantes. D'après les auteurs du programme anglican rédigé à Lambeth en 1888, ce minimum doctrinal consisterait dans les quatre chefs suivants : l'Ecriture comme règle de foi ; les deux symboles des Apôtres et de Nicée ; les deux sacrements de Baptême et d'Eucharistie ; et l'Episcopat.

Par ces formules favorables à certains dogmes

l'union des EGLISES ET l'uNITE DE l'eGLISE 267

et exclusives d'autres matières de foi, on ramène une vieille distinction déjà posée par les docteurs protestants, en particulier par Jurieu, auquel Bossuet répondit avec tant de vigueur \ Dans le sens que nos adversaires lui donnent, cette distinction est pleine d'équivoques, inconnue de l'antiquité chrétienne et de la tradition ecclésiastique, étrangère aux enseignements de la Bible, restrictive de la parole de Dieu. Les protestants la font pour élargir les portes de l'Eglise et y admettre indistinctement toutes les sectes. L'Eglise romaine aussi la fait, mais non " pour retenir dans son sein ceux qui, en recevant ces points principaux, nieraient les autres, qu'elle a reconnus pour expressément révélés. Au contraire, dès qu'on rejette quelqu'un de ces articles, quel qu'il soit, elle croit qu'on renverse le fondement, et qu'on ébranle, autant qu'il est en soi, la pierre sur laquelle la foi du fidèle est appuyée". "

Autre chose, d'ailleurs, est le dogme, autre chose la discipUne. Et si la doctrine révélée par Jésus-Christ, et promulguée par son Eglise, forme un tout sohde, et un bloc infrangible^, il n'en est

1. Avertissements aux protestants sur les lettres du ministre Jurieu (vie avert.)-

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