GossELiN, ihid
Soyons-en fiers. Tous les progrès pâlissent à côté de celui qui assure l'intégrité de la foi, le triomphe de la morale, le perfectionnement de l'âme par la pureté de la conscience.
Hommes de principes et de devoir, fondateurs soucieux de notre avenir dans le domaine religieux d'abord et aussi dans le domaine civil, nos premiers évêques n'ont si bien moralisé le peuple canadien qu'en conquérant son âme, et ils ont conquis l'âme nationale par un double rayonnement de leur influence et de leur action. Ils furent les constructeurs avisés de l'Eglise, les collaborateurs dévoués de l'Etat, dans l'organisation et le développement de la société canadienne.
Cette collaboration se lit aux premières pages de notre histoire. Le 20 mars 1618, deux documents, l'un donné au nom du Saint-Siège, l'autre émané de la Cour de France et ratificatif du premier, conféraient aux pionniers des missions du Canada, les Récollets, tous les pouvoirs canoniques et juridiques nécessaires.
Ces deux documents, dit l'abbé Gosselini, ont une valeur inappréciable : l'Eglise et l'Etat, dont ils émanent, se donnent la main, pour ainsi dire, au ber-