‹ Etudes et appreciations (volume 2)Chapitre 7 sur 169 · TuRGEON, ouv. et t. cit. pp · texte numérisé non relu

TuRGEON, ouv. et t. cit. pp

LE FEMINISME 13

dans r élaboration des programmes d'enseignement féminin.

La première qualité de cet enseignement, c'est d'être approprié au caractère physique et moral de la femme, à ses talents naturels et à son rôle primordial. " La science des femmes, comme celle des hommes, dit Fénelon,^ doit se borner à s'instruire par rapport à leurs fonctions. La différence de leurs emplois doit faire celle de leurs études." Toute instruction propre à détourner la femme de sa voie, est funeste. Sa Sainteté Benoît XV l'écrivait récemment^: "Combien y a-t-il de femmes qui, se hvrant outre mesure à des études trop étrangères à leur sexe, prennent des manières toutes mascuhnes ; ou qui désertant les. devoirs domestiques pour lesquels elles étaient faites, se lancent témérairement au milieu des luttes de la vie ! De là cette déplorable perversité des mœurs, que la hcence même de la guerre a extraordinairement accrue et propagée."

Cela certes ne veut pas dire qu'il faille bannir des maisons d'instruction féminine les études sérieuses. Il s'agit de les bien choisir. Ce ne sont pas les femmes frottées de grec et d'hébreu qui répareront les brèches faites à la famille. Les Paula et les Eustochium, versées dans les commentaires

1. Traité de l'éduc. des filles {Œuvres choisies, 2e éd. Saucié, p. 124).

2. Lettre à la Supérieure Générale des Ursulines, 27 déc. 1917.

bibliques, ne sont que des exceptions, très belles il est vrai, à la règle générale. Mais en dehors de certaines études, trop abstraites, qui siéent davantage aux esprits masculins, quel vaste champ de culture s'ouvre à l'intelligence de la femme !

D'abord, la religion. On ne saïu-ait mettre trop de soin, par de claires et fortes leçons apologétiques, à développer et à affermir les principes et les convictions qui font les mères de famille véritablement chrétiennes. La femme, selon l'expression de Etiemie Lamy,^ '' est la réserve religieuse du genre humain." C'est par elle que conimence l'orientation morale des enfants. " L'éducation des enfants, voilà l'œuvre immense, voilà le chefd'œuvre permanent de la femme.^ " Une femme bien instruite des vérités théoriques et pratiques de sa religion, peut soutenir la vertu naissante de ses fils, la foi défaillante de son époux, et de tous ceux que son charme attire, et qui fréquentent ses salons.

Il nous semble désirable que, dans l'instruction des femmes, on évite également l'insuffisance ou l'anémie des progranames, et la congestion désordonnée des matières qu'on y entasse. Trop de science ruine les cerveaux. Un enseignement trop maigre, et des études sans relation avec le besoin des élèves, ne portent pas les fruits qu'on espère.

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