Phil., i
l'union catholique 159
ont illustré les annales religieuses de tant de nations. Il serait trop long d'en refaire ici, même sommairement, le tableau. Partout où l'armée catholique a pu présenter un front uni, elle a remporté d'insignes victoires. Du jour où la discorde est entrée dans ses rangs, divisant les chefs, tournant les uns contre les autres les soldats, des heures sombres ont succédé aux heures glorieuses. Les succès du schisme, de l'hérésie, de l'incrédulité, sont dus pour une bonne part au manque d'union et de désintéressement des fils de l'Eglise.
Nécessaire à toutes les époques, l'union catholique l'est bien davantage depuis que la Révolution a rompu l'alliance séculaire établie par le droit chrétien entre les Etats et le pouvoir reUgieux,, et qu'elle a déchaîné contre l'EgUse toutes les puissances de l'erreur et du mal. La foi, la morale, l'école chrétienne, les Ubertés ecclésiastiques, courent dans les deux mondes de très gravesdangers. A l'idée d'un choc qu'il redoute, l'homme ramasse toutes ses forces de résistance. En présence d'une situation menaçante pour elle ou pour la vie morale des siens, rien de plus naturel ni de plus urgent que la société du Christ étouffe en ses membres tous les dissentiments, et qu'elle resserre les liens de son unité.
Léon XIII, dans ses encycliques, inculque fortement ce devoir :
Dans une lutte, dit-il/ où les plus graves intérêts sont en jeu, il ne faut laisser aucune place aux dissensions intestines ou à l'esprit de parti ; mais, dans un accord unanime des esprits et des cœurs, tous doivent poursuivre le but commun, qui est de sauver la religion et la société. Que si, dans le passé, des dissentiments se sont produits, il faut les ensevelir dans un sincère oubli, et, si l'on s'est porté à des actes injustes ou inconsidérés, quels que soient les auteurs de ces actes, il faut tout réparer par une charité réciproque.
Benoît XV, dès ses premières paroles adressées au monde chrétien, reprend ce thème toujours actuel de l'union :
Dans toute société humaine, écrit-il,- quel que soit le motif de sa formation, il importe au plus haut degré, pour le succès de l'œuvre commune, que les membres tendent de toutes leurs forces vers une même fin. C'est pourcjuoi il Nous faudra travailler par-dessus tout à faire cesser les dissensions et les discordes entre catholiques, à empêcher qu'il en naisse de nouvelles, à obtenir que tous soient unis dans une même pensée et une même action. Les ennemis de Dieu et de l'Eglise comprennent bien que toute division chez nous, dans l'œuvre de notre défense, devient pour eux une victoire. Aussi, i-ecourent-ils fréquemment à cette tactique : quand ils voient les catholiques bien unis, ils s'efforcent de jeter habilement parmi* eux des semences de discordes et de détruire ainsi leur cohésion.
Cette manœuvre, hélas ! n'a-t-elle pas trop réussi ? Voyons ce qui s'est passé dans notre ancienne