‹ Etudes et appreciations (volume 2)Chapitre 78 sur 169 · Som. théoL, ii-ii, Q. clxxx, art. 2 ad · texte numérisé non relu

Som. théoL, ii-ii, Q. clxxx, art. 2 ad

faux OU suspect. Mais il n'en demeure pas moins une vérité de fond, conforme à notre nature, et appuyée sur la rédemption. Et si les uns l'exagèrent jusqu'à éliminer toute notion de patrie, et si d'autres au contraire le méprisent jusqu'à préconiser la guerre fatale des races, nous devons, nous, tout en maintenant l'indispensable distinction des races et des patries, reconnaître, et ne jamais oublier, que les unes et les autres se sont édifiées sur les larges assises de la communauté d'espèce, d'origine et de destinée.

Benoit XV a vu, dans l'oubli de ce dogme. Tune des causes de l'immense conflit qui ensanglante le monde, comme aussi l'une des raisons des animosités qui rongent les entrailles de tant de nations. Et c'est pourquoi, dès le début de son règne, il a remis sous les yeux des peuples une si haute et si nécessaire vérité :

Jamais peut-être, a-t-il dit, on n'a parlée plus que maintenant, de fraternité humaine ; et cependant, à dire vrai, jamais la fraternité n'a été moins pratiquée que de nos jours. Les haines de races sont portées au paroxysme ; les peuples sont divisés par leurs rancunes encore plus que par leurs frontières ; au sein d'une même nation, et dans les murs d'une même cité, les différentes classes de citoyens se jalousent mutuellement, et chez les individus tout est réglé par l'égoïsme devenu la loi suprême.

Et alors le Pape déclare que " rétablir l'empire

Page 1