‹ Etudes et appreciations (volume 2)Chapitre 83 sur 169 · De La Faye, O'Cormell, p · texte numérisé non relu

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des nôtres s'émurent, et que nous eûmes l'honneur de commenter devant le public canadien. Le sage Pontife qui a fait (nous l'avons dit) du triomphe de la charité chrétienne dans le monde l'un des principaux objectifs de son règne, s'affligeait de nos dissensions. Il disait : " Qu'y a-t-il d'aussi pernicieux pour les intérêts catholiques, d'aussi étranger aux préceptes divins et aux principes del'Eglise, que ces divisions et ces luttes parmi lesfidèles du Christ ?" Il posait les principes généraux sur lesquels l'union catholique cauadienne, en matière de langue, doit se fonder, et il nous laissait entrevoir, dans un avenir prochain, la solution religieuse, soit par le concours des Evêques, soit par l'action directe du Siège Apostolique, de notre question bilingue.

Nous demandâmes alors à nos compatriotes d'avoir pleine confiance dans la parole du Pape et dans son esprit de justice. Cette confiance n'a. pas été trompée.

Benoît XV, par sa toute récente lettre Litteris apostolicis que les journaux ont publiée, nous donne une preuve touchante, et de sa haute sagesse, et de sa paternelle sollicitude. Il rappelle d'abord en peu de mots sa lettre précédente, les premiers effets de pacification qu'il eut la joie de constater, puis les incidents fâcheux qui survinrent et engagèrent les intéressés à prier humblement le Saint-Siège de prendre lui-même en main

cette affaire. Le Saint Père veut bien nous dire qu'il a examiné personnellement notre cause " avec le plus grand soin, eu égard à son importance," et qu'il l'a fait étudier par les Eminentissimes cardinaux de la Sacrée Congrégation Consistoriale., Son jugement formulé d'une façon brève et précise, et où l'on sent tout le poids et toute la maturité des grandes décisions romaines, porte sur deux points : l'objet en litige, et l'union des catholiques canadiens.

Parlant du règlement scolaire de l'Ontario d'où est sortie toute cette controverse, Benoît XV' reconnaît aux Franco-ontariens le droit d'en réclamer non seulement " les interprétations qu'ils souhaitent," mais encore " les modifications qu'ils croient désirables." Cet énoncé dont nos lecteurs saisissent facilement toute la portée, n'est que l'appUcation et le développement du principe posé, dans sa lettre antérieure, par le Pape, à savoir '*' que les groupes franco-ontariens ont le droit de défendre leur langue et de la faire enseigner, d'une façon équitable, dans les écoles." On l'a dit et répété : les Canadiens français de l'Ontario ne refusent pas de faire apprendre l'anglais à leurs enfants, mais ils veulent pour eux, en même temps, un enseignement efficace de la langue française, et ils prétendent être les juges de la mesure de français qui convient à ces enfants. Le Saint- Père, en leur permettant de réclamer toutes les

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coDcessions qu'eux-mêmes croient utiles \ consacre de sa suprême autorité " ce sentiment si conforme aux prescriptions du droit naturel.

Entrant dans les détails, Benoît XV envisage la question bilingue sous deux aspects très intimement liés entre eux, l'aspect religieux et l'aspect ethnique.

D'après les règlements actuels de l'Ontario, l'inspecteur des écoles catholiques bilingues peut être un protestant. Et, de fait, il l'a été. L'anomalie et l'inéquité de cette disposition scolaire sautent aux yeux. Aussi Sa Sainteté estime-t-elle qu'il y a lieu, pour les Franco-ontariens, d'en désirer la disparition, et de demander que les inspecteurs de leurs écoles séparées soient catholiques.

En outre, les règlements scolaires de l'Ontario, depuis 1913, apportent à l'enseignement du français dans les écoles bilingues des restrictions telles que les Franco-ontariens ont jugé la situation intolérable et désastreuse pour leur langue maternelle. Le catéchisme lui-même a été exclu du nombre des quelques matières susceptibles d'être enseignées, pendant deux ans, en français. La décision du Pape brise ces mailles de fer. D'après le Saint-Père, les Canadiens français de l'Ontario

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