Ktude présentée à la Sociclc Royale <'ii lOl'.t
Sept volumes, sans compter quelques publications connexes, forment le cadre où se déploie, sous la main de l'abbé Gosselin, la trame des événements dont ce prêtre érudit et patriote s'est fait le narrateur.
Le récit s'ouvre par le tableau des missions du Canada confiées aux Récollets et aux Jésuites. Il se poursuit par l'histoire du premier évêque de Québec, fondateur de l'Eglise catholique canadienne. Les missionnaires avaient préparé le terrain où Dieu voulait que s'implantât, dans cette partie de l'Amérique du Nord, un humble rameau de l'Eghse universelle, destiné lui-même à s'épanouir en une vigoureuse floraison.
Nous assistons donc au spectacle de l'immense travail d'organisation accompli par ]VIgr de Montmorency-Laval, et sur lequel, tour à tour, viennent se superposer les travaux de ses successeurs : Mgr de Saint-Vallier, Nos Seigneurs de Mornay, Dosquet, de L'Auberivière, Mgr de Pontbriand, le dernier évêque du régime français, puis l'illustre Briand à la mémoire duquel près de deux volumes sont consacrés, puis enfin Mgr Desglis. L'historien de notre Eglise était à coUiger et 'à coordonner les matériaux d'autres volumes où serait racontée la vie de Nos Seigneurs Hubert et Denaut, et où resplendirait la haute et brillante
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personnalité de Mgr Plessis, lorsqu'il fut frappé par la mort.
Il s'éteignait en plein labeur.
Ce labeur, dans les dernières années, accuse chez l'abbé Gosselin une précipitation \dsible, et comme la crainte de ne pouvoir exécuter tout le plan de l'œuvre conçue. De là des négligences de style, des inégalités de facture, des trivialités même qui déparent plusieurs pages de l'auteur. De là quelques jugements superficiels que des recherches plus soignées, et une étude moins hâtive eussent modifiés. De là encore quelques contradictions, légères, il est vrai, qu'un travail plus réfléchi eût évitées.
On reproche, non sans raison, au docte écrivain, d'être entré dans certains détails iudignes de la grande histoire. Il prenait trop à la lettre le mot célèbre de Léon XIII : Ne quid veri non audeat^. La véracité de l'historien l'obhge sans doute à tracer un portrait fidèle des hommes, à faire un récit exact des événements. Elle ne lui impose pas la tâche de mettre à nu toutes les plaies, de circonstancier toutes les misères, surtout quand ce réahsme indiscret n'ajoute rien aux conclusions péremptoires et souveraines où la vérité éclate^ et qui en sont comme la formule durable.
Quoi qu'il en soit, ces défauts que nous ne pou-