S.-J. Dawson, Dibals (1890), p
veau, et vivent en harmonie avec tout le monde. " Un écrivain désormais célèbre, également anglophone i, a démontré de son côté comment notre peuple, tout en se différenciant des races qui l'entourent, ne leur est certes pas inférieur.
Les vertus sociales du Canadien-français égalent ses vertus privées. Il est courtois, affable, hospitalier. Son large sourire et sa franche poignée de main désarment toutes les défiances. Il est plein de charité pour les pauvres qui lui tendent la main, dévoué et généreux pour les œuvres que, chaque dimanche, l'évêque ou le curé recommande. Sa bravoure s'est révélée sur tous les champs de bataille de la patrie, et elle est écrite en lettres de gloire que le fanatisme peut bien feindre d'ignorer, qu'il ne pourra jamais effacer.
Il y a, chez lui, au travers de ses aptitudes pour les arts pratiques, un goût d'idéalisme, un penchant d'intellectualisme remarquable, et qui le rend sensible à tout ce qui est noble et beau, au savoir, à l'éloquence, à la poésie, à la musique, aux gestes crânes, et aux légengendes glorieuses. Ce reflet de beauté morale, sur la figure de notre peuple, avait frappé I^ord Dufferin, et il le notait un jour en ces termes^:
Un des traits caractéristiques de votre nationalité, a toujours été celui de pouvoir égayer les occupations sérieuses de la vie. et d'introduire comme contraste, à côté de l'ombre monotone des labeurs do chaque jour, cette diversité et cet éclat d(; couleurs qui donnent un cachet unique à vos relations sociales. Cette heureuse disposition de votre caractère s'étend non seulement sur votre existence sociale, mais se retrouve partout où vous avez passé, dans votre architecture, dans votre littérature et dans votre histoire qui brillent d'une individualité toute sympathique. L'éclat, la puissance dramatique et une inspiration chevalcresiiue sont les traits dominants qui, dès le commencement, ont donné aux premières annales du Canada, ce cachet romanesque que l'on ne rencontre nulle part ailleurs sur ce continent.