Etude publié dans VAciion calholique (janv
2. Dans uno lettre récente (8 nov. 1918) à son secrétaire d'Etat, Benoit XV exprime l'espoir " que la concorde universelle puisse associer les peuples dans une ligne bienfaisante."
sociétés particulières tenter de grouper leurs forces, en vue de quelque bien à obtenir, de quelque péril à éviter. Nous les voyons conclure des traités, sceller des alliances, organiser des fédérations. L'intérêt commun a toujours été conseilleur de coalitions et créateur d'union. Et, en nos jours de luttes fiévreuses et d'ambitions effrénées, il l'est, il doit l'être, assurément, plus que jamais.
Nul problème ne semble donc plus actuel, et nul ne présente partout, en ce moment, plus d'intérêt, que celui de l'union des peuples. Et selon les aspects principaux que ce problème revêt, trois questions surgissent, trois interrogations se posent :
La société internationale entre-t-elle, d'après un idéal basé sur des principes fondamentaux, dans le plan providentiel de LAuteur de la nature et de l'humanité ? ^
Et, s'il en est ainsi, quels furent au cours des âges, les efforts tentés et les moyens mis en œuvre, plus ou moins heureusement, plus ou moins efficacement, par les nations et par leurs chefs, pour réahser cet idéal ?
Enfin, que peut-on espérer, dans les circonstances présentes, du mouvement inauguré par certains hommes d'Etat pour établir une fédération des peuples, et sur quels fondements cette ligue mondiale devra-t-elle se constituer pour répondre à l'attente générale, et pour couvrir l'hu-
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manité du rempart solide dont elle a besoin ? Tels sont les trois aspects sous lesquels nous apparaît, à l'heure décisive où il va se discuter, le problème de la société des nations. D'excellents publicistes ont déjà traité cette question en des pages pleines de doctrine. L'œil ou^'ert sur ce qu'ils ont écrit, nous voulons ramasser en quelques faisceaux ce sujet très vaste, et les pensées et les conclusions que la gravité des événements suggère.
En dehors des conventions librement consenties par les puissances et d'où résulte le droit international positif, il y a un droit international naturel antérieur à tous les accords. Ce droit découle des principes et des prescriptions de la loi morale appliqués aux sociétés dans leurs rapports mutuels.
Les rapports internationaux s'établissent par la force même des choses, et ils se précisent et prennent corps dans une société spéciale dont les liens, au sens le plus large, atteignent et embrassent l'ensemble de toutes les nations.
Sans doute, la société internationale, ébauchée par la nature, et formée et dével()pi:)ée par les faits, ne s'impose pas, dans des cadres organiques, avec la même impérieuse nécessité que les sociétés civiles particulières. Celles-ci sont des organisations
parfaites, indépendantes, capables jusqu'à un certain point de se suffire à elles-mêmes. Leurs ressources territoriales, leurs progrès, leurs armes, leurs frontières, peuvent à la rigueur, du moins pour un temps, les maintenir et les sauvegarder, d'une façon suffisante, dans leur existence et leur autonomie.
Toutefois, l'expérience démontre que les sociétés trop repliées sur elles-mêmes, trop fermées de part et d'autre aux échanges utiles et aux procédés bienveillants, se jalousent et se méprisent. Ces mépris, ces rivalités engendrent des haines, suscitent des convoitises d'où naissent les conflits les plus meurtriers. L'idée même et le besoin d'éviter ces chocs formidables incline, les unes vers les autres, les nations. Un instinct de paix, fait remarquer saint Thomas d'Aquin\ gît au fond de toutes les natures et de toutes les puissances appétitives. Et, en face de ce qui peut troubler la paix, les forces sociales, à l'instar des activités individuelles, tendent tout naturellement à se joindre et à s'associer.
Cet instinct se rattache à une racine plus profonde encore. Il sort des entrailles même de l'espèce humaine qui se retrouve, identique, chez toutes les nations. Par leur unité dénature, leur communauté d'origine et de destinée, tous les