Quesl. actuelles, t. l, p
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l'Evêque de Rome comme au juge naturel de leurs querelles, et comme à l'arbitre éclairé et incorruptible de toutes les questions internationales.
C'était donc une véritable " société des nations," organisée d'après les principes chrétiens, placée sous la tutelle de l'Eglise, et soumise à la loi du Christ, loi commune de justice, de charité, de fidélité, loi de paix, de liberté.
La Réforme, par ses doctrines de révolte, brisa cette unité, et opéra la rupture du bloc catholique. Sous l'influence des idées novatrices s'élabora un nouveau droit public, en marge de la loi morale, souvent même contre elle. La paix d'Augsbourg, l'édit de Nantes, les traités de Westphalie, furent les premières étapes ^ de cette voie où les nations, libres du joug de l'antique foi et des traditions religieuses, engageaient témérairement leurs destinées.
La société internationale entrait dès lors dans cette phase de son existence où, sous différents noms, l'intérêt, l'opportunité, la loi du plus fort, le mépris des Etats faibles et des petites nationalités, allaient maintes fois commander ses attitudes. Nul n'a mieux décrit, ni caractérisé avec plus de justesse et une plus haute philosophie, ces révolutions juridiques et sociales, que le Père de la
1. Droit public de l'Eglise. Principes généraux (2e éd.), pp. 304-
Brière, collaborateur distingué des Etudes de Paris. Dans cette revue d'abord, puis dans un volume où, sous le titre de Société des nations, il a réuni ses articles, l'éminent Jésuite nous montre comment, sous les vocables de " politique d'équilibre," de " directoire européen," et de " concert européen," la pensée internationale s'est inclinée, des hauteurs du principe chrétien, vers le système utiUtaire. On nous permettra deux citations.
La première est relative au Congrès de Vienne qui fut tenu à l'aurore du siècle dernier, et que dirigèrent les quatre grandes puissances alliées, l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse, la Russie.
Les négociateurs de Vienne, dit l'auteur', eurent le tort inexpiable de s'inspirer presque uniquement des méthodes de la •politique d'équilibre sans se préoccuper de ce que pouvaient être les âmes, les consciences, les traditions ou les aspirations de la plupart des peuples dont ils avaient disposé souverainement. On n'avait guère consulté d'autre règle que les convenances ou les caprices, les calculs ou les ambitions des grands Etats. On avait négligé de tenir compte de l'esprit national ; on avait souvent violé le principe môme d(^ la légitimité, dont se réclamait pourtant la Restauration européenne. Bref, on avait fait, comme autrefois aux traités de Westphalie, une œuvre d'empirisme politique, mais non pas une œuvre conforme à la nature et au droit.
Le P. de la Brière veut être juste. Il ne nie pas ce que les congrès, les conférences, les traités