‹ Etudes et appreciations. -- (volume 4)Chapitre 166 sur 173 · LE PAPE JUSTIFIÉ · texte numérisé non relu

LE PAPE JUSTIFIÉ

Nous sommes de ceux qui ont cru à la sagesse et à la clairvoyance de Benoît XV dès les premières notes de paix qu’il lança dans le monde affolé de la guerre

Aveuglés par la fumée des combats, par le camouflet d’une politique chauvine, passionnée et tendancielle, bien des catholiques hochaient la tête. Ils ne pouvaient comprendre cette attitude pacificatrice d’un pontife préposé par Dieu aux choses de la conscience, placé au sommet de l’humanité pour défendre et venger le droit.

Le défenseur du droit, de la conscience et de la morale, le gardien de tous les intérêts supérieurs de la société, était bien pourtant dans son rôle. La raison chrétienne le démontrait clairement alors. Les faits l’attestent aujourd’hui avec une clarté fulgurante. Et ils prouvent du même coup combien l’on était justifiable, je dirai plus, combien l’on était tenu de faire écho, dès le principe, à la parole du Pape. L’appel adressé par le Pape aux chefs des belligérants, pour la plupart hérétiques, schismatiques et libres penseurs, n’était sans doute qu’une invitation. Mais les catholiques avaient le devoir d’appuyer cette démarche, d’en montrer le but véritable et l’opportunité, et de mettre en tout leur jour les principes sacrés et primordiaux d’où elle s’inspirait.

Ce sera l’une des gloires du vénérable cardinal Bégin d’avoir, dans une lettre publique1, pris nettement la défense du Pape et de son appel en faveur de

la paix.

Pour remplir le rôle d’arbitre des nations , a-t-il écrit

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