Lettre à la Société bibliographique (18 janv
2. Civiltà cattolica, 3 mai 1919. — Voir, dans la même revue (1er fév. 1919), l’article intitulé : La Conférence de la Paix et les craintes de nouvelles guerres.
3. Dans l’allocution consistoriale du 3 juillet 1919, le Pape a
prononcé ces graves paroles : “ Sans la charité chrétienne,
omnis de pace conventio frustra erit. ” Et quelques jours après
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Hélas ! comme le faisait remarquer avec tristesse Ain publiciste français, la soi-disant “ Société des Nations1” récemment établie, et le traité de paix formulé par ses auteurs, portent la marque visible de l’apostasie des Etats : Dieu en est absent. Or, ce qui se fait sans Dieu, se fait contre lui2. Que pourrai t- -on en espérer pour le bien durable de l’humanité ?
Les chefs de peuples ont signé des conventions de paix.
Les peuples n’ont pas la paix.
La grande revue italienne, la Civiltà, si bien située pour connaître exactement et refléter fidèlement la vraie pensée du Saint-Père, ne peut se défendre d’attacher à la Conférence de Versailles le qualificatif de “ Babel politique : ” mot justifié par l’orgueil oublieux de Dieu, par la confusion, la palinodie et l’incohérence. Elle fait très opportunément la leçon à ces catholiques, laïques et prêtres, qui, s’estimant plus sages que le Pape,
<15 juillet 1919), dans une lettre aux Evêques allemands, après s’être réjoui de la fin du blocus maritime “ quæ tara multos, belli nullo modo participes, istic pnesertirn inter émit,” Sa Sainteté a rappelé de nouveau le précepte de la charité entre tous les membres de la grande famille humaine.
1. Cette société, pour le moment du moins, n’est qu’une alliance des nations victorieuses. Un sénateur américain l’a définie “ une ligue d’impérialistes.” Et le Père Ives de la Brière n’est pas loin de penser ainsi, lorsqu’il dit que le mandat, en vertu duquel certaines puissances se partageront la domination ou le protectorat des territoires enlevés à l’ennemi, est un ingénieux euphémisme “ qui permet de concilier avec une édifiante hypocrisie la réalité des conquêtes et le mensonge des
formules ” ( Libre Parole, 11 sept. 1919).
2. On avait d’abord exclu des missions catholiques tous les prêtres appartenant aux nations vaincues, surtout les Allemands. Ce n’est que grâce à une intervention énergique de Benoît XV que ce coup porté à la civilisation chrétienne a pu être, en bonne partie, détourné ( Civiltà catt., 19 juil. 1919).
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préférèrent aux directions papales leurs courtes vues et leurs visées politiques, et “ qui oublièrent que le catholicisme, de par sa nature même, sans exclure le devoir patriotique, remporte sur toutes les patries, et que, sans vouloir les amoindrir, il évite de les placer au-dessus des intérêts vraiment internationaux de l’universelle famille humaine et chrétienne1.”
Aux yeux de la docte revue, les faits, à mesure qu’ils se déroulent, donnent de plus en plus raison au Vicaire de Jésus-Christ.
Quelques avantages partiels, assurément très appréciables, ont été remportés. Des actes injustes et barbares ont été châtiés. Les convoitises d’une caste militaire redoutable ont été réprimées. Dans l’ensemble, toutefois, la situation née des derniers événements, et des principes qu’on y a posés, est une cruelle déception2. Elle a déchaîné une foule de maux, de soulèvements et de conflits, qui menacent les fondements mêmes de l’ordre social, et dont seul l’avenir pourra révéler toute la gravité3. On a immolé sur l’autel des intérêts et des droits particuliers, la cause du bien commun et du droit général.
1. Livraison du 17 mai 1919. — - Nous constatons avec regret, par des documents officiels, que le Gouvernement d’une des nations catholiques de l’Entente, la France, s’est employé à décourager toute tentative du Vatican “tendant à une intervention officieuse entre les belligérants ” (Docum. cath., t. n. p. 40S).