‹ Etudes et appreciations. -- (volume 4)Chapitre 20 sur 173 · Le Devoir, 1er avril · texte numérisé non relu

Le Devoir, 1er avril

celle de l’homme en fonction des affaires publiques. La plus grande émotivité de la femme, l’empire tyrannique que prennent sur son esprit ses sympathies et ses antipathies instinctives, l’hypnotisation qu’exerce sur toutes ses facultés l’objectif réel ou imaginaire de sa passion — être chose, idée, ou simple illusion — moins variable qu’on ne le pense, unique en tout cas, tant que dure l’obsession, enfin, son extraordinaire intuition des détails, toutes facultés précieuses dans les sphères où la femme est chez elle, la rendent au contraire plus incapable que l’homme, si infirme qu’il soit, d’envisager les situations d’ensemble, de subordonner le particulier au général, de sérier et de hiérarchiser les questions ; et c’est tout cela qu’exige avant tout la science du gouvernement des sociétés.

Dans une lettre doctrinale à ses prêtres, le vénérable Evêque de Chicoutimi 1 a résumé toute cette question en quelques mots aussi justes qu’autorisés :

C’est une erreur d’arracher la femme à son foyer pour la jeter dans l’arène politique. La politique n’y gagnera rien, et les femmes y perdront, avec le temps nécessaire pour soigner leur ménage et bien élever leurs enfants, le prestige délicat dont elles jouissent et qui les entoure d’une si haute estime. Le suffrage féminin nous paraît l’un des plus sûrs moyens de découronner la femme, de désorganiser la famille, et de compromettre l’avenir de la jeunesse chrétienne.2

Page 1