Léon XIII, encycl. Arcanum, lOfév
2. Som. théol., n-n, q. civ, art. 5. — Cf. Suppl., q. lii, art. 2.
LE SOCIALISME D’ETAT
lement de l’autorité religieuse qui seule peut ajouter aux empêchements de droit naturel de nouvelles barrières. L’Etat sortirait donc de son rôle en imposant à tous ceux qui veulent se marier la loi d’examen médical qu’on lui demande. Il s’attribuerait, au seuil même de la famille, une fonction que nous lui dénions, et qui serait une atteinte injustifiable à la liberté individuelle et aux droits certains de l’Eglise.
Au reste, cette usurpation ne serait pas plus grave que celle par laquelle le pouvoir civil prétend rompre à son gré le lien sacré du mariage. Les lois du divorce, si répandues de nos jours, sont une des formes les plus percinieuses de l’étatisme qui envahit tous les domaines. Il y a, dans la trame socialiste, une logique à laquelle nous ne pouvons nous défendre de rendre hommage. Avant d’enlacer dans ses mailles l’enfance et la jeunesse, elle va saisir les parents eux-mêmes dans le mystère intime de leur hymen, sur lequel les gouvernements étendent une main sacrilège h
1 . L’anarchisme ou le bolchévisme qui, somme toute, ne diffère du socialisme que par les moyens d’action, a inscrit dans son programme la communauté des femmes, lesquelles sont censées propriété de l’Etat. — Notre gouvernement fédéral unioniste ne vient-il pas de reconnaître aux concubines des soldats les mêmes droits qu’à leurs épouses légitimes ?
Le suffragisme est une autre preuve que l’on glisse rapidement sur la pente collectiviste h Les Etats se donnent la main pour adopter des mesures qui ouvrent à la femme la carrière politique. C’est la ruine des traditions du foyer, le renversement de la hiérarchie domestique, l’égalitarisme appliqué à cette moitié de notre espèce dont la gloire consiste précisément à se distinguer, par ses traits propres et ses fonctions particulières, de l’autre moitié. N’en soyons pas surpris. On ne fait que tirer l’une des nombreuses et si dangereuses conclusions du principe socialiste fondamental, d’après lequel toutes les inégalités sociales doivent être supprimées.
C’est en vertu de ce principe que le socialisme d’Etat prend pour tâche d’établir et de tenir sous sa gouverne, dans tous les pays, des écoles communes où se mêlent et se fusionnent toutes les races et toutes les croyances.
Le mouvement s’accentue avec une force et un ensemble qui révèlent la plus formidable poussée. Aux Etats-Unis, par exemple, on est en voie de centraliser, entre les mains fédérales, l’influence scolaire. Des régions de Washington est parti, l’an dernier, un mot d’ordre ayant pour but de faire disparaître dans toutes les écoles, soit publiques, soit privées, l’enseignement de toute au-