L'UNION NATIONALE
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Il y a cinquante deux ans, était sanctionné par le Parlement impérial d’Angleterre, l’Acte de la Confédération canadienne.
Cette union politique, composée d’abord des plus anciennes provinces du Canada, et où les autres sont entrées depuis, a-t-elle répondu à toutes nos espérances ? et peut-on dire qu’elle a produit tout le bien auguré par nos chefs, et attendu par le peuple franco-canadien ? On nous permettra d’en douter.
Sous ce régime, certes, de grands progrès ont été accomplis. La population s’est accrue ; et la surface du sol, sous l’effort gigantesque de nouveaux bras, de nouvelles machines, de nouvelles industries, s’est singulièrement transformée. Le corps social canadien s’est développé d’une façon merveilleuse. Mais l’esprit qui devait animer ce corps, mais l’âme canadienne elle-même, il faut bien l’avouer, n’a pas grandi dans les mêmes proportions. Tiraillée en sens divers, travaillée pâr des ferments de haine, dominée plus d’une fois