‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 132 sur 137 · La Renue Eucharistique, juin · texte numérisé non relu

La Renue Eucharistique, juin

APPENDICES

Le haut crédit dont jouit à Rome l’illustrissime Archevêque de Québec ne date pas d’hier, et l’idée d’en fane un membre du Sacré Collège n’est pas une éclosion tardive de 1914.

Léon XIII avait pour l’éminent prélat la plus grande estime. Et un jour qu’il s’entretenait avec un personnage officiel des affaires de l’Eglise et des hommes qu’il y voyait mêlés, il en vint à parler du Canada et de Sa Grandeur Mgr Bégin, et il apprécia l’Archevêque de Québec par cette parole digne d’être conservée dans nos annales : vera perla di prelato (vraie perle de prélat). Ce jugement porté par Léon XIII est de 1902, et nous tenons le fait de la bouche même de la personne qui reçut cette confidence papale. C’est notre conviction que le grand Pontife, pris d’admiration pour les vertus, l’esprit apostolique, la fermeté de doctrine de notre vénéré Archevêque (fermeté que celui-ci montre spécialement dans toutes les questions scolaires de l’Ouest, sans excepter celle du Keewatin)1, songeait dès lors à faire Mgr Bégin cardinal.

Pie X ne tarda pas à entrer dans la pensée de son prédécesseur touchant les mérites de notre Archevêque et le meilleur moyen de les reconnaître.

Dès les premiers temps de son pontificat, Il eut l’occasion de déclarer à un prélat canadien que c’était bien son intention de donner un successeur au cardinal Taschereau, et qu’il ne pouvait ne pas songer au très digne métropolitain de Québec.

C’était déjà chez Sa Sainteté Pie X comme une idée fixe ; et ce qui contribuait à entretenir et à affermir son dessein, c’était les éloges qu’on faisait de toute part, à Rome, de la science, de la bonté, de la modestie, du grand dévouement pastoral, de la haute clairvoyance sociale de Mgr l’Archevêque de Québec.

Nous nous rappelons en quels termes flatteurs et

1. De cela, l’auteur de cet ouvrage a eu personnellement, et à plusieurs reprises, des preuves irrécusables.

APPENDICES

avec quels accents de réelle admiration feu le cardinal Cavagnis nous parla un jour des rares qualités de Mgr Bégin. Il avait lu la sentence arbitrale prononcée par Sa Grandeur pour mettre fin à des difficultés survenues dans l’industrie de la chaussure à Québec, et il trouvait éminemment sage ce jugement si bien assis sur la doctrine de Léon XIII.

Pie X savait tout l’intérêt porté par notre Archevêque aux classes laborieuses, et personne n’ignore quel magnifique Bref salua, il y a quelques années, la fondation parmi nous de l’Œuvre de la Presse catholique et de l’Action Sociale catholique.

Lorsque, à plusieurs reprises, nous eûmes l’honneur d’être reçu en audience privée auprès du Saint-Père. Sa Sainteté s’informa chaque fois de la façon la plus affectueuse de Mgr Bégin, et les faveurs sollicitées en son nom recevaient, sans retard, le plus bienveillant accueil.

Des personnages bien renseignés ne cessaient d’affirmer que l’élévation de Sa Grandeur au cardinalat était chose décidée en principe, et que le Pape n’attendait que le moment opportun.

Il y a deux ans, on put croire que ce moment était venu. Quelques semaines avant la proclamation officielle des nouveaux cardinaux, dont on mentionnait les noms, celui de Mgr Bégin, à Rome, errait sur toutes les lèvres. Et, lors du Consistoire, des amis de notre Archevêque prétendirent qu’il était le Cardinal réservé in petto dont le Saint-Père avait parlé. Plusieurs cependant affirmèrent que c’était l’Archevêque de Lisbonne.

Le Consistoire de 1914 vient de marquer l’heure fixée par la Providence pour honorer une seconde fois de la pourpre l’antique Siège de Québec, et, dans la personne du successeur de Mgr de Laval, le Canada catholique tout entier.

D’autres personnalités canadiennes étaient sans nul doute très dignes de ce grand honneur : il échoit à P Eglise- mère.

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