‹ Etudes et appreciations. -- (volume 5)Chapitre 22 sur 137 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

PATRIOTISME ET NATIONALITE

dien eurent sans doute à lutter contre le fanatisme de l’époque pour établir effectivement la langue française dans la position à laquelle elle avait droit ; mais cette lutte vaillante fut couronnée de succès1. Jusque dans la législature hautcanadienne, les ontariens de 1793, imbus des principes du dualisme social dont la nécessité dès lors s’imposait, voulurent faire à la langue française une part honorable, et décréter la traduction de toutes les lois en cette langue pour l’avantage des habitants français présents et futurs2.

L’oligarchie sectaire implantée au Canada, et opposée tout ensemble à la langue française et à la foi catholique, ne se tint pas pour battue. Des menées sourdes préparèrent le projet d’union de 1822, projet nettement anti-français, mais que l’énergie des nôtres fit échouer3. Puis, cette idée fut reprise et aboutit finalement à la constitution de 1841, laquelle fusionnait les deux législatures en une seule, et proscrivait, à la Chambre, l’usage de la langue française. C’est alors que Lafontaine, avec ce patriotisme qui en a fait l’un des plus grands et des plus courageux protagonistes de nos libertés, se dressa en plein parlement contre l’injustice triomphante, viola de son verbe le plus fier la loi

1. L’Abbe Groulx, Nos luttes constitutionnelles, v : les Droits du français, pp. 9-11.

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