L. Durand, Discours de Sorlat
l'organisation professionnelle 219
précisément l'esprit croissant d'exclusivisme et de monopole dont ce régime se laissa pénétrer. ^ Léon XIII l'enseigne positivement, la liberté du travail doit être respectée.
Les ouvriers, dit-il, 2 ne devront jamais oublier qu'ils ont certes raison de revendiquer et de sauvegarder les droits du peuple, mais toujours sans manquer à leurs propres devoirs. Et ils en ont de très grands : respecter le bien d'autrui, laisser à chacun la liberté pour ses propres affaires, n'empêcher personne de donnei* son travail où il lui plaît et quand il lui plaît.
Or, les syndicats obligatoires font fi de ces prescriptions. Par l'intrigue, par l'injure, par la violence même, ils exercent sur les ouvriers non syndiqués une véritable tyrannie. Cette tyrannie, due très souvent à l'audace de quelques meneurs, se pratique jusque au sein de certaines organisations ouvrières dont les membres se voient contraints et assujettis par des liens occultes, bien au delà de la mesure dans laquelle ils ont pu eux-mêmes, en se syndiquant, aliéner leur liberté. ^
Le travail libre compte des adversaires déclarés, au Canada comme ailleurs. J'en ai lu récemment la preuve dans une publication officielle de notre
1. Martin Saint-Léon, ouv. cit., pp. 517-520. — Ajoutons que les conditions modernes du travail, trè? différentes de celles de jadis, s'opposent bien davantage à une réglementation restrictive de la liberté (Périn, De la richesse, 3e édit., 1. 1, pp. 340-343).