Lettre aux Evêques de Vénétie
en esprit de révolte contre les autorités sociales et religieuses.
La foi populaire est atteinte, et la justice aussi.
Nous craignons, poursuit le Pape, ^ que, dans la revendication de ce qui leur est dû, les pauvres n'aillent parfois, oublieux de leurs devoirs, jusqu-à empiéter sur les droits d' autrui, que la religion leur ordonne de tenir pour aussi sacrés que les leurs.
Le grand devoir des prolétaires, c'est de se conduire " comme de dociles enfants de l'Eglise, celle-ci parût-elle leur accorder moins que les adversaires ; car, au lieu d'avantages excessifs, mais illusoires, elle leur promet des biens légitimes et durables. Qu'ils se souviennent que, mère de tous les hommes, elle les entoure pourtant, eux, d'une affection de choix, et que, s'il lui arrive de prendre la défense des riches, elle les défend, non parce qu'ils sont riches, mais parce qu'ils sont victimes d'attaques injustes."^
Il importe plus que jamais de maintenir l'ordre des droits et des devoirs sur lequel est fondée la société.
Par suite de la prolongation d'une guerre affreusement meurtrière '' qui est venue développer et exaspérer la haine entre les classes et