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La vitalité chrétienne (6e éd.), p

n^en sont, pour ainsi dire, que le prolongement varié et indéfini. Beaucoup d'universités modernes prétendent enseigner à leurs élèves la science du droit, sans leur parler de Dieu, ni de cette loi première dont le Créateur a lui-même imprimé les principes dans la raison et la conscience de l'homme. Là est le secret de tant de lois odieuses par leur injustice, négatrices des libertés les plus sacrées, génératrices de troubles et de conflits sans fin. L'enseignement juridique chrétien se fait gloire de puiser aux sources de la philosophie sociale et des canons de l'Eglise, les doctrines essentielles dont il a besoin. Des leçons supérieures de droit naturel ont déjà été données, dans le passé, du haut des chaires de notre université québecquoise. Avant longtemps, ces leçons prendront la forme d'un enseignement plus régulier et plus complet.

Parlerons-nous des sciences physiques ?

Ces sciences si appréciées de nos jours, et qui, grâce à tant d'importantes découvrtes, provoquent de toute part une admiration sans bornes, loin de rien perdre, affirme Léon XIII, à la restauration de l'antique philosophie, y gagnent singulièrement. ^

Il n'est pas nécessaire d'être très versé dans les sciences médicales pour savoir v^ue l'étude de l'organisme humain, et des affections morbides

l. Encyclique jE terni Patris, 4 août 1879.

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auxquelles Thomme est sujet, ne sauraient, sans danger d'erreurs très graves, faire abstraction de la psychologie, d'une solide connaissance de l'âme humaine, de même que le traitement des maladies et le soin des patients doivent être subordonnés aux exigences de la morale chrétienne. Un cours spécial ayant pour but de montrer les relations de la médecine avec la mé- ; taphysique et la loi morale, trouve tout naturel- ^ lement sa place dans un établissement univer- < sitaire catholique, et offre aux étudiants une (matière du plus puissant intérêt.

' Au moment où les regards se tournent avec ! bienveillance vers le haut enseignement, nous avons cru utile de formuler ces quelques remarques dictées par l'unique souci et l'espoir certain de voir notre Université, toujours si sincèrement catholique, grandir dans le sens de ses plus nobles traditions.

Jamais la société ne s'est vue en proie à des luttes intestines aussi vives, à des convulsions aussi menaçantes que celles dont le spectacle ■ie déroule, depuis quelque temps, sous nos yeux.

Ce mal éclate partout, et de toutes parts élève le cri qu'il est urgent d'y porter remède.

Des unions s'organisent, des congrès se tiennent, des articles se publient, des livres se composent, des projets de loi s'élaborent, qui ont pour but de résoudre la question sociale. Mais les solutions varient selon les doctrines. Et seule la doctrine catholique basée sur les enseignements du Christ et la saine philosophie, peut offrir des principes dont l'application et l'influence répondent à tous les besoins. Elle est la seule vraie, partant, la seule salutaire.

Cette doctrine contenue dans les lettres des Papes et les écrits des maîtres chrétiens, il faut qu'elle soit étudiée, exposée, commentée ; il faut qu'elle se répande. D'effroyables erreurs envahissent les esprits, troublent et dévoient l'opinion. Le socialisme, le naturalisme, le matérialisme, l'utilitarisme, ont conquis d'immenses multitudes que des chefs d'école remuants et tenaces enchaînent à leurs théories captieuses. Il appartient principalement aux Universités catholiques de rompre la trame de ces théories, de refouler la vague de ces erreurs, par un enseignement ferme, pénétrant et efficace. Dans leur récent mandement sur les motifs de venir en aide à l'Université Laval, les évêques de la province ecclésiastique de Québec mentionnent expressément cette noble tâche :

Il nous semble, disent-ils, spécialement nécessaire que les cours dont relèvent les si épineuses questions,

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religieuses et sociales, de notre époque, élargissent

leurs cadres et s'ajustent, autant que possible, à toutes

I les nécessités du jour, en corformité des principes

t posés par les Papes, et qui seuls offrent aux peuples

I de solides garanties de justice et de paix. Le monde

I traverse une crise intellectuelle très grave. Nous ne

I pourrons y faire face qu'en fortifiant, à la lumière

I des doctrines de la sainte Eglise catholique, les centres

d'enseignement, d'oià la pensée des maîtres rayonne sur

les élèves, et, par eux, sur les esprits qui jouent un

rôle éminent dans la société.

L'œuvre de la pacification sociale requiert le

concours harmonieux de trois facteurs, l'Eglise,

l'Etat, les particuliers. ^

\ Les Papes n'ont qu'une voix pour dire quelle

ï fonction essentielle, fondamentale, échoit à la

( religion dans le règlement des questions ouvrières,

I et quel bien immense peuvent faire, en ce domaine,

des ecclésiastiques savants, zélés, et expérimentés.

Dans une lettre du 11 mars de cette année à

l'évêque de Bergame, Benoît XV écrivait :

Nous voulons que les prêtres considèrent comme une de leurs obligations de se consacrer le plus possible à la science et au mouvement social par l'étude, le contrôle ou l'action, et de collaborer par tous les moyens avec ceux qui, sur ce terrain, exercent une saine influence en vue du bien général. ^

1. Encycl. Rcruni novaruin. — Voir notre Droit Puhlic de V Eglise. U Action rdig. et la loi civile, ive P., ch. 6, 7, 8.

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