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Saint Thomas, ouv. cit., q. xxxii, art

ont plus, pour aider ceux qui ont moins. C'est s'assurer des trésors de mérites, d'innombrables grâces de miséricorde et d'expiation. C'est se créer des titres solides à la reconnaissance publique, et poser, pour soi et pour les siens, les^ fondements d'une gloire plus durable que tant de renommées pompeuses, bientôt enfouies dans l'oubli des siècles.

S'il nous fallait un troisième motif d'espérer que nos concitoyens voudront se montrer généreux envers l'Université de Québec, nous l'emprunterions à leur patriotisme reconnu, lequel saisit avec bonheur toutes les occasions de s'affirmer.

Rien n'est plus patriotique, en effet, que de soutenir les œuvres où s'alimente la vie nationale.

La grande force d'un peuple, le principe de ses plus hautes conceptions, le moteur de ses plus nobles activités, réside dans ses églises et dans ses écoles. Nous souhaitons tous pour le Canada français, pour le Canada catholique, des jours de paix, un accroissement de gloire, de prospérité, et de grandeur. L'école de moralité^ de science, d'entraînement intellectuel qu'est l'Université Laval, n'a été fondée et ne subsiste que pour réaliser ce vœu. Elle constitue l'un des boulevards de notre nationalité, l'une des places fortes de notre religion. Il s'y forge, pour

l'œuvre universitaire 95-

les luttes de l'Eglise, pour les revendications de la langue, pour la conservation de tout Tordre social, des armes précieuses, qu'il ne tient qu'à nous de rendre plus puissantes encore.

L'Université fait l'œuvre de tous.

La cause qu'elle représente est notre cause à tous.

I Ses portes sont ouvertes à tous ceux de nos compatriotes

t que leurs goûts, leurs dispositions, poussent vers les hautes études. . . C'est une institution qui doit être regardée comme un patrimoine commun, et dont les

; plus humbles fils de cultivateurs et d'ouvriers peuvent être un jour appelés, non seulement à recueillir les

i fruits, mais à gravir les sommets. ^

' Il est donc juste, et souverainement désirable,

tque, dans les diocèses de notre province, tous les foyers franco-canadiens, toutes les familles catholiques, participent de quelque manière à la

.souscription, qui s'inaugure en faveur de Laval.

I II est juste et désirable surtout que nos coreligionnaires des classes aisées, imitant le zèle des protestants pour leurs institutions enseignantes, ne se laissent devancer par eux, ni en générosité, ni en clairvoyance.

L'argent donné pour les progrès de l'œuvre universitaire est un placement bien supérieur à ceux qu'effectuent, dans le monde des affaires, les financiers les plus habiles. Ce placement

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