‹ Études et expériences synthétiques sur le métamorphisme et sur la formation des roches cristallinesChapitre 16 sur 34 · MÉTAMORPHISME DE JUXTAPOSITION · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHISME DE JUXTAPOSITION

MëtaoïorpbiHDe Quaud unc Tochc a fait éruption des profondeurs, les couches de joiupotitjon. q^'eUg travcrsc ont en général été modifiées dans son voisinage.

* Les exemples connus formeraient un traité de géologie descriptive tout entier ; je ne les détaillerai pas , et me bornerai à de simples énoncés : je renverrai , pour ce qui les concerne, aux excellents ouvrages de géologie générale, particulièrement à ceux de MM. Naumann, Studer et Lyell.

' Je crois devoir me servir de cette dénomination, au lieu de celle de mé-

Quiél({uefois cette modification des roches encaissantes est VariatiooB détendue réduite à une lisière très -mince, de quelques millimètres, et la wne modifiée. les changements produits sur cette faible épaisseur sont même peu prononcés ^ Dans d'autres cas, et particulièrement quand la roche qui a percé est de nature granitique, l'étendue de la zone modifiée, aussi bien que les changements plus complets qtii y ont été opérés, dénote une action beaucoup plus éner-

Non-seulement l'étendue de la zone modifiée varie suivant la Cette étendue varie nature de la roche éruptiye, mais, pour une même roche, et dans une m^me roche. une même contrée, cette étendue présente de grandes différences^. Près du granit, elle est souvent de quelques centaines de mètres, et va exceptionnellement à trois mille mètres; par exemple, aux environs de Christiania, cette bordure est moyennement de trois cent soixante mètres; dans les Pyrénées, elle atteint jusqu'à quinze cents mètres avec des effets parfaitement caractérisés ^. On remarque que la transformation s est en général propagée plus loin , entre les angles rentrants formés par la roche éruptive , que vis-à-vis

(amorphisme de contact, que Ton emploie ordinairement, parce que les modiiicatîons auxquelles elle s*applique s*étendent quelquefois beaucoup au delà du contact des roches. Le mot local ne paraît, d* ailleurs, pas assez caractéristique.

^ G>mme exemple, je me bornerai à citer beaucoup de ûlons de basalte qui coupent le terrain jurassique de TAlpe du Wurtemberg. Le granit lui-même n a pas toujours modiûé le schiste, lors même qu*il a été assez fluide pour y être injecté en filons, cofnme dans les Vosges, prés de Wesserling. (Ed. Collomb, Bulletin de la Société géologique j l. IV, p. ii&dS.)

* La craie du nord^est de Tlrlande n*est aucunement modifiée auprès de certains filons de trttpp; elle est, au contraire, devenue cristalline près de ceux qui sont plus puissants : dans ce dernier cas , la modification s'étend rarement au delà de trois mètres. La même roche forme des filons dans TîledeSky, en Ecosse; le lias est modifié près de quelques-uns d'entre eux, tandis qu'il ne l'est nullement au contact d*autres, sans qu'on puisse se rendre compte de la cause de cette différence. (Oenhausen et von Dechen, Karstens Archiv, t. I, a' série, p. 99.) Les roches du terrain de transition des Vosges, dans lesquelles le granit a pénétré en filons, présentent des différences bien plus grandes encore : tantôt la modification est insensible, comme dans la vallée de-Wesserling; tantôt elle est fortement prononcée, comme à Andlau et à Barr.

^ Durocher, mémoire déjà cité.

des parties saillantes (Charop-du-Feu dans les Vosges \ enTirons de Christiania].

iHttore trèt-van^ Quant à la natuTe des modifications subies par les roches enmodificatMi» caissantes, elles sont tellement variées, qu'il est difficile de les ^nS-iante.. resumcr ^

Quelquefois il ne s'est fait qu'un nouvel arrangement moléculaire : ainsi le calcaire est devenu saccharoîde, conune le marbre statuaire; ailleurs, ce sont des grès qui sont changés en quartzite (île de Sky).

Les combustibles minéraux se sont généralement modifiés, en perdant une partie de leurs éléments constitutifs'. Cest ainsi que le lignite a été changé en houille, en anthracite et parfois même en graphite (graphite exploité à Omenak au Groenland, dans le terrain tertiaire, terrain où il est également connu à Java). La houille est quelquefois passée également à Fun de ces deux derniers états (graphite d'Ecosse, graphite et anlhracite de Worcester, près Boston, Etats-Unis). Plus rarement la houille et le lignite se sont transformés en une sorte de coke ^. Du bitume accidentellement isolé de ces combustibles s'est fixé dans des roches plus ou moins voisines (Lobsann, dans le Bas-Rhin, Bering, en Tyrol).

Le plus souvent il s'est développé de nouvelles combinaisons cristallines, soit avec les éléments qui préexistaient dans la roche, soit avec le concours d'éléments nouveaux qui y ont été intro-

' Le terrain de transition est modifié d*ane manière beaucoup plus complète , et sur plus d*étendue, dans le haut de la yallée de Barr, que dans les vallées de Ville et d*ÂndJau; cela parait résulter de ce qu^au lieu de border simplement le granit, il forme, dans la première localité, une longue bande qui est comme encastrée au milieu du granit et de la syénite. (Description géologique du Bas Rhin, p. 54-)

' Dans son travail sur le métamorphisme de contact, M. Delease en a rapproché et examiné de nombreux exemples. (Annales des mines, 5* série, t XII, p. 89.)

^ Ce qui n*a pas empêché qu'ils ont souvent acquis aussi de nouveaux minéraux comme les autres roches, par exemple, des zéolithes.

* Cette dernière transformation signalée près de roches trappéennes , par exemple dans le pays de Newcastle, n*a pas été observée jusqu'à présent k proximité de roches granitiques.

duits, soit enfin par rélimination de quelques-uns de ceux qui s'y trouvaient ^

Parmi les minéraux qui se sont le plus fréquemment formés dans les schistes argileux, on peut citer la mâcle ou chiastolite, la staurotide, le disthène, le mica qui est souvent en paillettes très-petites et appartient à deux espèces, les feldspaths orthose et anorthose, lamphibole, qui est quelquefois assez abondant pour constituer im schiste amphibolique ^, la tourmaline ', etc. Ces minéraux se rencontrent en général dans le voisinage du granit.

C'est principalement dans les calcaires qu'il s'est développé une grande variété de minéraux, parmi lesquels je mentionnerai le grenat, l'idocrase, l'amphibole, la woUastonite , l'épidote, la paranthine, le dipyre, la couzeranite, le mica magnésien, la gehlénite, le chondrodite, le spinelle*, la serpentine, le talc, la chlorite, la terre verte, les zéolithes, certaines argiles, etc. Ces divers minéraux n'appartiennent d'ailleurs pas exclusivement à cette seule espèce de roches^. Ainsi les zéolithes se rencontrent non-seulement dans des calcaires, mais aussi dans les roches argileuses, les grès, quelquefois même les combustibles minéraux, lorsque ces roches ont été traversées par des éruptions trappéennes ^.

Dans le voisinage de roches éruptives de toute espèce, granit et autres, le quartz s'est souvent accumidé, soit en masses cristallines ou compactes, soit à l'état de jaspe''. Cette sorte d'ubi-

' C*e5t ce dernier cas qui parait être arrivé dans les quartz grenus- du Brésil. ' Environs de Christiania.

^ Hornfels du Hartz.

* Monzoni, Somma, calcaire silurien de Sparta, aux États-Unis.

^ Cependant quelques-uns, comme la woUastonite et la gehlénite, n ont, jusqu à présent, été trouvés que dans le calcaire.

* Calcaire tertiaire du conglomérat du Puy-de-la-Pîquette , marnes des îles des Cyclopes, avec beaux cristaux d^analcime, schistes argileux d'Ândreasberg, au Hartz, et de Tile d*Ânglesey, grès tertiaire de Wildenstein, en Vétéravie, d*aj^arence vitrifiée. Des zéolithes se sont même développés aussi dans le granit, près des filons de basalte qui le traversent, par exemple dans Tîle d*Ârran [Boue ^ Essai géologique sur l'Ecosse, p. 499)* et à Haustein, dans la Forét-Noire. (Schill. Neues Jahrbuch, 1867, p. 36.)

' Toscane, Grèce, Oural, elc.

quité appartient encore aux autres minéraux des filons métallifères, tels que les carbonates à base de chaux, de magnésie et de fer, la baryte sulfatée , le spath fluor, le fer oligiste ' .

Comme exemples de ces actions, dont les variétés sont sans nombre, je rappellerai la localité classique du Hartz, où le schiste avoisinant le granit (homfels) prend du mica, du feldspath, de la tourmaline, de la chlorite, du grenat^; le Comouailles , où Ton rencontre les effets du même genre*; les Vosges*, les Pyrénées, la Bretagne*, la Norwége, etc.

La roche irausforméc Quelquefois les Tochcs qui avoisinent le granit ou. la syénite jparfois sont tellement modiûées qu^elles prennent elles-mêmes tout à fait àuncî^c* * 'es caractères d'une roche éruptive. Ainsi, dans les Vosges, le éniptiye. schistc argUcux passe par degrés à des pâtes de nature feldspathique, quelquefois porphyroïdes, et à des porphyres verts, parsemés d'anorthose et d'amphibole. Des faits semblables ont été observés dans beaucoup d'autres contrées®.

La roche transformée est souvent devenue amygdaloïde; dans certaines régions de l'Allemagne elle porte le nom de schaalstein''.

' Tantôt le quartz a été simplement isolé par la décomposition de silicates préexistants, comme on le verra dans la troisième partie; tantôt il résulte, comme les autres gangues des Qlons métallifères, d*un apport bien manifeste.

' D'après HofFmann et Zincken.

* De la Bêche, Geological report on Comwall, p. 267.

* Daabrée, Description géologique du Bas-Rhin, p. 3a et 5a.

* D*après les mémoires précités de Palassou, Dufrénoy et de M. Durocher.

* Aux environs de Dublin , d*après la description de M. Scouler, les modifications seraient identiques à ce que Ton a observé dans les Vosges. (Bulletin de la Société géologique de France, i** série, t. VII.) Beaucoup de porphyres verts pyroxéniques et de jaspes de TOural ont été attribués, par Ed. G. Rose, sir Roderick Murchisoo et M. Le Play, à tin métamorphisme. (Comptes rendus, t. XIX, p. 867, ReisenachOuml, t. II, p. i85.)

^ Ces roches amygdaloîdes passent fréquemment à desL calcaires fossilifères, et prennent souvent elles-mêmes Télat de conglomérais (Steingraben dans les Vosges, Nassau, contrée de Brilon, en Westf^alie, où elles sont associées au porphyre labradorique, Paimp<^, en Bretagne, lac Supérieur et Nouvelle -Ecosse). CÔiains spilites des Alfei et de TEstcrel sont considérés par M. Gras comme métamorphiques.

On sait en outre que la roche éruptive a souvent subi elle- Modification

, !•/»• 1 1 •• 1 1 .de la roche éruptive

même des modiiications dans Je voismage des roches encais- eiie-méme. santés ^

Les diverses transformations que je viens de signaler forment Action différente donc, autour des granits et des autres roches éruptives, comme sdon qudiei «ont des auréoles irrégulières. M. Élie de Beaumont a montré que, ouuiique^ suivant que la roche est acide , c'est-à-dire avec excès d'acide silicique, ou qu'elle est basique, les gîtes métallifères en relation avec elle présentent deux types distincts. Il en est de même des auréoles métamorphiqueis dont il est question, et les observations de IVf. Delesse ont contribué à le faire reconnaître. Ainsi, d'une part, les zéolithes, qui ont si souvent pris naissance près des roches trappéennes, n'ont pas été signalées près d'épanchements de granit^. D'autre part, cette dernière roche, à l'exclusion de toute autre, a produit certains minéraux : tels sont les silicates alumineux connus sous le nom de mâcles et de staurotide, si communs dans les schistes argileux de la Bretagne. Des schistes micacés et feldspath iques enveloppent très-fréquemment les massifs de granit sur de grandes épaisseurs, dans les Pyrénées et ailleiu^s; on ne connaît rien d'analogue auprès des trapps.

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