‹ Études et expériences synthétiques sur le métamorphisme et sur la formation des roches cristallinesChapitre 21 sur 34 · DÉCOMPOSITION DBS ROCHES 8ILIGATÉBS ET SOURCES MINÉRALES · texte numérisé non relu

DÉCOMPOSITION DBS ROCHES 8ILIGATÉBS ET SOURCES MINÉRALES

Des causes, paraissant avoir une certaine analogie avec celles qui ont changé les couches sédimentaires en roches cristallines, ont souvent produit un e£Fet inverse , et ont transformé des roches silicatées cristallines en silicates hydratés, tantôt amorphes et terreux, tels que les argiles, la stéatite, la terre verte, tantôt euxmêmes cristallins, comme les zéolithes.

' Sur ce dernier pays , un mémoire récent de M. Lieber fournit des renseignements détaillés et intéressants. (Cotta, Gangstudien, t. II, 1860.)

SUR LE MÉTAMORiPHISME. 75

On sait, surtout depuis les recherches d'Ebelmen, comment FomuitiondMargaet les agents atmosphériques décomposent graduellement les roches «tmosphériq^. silicatées^ Uacide carbonique de Tatmosphère, Tacide nitrique, qui s^y développe journellement, comme Tatteste le phénomène si général de la nitrification, enfin les acides organiques résultant de la décomposition des matières végétales, éliminent graduellement les alcalis et les terres alcalines, et les résidus, dans lesquels Falumine se concentre de plus en plus, deviennent finalement des hydrosilicates d^alumine de la famille des argiles.

Mais ce n^est pas seulement au voisinasse de Tatmosphère que EUes ont souvent été les argiles ont pu dériver de la transformation des roches silica- par

r II* l'action (1 émanations

teeS CriStallmeS. soatemdnes

Les fumarolles volcaniques réduisent souvent les masses qu'elles le, î^es traversent en véritables argiles, ordinairement bariolées (îles Li- p^**»*^*»pari , solfatare de Pouzzoles, Islande, Açores, Kamtschatka^). Cest volcaniques, là sans doute Torigine des boues que rejettent parfois les grands volcans des Andes. L'acide carbonique suffit même pour produire une décomposition analogue, ainsi que M. Foiurnet Ta reconnu depuis longtemps en Auvergne.

Les solutions alcalines que renferment beaucoup de sources Eam alcalines, thermales, celles de Plombières, par exemple, paraissent décomposer les roches silicatées aussi énergiquement que le font les acides des fumarolles.

Des effets semblables se constatent souvent dans le voisinage Assodatïon&équesite des dépôts métallifères. Ainsi le gîte de kaolin d^Aue, en Saxe, et de haiioysite résulte certainement d'une décomposition du granit près des filons métdii^. de fer qui le traversent; cet exemple peut être considéré comme le type de beaucoup de faits du même genre ^. Les divers amas

^ Je ne puis mentionner ici les importants travaux de MM. Fuchs, Berthier, Forchhammer, Turner, Fournet, Al. Brongniart, Malagutti et autres.

* Diaprés les observations de Breislack , de MM. Hoffmann , Bunsen , Darwin et autres. M. Charles Deville a expliqué par une expérience cette réaction de Thydrogène sulfuré sur les roches.

^ Sosa en Saxe, près d*un filon de quartz, avec minerai de fer; environs d*Alençon, près d'un filon de quartz; gîtes de la Loire, d'après M. Gruner et M. Rozet;

lO.

de kaolin exploites en Coraouailles sont aussi associés aux gites d'étain; ils portent, ainsi que je Fai remarqué depuis longtemps « la date et comme le stigmate de leur ongine dans ia substitution de Toxyde d'étain et de la tourmaline aux cristaux de feldspath qui ont été dissous. Le kaolin de Aliddletown, dans le Connectient, a voisiné de silicates fluorés et de colombite, résulte probablement d'actions semblables.

Ces derniers faits nous autorisent à penser que des phénomènes analogues ont dû produire la décomposition des roches cristallines en kaolin, là même où Ton n^aperçoit pas aujourd'hui de dépots métallifères; car, dans ce cas, les eaux qui ont agi pouvaient bien ne pas contenir de dissolutions métalliques. Le granit des Vosges est souvent altéré, notamment à Plombières, jusqu'à de udéoomaMâûMi grandes profondeurs. Quelquefois même, comme je Tai montré

<ia f ji^tb ^ ailleurs, la décomposition et la régénération du feldspath ont soute loot fOUVCDt . I» j • . • • •. . • • J

pnàaii» vent eu lieu sur des points voisins, constituant ainsi comme deux '"'i-î^ Sn'aia^* phénomènes complémentaires ^

Eut Cest peut-être à des actions du même genre qu il faut rattacher

de déoompofitioo < g* ••ii» «i i -r*j i-

debeaacoop la traustormatiou, à i état argileux, de massils entiers de porphyre porphjn» feldspathique, ce qui a valu, en allemand, à cette variété, le nom Wd»prtbiqoe». ^^ thonporphyr: les cristaux de feldspath, tout en étant parfaitement formés, ne sont plus, en général, que du kaolin. Argiles praduite* Lcs sources de Plombières , qui nous ont donné des exemples des de la production de minéraux, nous montrent aussi que certains

préapiUs miKiiaes. ijy(Jrosilicates d'alumiuc du groupe des argiles ne proviennent

pas d'une décomposition sur place. L'halloysite ou savon de Plombières, dont ces sources rapportent des profondeurs les éléments en dissolution, vient se déposer dans les canaux des sources, à la

feldspalh décomposé des arkoses de ia France cenlrale, etc. hailoysite de Louhassoa, près Bayonne; kaolin d^Escbassières , dans TÂllier, dans le porphyre feldspathique, diaprés M. Boulanger. Ce sont des faits de ce genre qui avaient porté MM. Brongniart et MalagulLi à attribuer la décomposition du feldspath à des effets voitdqucs.

' Annales des mines, 5* série, t. XII, p. 3i5, 1857.

manière d'un vérilable précipité chimique ^ On doit attribuer une

origine semblable aux balloysites, iiihomarges et autres hydrosi- •

licates d'alumine qui, dans la France centrale, au Hartz, en Saxe

et ailleurs, accompagnent souvent les gîtes métallifères avoisinant

le granit*^.

Les zéolithes, et nous le démontrerons plus loin, sont souvent Production aussi le résultat d'une véritable épigénie. léoUUies

Quant à la substitution fréquente de silicates magnésiens, stéa- '^lu^mœnr' tite, serpentine et talc, ou de la chlorite à des minéraux très-dif- dans certains

. ^ ' gisements.

férents , elle paraît résulter de procédés de transformation qui ne substitution sont pas sans analogie avec ceux dont il vient d'être question'. fréquente

Si l'on prend le métamorphisme dans le sens le plus étendu «!»<»*" magn^i«n«

r V 1 la des minéraux

du mot, quelques phénomènes d'origine superficielle se rattache- ^« °*'"^ ^^"^ raient peut-être de loin au sujet qui m'occupe; telles seraient la ^^'c^miwT"" précipitation du minerai de fer des marais, la production des ni- supcrCdeis

r r '1 ne sont pas etu'iiés

trates, celle du carbonate de soude au fond des lacs, la formation '*^'-

des cailloux impressionnés, la décomposition de galets en kaolin, etc. Mais il serait difficile d'embrasser ici dans leur ensemble toutes ces transformations incessantes qui sont comme la vie du monde inorganique; je me restreindrai aux actions d'origine profonde,

* Mémoire sur la relation des sources^ thermales de Plombières avec les filons métallifères. (Bulletin de la Société géologique de France, a' série, t. XVI, p. 567.)

* Berlliier, Annales des mines, 2* série, l. III, p. 255. Dufrénoy, mêmes annales, 3* série, t. III, p. SgS. Halloysiles avec manganèse, près Nonlron et Thiviers; avec galène et calamine, à Villefranche , Angleur, près Liège, la Vieille-Montagne , Tarnowilz; avec l*oxyde de fer, à la Voulte; lithomarges avec Télain oxydé, à Ehrenfriedersdorf, Zinnwald, etc.

^ L'attention a été depuis longtemps dirigée sur les épigénies, dont on connaît des exemples remarquables, à Gopfersgrun etXhiersheim , prèsWunsiedel , en Franconie ; à Snarum , en Norwége ; à Predazzo, en Tyrol ; au Canada, et dans les roches cristallines des Alpes, y compris le protogyne. MM. Blum, Bischof, Volger et d'autres ont fait de nombreuses remarques sur Torigine probable de ces intéressantes substitutions. L*hypolhèse d'une épigéi\ie est conûrmée par l'observation qu'a faite M. de Sénarmont, que des cristaux de serpentine coupes en tranches minces laissent passer la lumière, ^ans lui imprimer aucune des propriétés qui caractérisent une véritable crislalli.sation , et que, par conséquent, ils n'appartiennent pas à des cristaux sui generis. (Annales des mines, 5* série, t. VIII, p 498.)

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