‹ Études et expériences synthétiques sur le métamorphisme et sur la formation des roches cristallinesChapitre 24 sur 34 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

Les vapeurs

volcaniques

ont pu servir

d'auxiliaire

il la chaleur.

Acides carbonique,

suiflnrdriqtte ,

sulrariqne.

Chlorures

et

acide cUorhYdriqse ;

exem|U€f . de leurs efièts.

DE CERTAINES VAPEURS CONSIDEREES COMME AUXILIAIRES DE LA CHALEUR ; LEUR ACTION COMBINÉE AVEC CELLE DE LA CHALEUR EST ENCORE INSUFFISANTE.

Si la chaleur seule a été impuissante à produire les effets dont nous venons de parler, son action, aidée de certains corps gazeux ou faciles à réduire en vapeur, pourra- 1- elle suffire à leur explication? C*est ridée qui s'est naturellement présentée la première à Tesprit; car la nature montrait des vapeurs abondantes et à affinités énergiques « dans les exhalaisons des cratères des volcans ou de leurs laves encore incandescentes. Ces vapeurs et gaz sont des composés où dominent les corps électro-négatifs, que les anciens minéralogistes appelaient, comme par instinct, les minéralisatears , savoir : le chlore, le soufre, le carbone; plus rarement le fluor et le bore. (Les observations récentes de MM. Boussingault, Bunsen et Charles Deville ont contribué à en bien faire connaître la nature.)

L'acide carbonique, l'acide sulfhy drique , l'acide sulfurique même, ont pu réagir autrefois sur quelques roches, d'une manière semblable à ce que l'on observe dans certaines masses de gypse et d'alunite qui se forment encore aujourd'hui en Toscane ^ ou dans les roches voisines des volcans des Andes et de Java, qui se réduisent sous leur action en une véritable boue.

La décomposition de vapeurs chlorurées forme, également sous nos yeux, le fer ohgiste, et a pu donner naissance autrefois, dans beaucoup de leurs gisements, à l'oxyde d'étain et à l'oxyde de titane , comme l'apprennent à la fois l'observation et l'expérience synthétique. C'est d'une manière analogue que la magnésie cristallisée ou périclase, engagée dans les calcaires rejetés de la Somma, a peutêtre été produite par la décomposition du chlorure de magnésium par le carbonate de chaux. Cette supposition, que rendait vraisemblable l'abondance de vapeurs chlorurées du volcan actuel, a été

^ Notamment à Selvena et à Pereta, comme Ta montré M. Coqnand. (Balletin de la société géologique de France, a* série , t. VI , p 9 1 .)

confirmée par Feipérience dans laquelle j'ai imité artificiellement ce minérale II est remarquable devoir les mêmes corps, qui produisent la périclase aux dépens du calcaire, former, en dissolution et à une température moindre, de la dolomie.

Le rôle qu'ont joué les chlorures à de hautes températures, pour produire la cristallisation des minéraux, ressort d'ailleurs clairement des expériences plus récentes de MM. Manross, Forchammer et Henri De ville.

D'autres expériences ont aussi montré que les chlorures de silicium et d'aluminium, en réagissant à l'état de vapeur sur les bases qui entrent dans la constitution des roches, y forment des silicates simples ou multiples qui sont identiques à certains produits natin^els^. Or, si le mica exhale encore par la chaleur des fluorures de silicium, de bore et de lithium, osera4-on affirmer que les pâtes granitiques n'aient pas aussi renfermé dans l'origine des chlorures de silicium et de bore , bien qu'on ne les trouve pas au milieu des vapeurs qu'on recueille aujourd'hui à proximité des orifices volcaniques; car ils ne manqueraient pas d'y être décomposés et précipités par la vapeur d'eau avant d'arriver à l'atmosphère.»^ D'ailleurs, ne voit-on pas encore le chlore fixé en quantités considérables dans certains massifs cristallins, comme la syénite zirconienne de Norwége et la roche de l'Ilmen (miascite), où il est principalement combiné à l'éléolithe, et où il fait partie du cortège du zirconium, du tantale et d'autres métaux rares qui sont presque exclusivement propres à ces roches.»^

Quant au fluor et au bore *, j'ai fait voir depuis longtemps qu'ils Composés ùwr^

^ Recherches sur la prodacûon artificieUe des minéraux de la famille des silicates et des aluminates par la réaction des vapeurs sur les roches. (Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXXIX, p. i35.) . ' Mémoire de M. Daubrée qui vient d*étre cité.

^ La présence du fluor, déjà reconnue dans diverses roches volcaniques modernes, a été constatée par M. Scacchi dans un dépôt récent de fumarolles du Vésuve. Quant au bore, d après ies énormes quantité qui sortent des soffionis deia Toscane et les dépôts notables du cratère de Vulcano , on ne peut guère douter qu*il n*en existe dans beaucoup d*autres localités où il a passé inaperçu jusque ce jour.

et

M ÉTDDES

*l^^j'^^ paraîsseot avoir concouru k la formation de beaucoup d'amas stannifères^ Os entrent, en effet, dans la cœistitutioo de silicates caractéristiques, comme la topaze et la tourmaline, qui y ont été énimim Certainement engendrés en même temps. que Foxyde d'étain*. "*ci^^tw2r* Ces conclusions sont ^;alement applicâdbles k des roches dont iet mf!m»min^:r9m%. l'originc métdmorphique est due, selon toute vraisemblance, à des

phénomènes analc^es. Telle est la roche bien connue de Schneckenstein , en Saxe , où ces topazes et ces tourmalines paraissent être venues s'insinuer entre les feuillets du schiste, tout en cimentant, concurremment avec le quartz, les nombreux fragments dans lesquels ce schiste avait été concassé. Il en est de même au Brésil, pour des terrains entiers, tels que les roches schisteuses où abonde la topaze, dans la contrée de Villarica,.et dans lesquelles For et le diamant se sont produits sur de vastes étendues avec les mêmes minéraux caractéristiques. Ces terrains ne sont en quelque sorte qu'une accumulation, sur un grand espace, des gangues habituelles de Toxyde d'étain'. Il reste, d'ailleurs, encore fixé dans le granit des quantités assez sensibles de fluor et même de bore , pour que Ton admette que cette roche a pu fournir, avant de se solidifier, des quantités notables de vapeurs où ces corps étaient en combinaison.

Ces idées sur l'intervention du fluor et du bore, qui datent de vingt ans, ont encore acquis plus de valeur depuis que M. Henri Deville a fait cristaUiser une série de minéraux à l'aide des fluorures, et que, d'autre part, la présence du fluor et du bore a été

' Mémoire sur le gisement^ h. constitution et l'origine des amas de minerai téiain, ( Annales des mines, 3* série, t. XX , p. 65 , 18A1.) Recherches sur la reproduction artificielle de l'oxyde d!étain, de l'oxyde de titane, etc, (Annales des mines, 4* série, t. XVI, p. lag,

* Ce premier rapprochement établi entre le bore et Tétain sur des données purement géologiques a été suivi de la découverte d*une analogie inattendue entre deux corps dont les propriétés chimiques sont si différentes : je veux parier de leur iéomorphisme , qui a été démontré par les études de M. Sella.

* Je suis d ailleurs bien loin de penser que ces diverses roches quartzeuses aient été formées sans la présence de Teau ; je vais bientôt revenir sur ce sujet.

constatée dans beaucoup d^eaux minérales , et même celle du premier dans Teau de la mer.

Ainsi « en unissant à Faction de la chaleur les auxiliaires dont u chaleur,

je viens de parler, il est clair qu^on explique im plus grand nombre avec^îS^re

de transformations que par la cbaleiu* seide: mais il ne Test pas .. ^

M. r ^ ^ r cet direnes vapeurs,

moins qu'on ne peut se rendre compte de certaines circonstances »« p«f* expliquer

* * * 1 • "I des phénomènes

très-importantes qu en attribuant aux vapeurs un rôle évidemment considérables bien exagéré. C'est ce que M. Bischof et d'autres savants ont bien fait ressortir par de nombreuses considérations ^

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