APPLICATION DES MÊMES FAITS AUX ROCHES ÉRUPTIVES
Rewémbiance ^cs rochcs éruptives présentent une grande analogie de com-
"" ait^**^*^ position avec les roches métamorphiques ; beaucoup de minéraux les rochw éuptivc» sout, cu effet, commuus aux unes et aux autres.
i« roche» Ccst aiusi ouc Ics éléments du cnranit (feldspath, mica et
métamorfMiiqiies. ; * ^ . ^
quartz) imprègnent souvent les couches qu'il a traversées et où ils se sont comme extravasés^ Quand le granit et la syénite ont empâté des fragments des roches préexistantes, ils se les sont même en quelque sorte assimilés, comme je l'ai montré ailleurs^. On trouve un exemple non moins remarquable de cette analogie dans les masses de calcaire compacte de la Somma , dans l'intérieur desquelles l'amphigène, la sodalite, l'anorthite ont cristallisé, tout aussi bien que dans les laves qui les avoisinaient. Le calcaire du Kaiserstuhl, avec son fer oxydulé titanifère, son pyrochlore, sa perowskite et son apatite, manifeste bien aussi son
' D*après de nombreuses observalions de MM. Élie de Beaumont, de la Bêche, Gruner, Naumann et beaucoup d^autres.
* Observations sur le métamorphisme. (Annales des mines, 5' série, t. XII.)
lien de parenté avec la roche dolérilique qui lui a fourni les principaux éléments de ces minéraux.
G*est sur cette ressemblance de composition , parfois frappante , Cette analogie
, , , \ i • t 1 aservid^argument
qu on S est souvent appuyé pour conclure que les mmeraux des en (àyear de l'action roches métamorphiques ont été produits par voie sèche. * dan«
Je retournerai le raisonnement, en disant que si des com- *« ™*t«™<>T>*^««posés, tels que le feldspath, le mica, le quartz, Tamphigène, le doit être retourné ;
I , * , , •!• j 1 «. A*P ' il confirme l'i^ctîon
pyroxène, etc. se rencontrent au milieu des rocnes stratiliees, deiavoiehumide dans des conditions où ils n'ont pu y être formés que par Tinter- i„ ^ches éîupU
yet.
vention de Feau, on doit regarder comme très-probable que Teau a agi de la même manière dans la cristallisation des roches éruptives elles-mêmes, conclusion à laquelle nous avons été amenés précédemment, par dVutres considérations.
S'il fallait émettre une hypothèse sur cette singulière associa- obMrvations tion de Feau à des roches éruptives douées d'une haute tempe- dans
rature, on serait porté à voir dans ce phénomène une sorte de ** ^''^'
fusion aqueuse rendue quelquefois persistante par la pression. Quand ces silicates ont cristallisé, leur eau mère, accompagnée de substances variées \ s'en est dégagée en conservant parfois une température et ime pression assez considérables pour pénétrer dans les roches encaissantes et les modifier profondément. De là résultent peut-être les analogies qui ont été signalées plus haut, entre la roche éruptive et la roche traversée. Ainsi, poiur résumer et suivre jusqu'au bout le rôle qu'on est amené à attribuer à l'eau dans les roches éruptives, je dirai qu'on peut lui reconnaître trois actions principales qu'elle exerce sous trois états :
i ® Arrivant combinée à ces roches dont elle cause , concurremment avec la chaleur, l'état de mollesse;
2^ Se dégageant de ces roches, à mesure de leur consolidation, traversant et métamorphisant les roches voisines;
3^ S'échappant parfois jusqu'à la surface du sol, soit à l'état de vapeur, soit à l'état de sources thermales^.
* Comme les chlorures de laves.
* Ce sont là ces sources dont les Glons métallifères et divers d^ôts voisins des
L'extra vasemeiil
de ceiiaint minéraux
dans
les masses
encaissantes
n'est qii*apparent.
Vidssitijdes du pyroxène.
L'éruption
de certaines roches
a pu être causée
par un foisonnement.
Remarquons, toutefois, que rextravasement de minéraux tout formés, dont j'ai parlé plus haut, nest sans doute qu'une apparence, et que le feldspath ou le mica qui avoisine le granit s'est plus probablement formé sur place en empruntant, aussi bien qu'à Plombières, une partie de ses éléments au milieu dans lequel il se développait.
C'est ici le lieu de dire en passant la singulière destinée du pyroxène. Les cristaux de pyroxène si fréquemment disséminés dans les laves avaient été autrefois considérés comme détachés d'une roche préexistante, et, poiu* mieux exprimer l'idée déjà émise par Dolomieu , qu'ils n'ont pas été formés dans les roches volcaniques qui les renferment, mais qu'ils y ont été simplement empâtes , Haûy donna au pyroxène son nom dans le sens d'étranger au feu ^ Plus tard, surtout depuis les expériences de MM. Berthier et Mitscherlicb , on a reconnu qu'il avait, au contraire, cristaUisé dans les laves, et on l'a considéré comme le produit type et exclusif de la voie sèche. N'est-il pas étrange de voir que, par sa grande tendance à se former dans l'eau surchauffée , ce soit lui qui paraisse aujourd'hui le premier parmi les produits les mieux caractérisés de cette nouvelle voie ?
Ajoutons encore que l'eau a pu avoir son influence, même dans les actions mécaniques des roches éruptives. En effet, dans la relation de mes expériences, j'ai insisté à dessein sur l'augmentation de volume qu'a prise le verre transformé en zéolithe par l'action de l'eau, pour en condure d'une manière extrêmement probable qu'au moment de leur hydratation certaines roches ont dû éprouver un phénomène de foisonnement, analogue à celui dont on a de nombreux exemples naturels dans le changement de l'anhydrite en gypse. Ce foisonnement a dû suffire, dans bien des cas.
roches éruptives attestent fréquemment Teiistence. Elles ont dû , avec le temps , diminuer de température et de volume , et ont Gni par se tarir, quand les masses d^où elles naissaient sont arrivées à leur dernier état de consolidation et de refroidissement.
' iLe nom de pyroxène avertit que les cristaux des laves ne sont pas* dans leur lieu natal.» (Minéralogie de Haây, i"* édition, t. III, p. 90.)
à donner naissance à la poussée et à Féruption des roches; ce serait particulièrement le cas des phonolithes et des basaltes.